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Actu-Environnement

L'éco-conception arrive discrètement dans les rayons des supermarchés

Malgré tout ses atouts, la démarche d'éco-conception reste discrète et seuls quelques produits en bénéficient. Pour poursuivre son développement, l'Ademe lance un second appel à projet orienté sur les produits consommés par l'administration publique.

Gouvernance  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Encore trop souvent perçu comme complexe, le processus d'éco-conception consiste à intégrer l'environnement dans les phases de conception ou d'amélioration d'un produit. Cette approche a pour but de réduire les impacts sur l'environnement en passant par une prise en compte globale des nuisances (consommations d'énergies et de matières, rejets, émissions et déchets), à chaque étape de la vie du produit (analyse du cycle de vie ou ACV), de sa fabrication à sa valorisation en fin de vie, en passant par ses étapes de distribution et d'utilisation. Les améliorations environnementales envisagées doivent bien sûr être réalisées tout en conservant la qualité, l'aptitude d'utilisation et les fonctionnalités des produits. L'éco-conception est ainsi par nature une démarche préventive.
Aujourd'hui, l'éco-conception relève essentiellement de démarches volontaires. Néanmoins, elle peut d'ores et déjà aider les entreprises à atteindre des objectifs réglementaires spécifiques comme ceux liés à la conception des emballages ou à la recyclabilité des produits électriques et électroniques par exemple. La démarche peut également engendrer des économies et bénéficier à l'image du produit mais malgré ces atouts, elle est loin d'être devenue systématique en France et ne porte encore que sur quelques produits.

Les travaux de recherche et/ou de développement (R&D) en la matière, lancés dans le cadre d'un appel à projet de l'Ademe en 2004 ont abouti à la conception de sept produits dont un aspirateur, une paire de chaussure, de chaussette, une enveloppe ou encore un fer à repasser. La démarche d'éco-conception a surtout permis de réaliser des évolutions technologiques en travaillant sur les matériaux utilisés, les emballages et la logistique mais également des évolutions organisationnelles en termes de gestion de projet ou de service. La chaussure éco-conçue contient au final du cuir non tanné au chlore, des lacets en polyester recyclés ou encore un emballage réduit de 50% tandis que l'aspirateur eco-conçu consomme deux fois moins de matières premières, consomme 20% d'électricité en moins et contient moins de composants différents ce qui facilite son recyclage.
Sur ces sept produits cinq* sont d'ores et déjà commercialisés et vendus à des prix similaires à des produits de même gamme mais 2 autres projets nécessitent des travaux de recherche complémentaires.
L'Ademe a également soutenu 11 projets de recherches méthodologiques ayant pour but de créer des outils pour faciliter la mise en œuvre de cette démarche de conception dans les entreprises en fonction de leur secteur d'activité (logiciels, guides, fiches d'analyse…). Le Centre technique du cuir en partenariat avec le bureau d'étude Ecobilan PC a par exemple développé un logiciel permettant l'analyse de cycle de vie et l'éco-conception du cuir, 4 entreprises ont testé la méthode et éco-conçus 10 cuirs différents.

Pour encourager l'éco-conception et surtout favoriser le développement concomitant de l'offre et de la demande, l'Ademe lance un nouvel appel à projet pour 2008 d'1,5 millions d'euros ciblant plus particulièrement les produits répondant aux besoins de la commande publique (consommables des bureaux, des crèches, des cantines, biens d'équipement, services, espaces verts, etc) et les produits de la consommation grand public. Sa présidente Michèle Pappalardo rappelle que toute entreprise qui veut améliorer son produit peut le faire et prévoit de soutenir 20-25 projets cette fois-ci. L'appel à projets sera disponible à partir de début novembre 2007 et ouvert pour une durée de 3 mois. L'Ademe mise surtout sur cet appel à projet pour provoquer l'effet boule de neige tant attendu qui permettra enfin aux produits plus respectueux de l'environnement de sortir du lot et de conquérir des marchés significatifs. En effet, si tous les acteurs se disent motivés à l'idée de fabriquer des éco-produits, de les vendre et de les acheter, ils demandent encore trop souvent aux autres de faire le premier pas. Les fabricants comptent sur les consommateurs pour tirer la demande à la hausse et les inciter à multiplier les produits alors que les consommateurs demandent aux industriels d'inciter à l'achat de produits verts en multipliant les références. L'Ademe espère donc créer un cercle vertueux où offre et demande s'alimentent l'une et l'autre pour croître simultanément. Pour renforcer l'impulsion, la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a reçu 150 représentants des entreprises de grande consommation afin qu'ils développent des emballages innovants, écologiques et plus informatifs sur la performance environnementale des produits, permettant de répondre aux nouvelles attentes des consommateurs. Parce que les emballages représentent 25% du poids et 35% du volume total des déchets et que l'emballage doit devenir un support d'information permettant d'éclairer le consommateur sur l'empreinte écologique du produit, l'innovation en matière de nouveau packaging doit devenir un axe stratégique de la recherche des entreprises, a-t-elle souligné.

La secrétaire d'Etat est d'autant plus convaincue que du côté des consommateurs les mentalités semblent évoluer. Selon les résultats d'une étude TNS Sofres, l'image de l'emballage s'est dégradée : il est de plus en plus souvent jugé envahissant et inutile. La perception de l'emballage est donc passée d'une image plutôt associée au produit avec une utilité reconnue à une image très marquée par les préoccupations environnementales. D'ailleurs, les attentes liées à l'impact sur l'environnement de l'emballage se retrouvent de façon assez logique au premier plan. Ainsi, après la protection du produit, la deuxième caractéristique citée par ordre d'importance est la facilité de recyclage.

Reste désormais à répondre à cette attente en proposant de plus en plus de produits éco-conçus mais surtout en permettant au consommateur de les reconnaître. Pour l'instant rien n'est prévu réglementairement pour assurer cette promotion car les produits sont trop peu nombreux. Mais les entreprises peuvent communiquer sur ces produits et créer leur propre étiquetage même s'il est encore difficile de vendre un produit avec un label éco-conçu, estime Jean-Pierre Soulie, Directeur industriel chez SEB. Il n'est pas non plus certain qu'un étiquetage spécifique soit faisable car l'éco-conception influe sur de nombreux éléments du produit et il est très difficile de les concentrer en quelques critères mesurables et faciles à présenter sur une étiquette. Toutefois, selon Jean-Louis Borloo ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, on ne coupera pas à l'étiquette carbone pour les produits mais je ne sais pas quand çà se fera précisément. Le Ministre encourage donc vivement les entreprises à se pencher sur la question. Sachant que la grande distribution propose 90.000 références, on a une marge de progression extraordinaire, a-t-il précisé.


*Aspirateur Shock Absorber de Rowenta
Gamme de chaussette « Naturaïa » de Kindy
Chaussure de randonnée KENEMA de Lafuma
Enveloppe Prêt-à-Expédier « Chronopass Classic France Métropolitaine » de Chronopost
Produits de marquage routier appliqués à chaud Ostréa® Route et Ostrea® Spray de Somaro Prosign

Réactions9 réactions à cet article

 
j'ai rêvé...

j'allais faire mes courses dans un magazin où il suffisait d'ouvrir des portes en verre pour ce servir, (genre au rayon congélation), il n'y avait plus qu'un emballage sommaire autour des objets, car il suffisait de passer sa carte du magazin devant l'oeil optique pour ouvrir la porte. Plus de protection exhubérante contre le vol, le vandalisme, la poussière, que sais-je ? Plus besoin d'emballage à emballage... etc... ensuite pour payer je passais la carte, tous les achats y figuraient déjà...
"trop cool" m'a dit ma fille, de 12 ans !

Gruillotine | 11 octobre 2007 à 21h09
 
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Re:j'ai rêvé...

un tres beau rêve, qui j'espere deviendra realité
ce serait "trop cool"

luce | 18 octobre 2007 à 10h11
 
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Re:Re:j'ai rêvé...

Ce sera "trop cool" en effet quand tout le monde sera au chômage parce que tout sera automatisé ;)

Trop coool le chômage ^^

Mais sinon espérons que des choses comme ça continuent de se développer. Il y a sûrement beaucoup à faire pour réduire les emballages. Et tout le monde y sera gagnant !

Marion | 18 octobre 2007 à 16h26
 
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Re:j'ai rêvé...pour Marion

je ne pense pas Marion que l'évolution technologique serait facteur de chômage, car il y a beaucoup de métier dans des domaines de développement des ressources humaines à inventer, encore. Des métiers qui permettait un bien être physique et psychologique pour la majorité, des structures de développement personnel, des réconciliations et des réparations à faire.... c'est tout un grand programme à mettre en place... pour TOUS ! il est urgent de penser autrement, d'inventer, d'innover, d'imaginer enfin ! Je pense comme vous que notre planète entière serait gagnante..... mais, il est vrai qu'il faudrait d'abor redéfinir le sens du profit... parce que finalement, je ne suis pas sûre que quiconque puisse profiter vraiment de quoi que ce soit actuellement....même ceux que l'on dit "riches" mais qui vu leur voracité sont en manque profond de Vie...

Grillotine | 19 octobre 2007 à 08h58
 
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Re:Re:j'ai rêvé...pour Marion

Que faites vous donc de toutes les personnes non qualifiées qui travaillent dans les grandes surfaces ?
Que faites vous donc de tous les étudiants qui ont besoin de postes qui ne demandent aucune qualification ?

Ah c'est bien de tout automatiser ! C'est sûr c'est moins pénible. Mais qu'allez vous donc demander de faire à toutes ces personnes qui étaient à la place des machines ?
Puisque pour la plupart, elles n'ont aucune qualification.

A moins que vous soyez prêts à payer à des milliers (peut être même millions) de personnes des stages de formation, pour se recaler autre part ? Où autre part ? Où trouver du boulot ?

Nous ne sommes malheureusement pas dans un jeu virtuel dans lequel il s'agit de refaire une société meilleure en 4 clics de souris....

Marion | 19 octobre 2007 à 12h06
 
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Re:Re:Re:j'ai rêvé...pour Marion

Continuons a nous faire exploiter avec des boulots sous payé .Quelle pied !!!!!!!!.N' oublions pas que les Sup marcher on fait fermer des miliers de petit comerce qui eux aussi était un réservoir d'emplois.......!!!!!!!!!
bises a Marion

Anonyme | 22 octobre 2007 à 17h33
 
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Re:j'ai rêvé...

Je réponds un peu tard... Nous sommes tous d'accord, l'emballage idéal serait un emballage qui "disparaitrait" au fur et à mesure de la consommation du produit, histoire de ne pas prendre trop de place dans nos étagères!

Mais la réalité est un peu différente! Désolé de paraître rabat-joie et pas trop cool sur le coup, le paragraphe suivant est extrait de mon mémoire écrit en 2005 sur le tri et le recyclage des déchets d'emballages en Europe. Je précise que j'ai habité en Allemagne, pays un peu plus progressiste que la France dans ses rapports à l'environnement: pas de sacs de caisse, emballages inutiles laissés au magasin, vrai tri des déchets, sensibilisation des industriels à l'utilisation de matières issues du recyclage...

Enfin, un peu de courage, il y en a presque une page, ça s'intitule "les contraintes de l'emballage", et je n'en étais pas conscient au début!

L’emballage doit obéir à un cahier des charges précis. L’emballage doit protéger le produit, permettre de l’identifier et fait partie intégrante de la politique de marketing et de communication de son produit. Conformément à la législation, il doit comporter un certain nombre d’informations (date de péremption, précautions d’usage, traçabilité, ingrédients). Il doit également faciliter le transport et la manutention. Ce sont les fonctions traditionnelles de l’emballage. Cependant, chaque acteur de la « filière emballages » a des exigences qui doivent être prises en compte par les autres composants.

Les emballages sont fabriqués par des entreprises spécialisées. Ils sont ensuite acheminés dans les usines (agro-alimentaire, droguerie, hygiène) pour être remplis. Les « embouteilleurs » exigent que les emballages fournis s’intègrent dans les chaînes de production tout en permettant une certaine flexibilité. Ils doivent être personnalisables et le cas échéant garantir une imperméabilité totale à la lumière, aux odeurs, aux gaz ainsi qu’aux fluides.

Le stockage et le transport des produits emballés doivent être facilités par les emballages. Ils doivent protéger le produit, et être adaptés aux conditions de manutention : températures (chaîne du froid), durée du transport.

Les distributeurs et les fabricants de produits emballés demandent des emballages originaux et faciles à mettre en avant afin d’améliorer leurs ventes. L’emballage doit décourager le vol et utiliser de façon optimale les espaces de vente : taille des étalages, formes géométriques par exemple.

Le département Marketing veut un produit identifiable qui respecte et renforce l’identité de la marque. L’ensemble des informations relatives au produit, mais aussi à l’emballage, doit figurer sur ce dernier.

Le consommateur réclame des emballages attractifs, des tailles ou des volumes adaptés à sa consommation. L’emballage de certains produits comporte une fonction supplémentaire de dosage (lessives, détergents). Enfin, les restes de produit en fin d’utilisation doivent être minimaux.

Les exigences du législateur sont de plus en plus importantes et couvrent de nombreux aspects. Les Directives Européennes régissent les taux minimaux de recyclage des emballages ménagers. Les emballages doivent être adaptés aux produits qu’ils contiennent et répondre à des législations spécifiques. Les emballages de produits alimentaires, de cosmétiques ou de produits dangereux doivent répondre à différentes lois.

Enfin, l’industrie du recyclage des emballages et son développement ont été sources de nouveaux critères. La quantité de contenu restée au fond des emballages est source d’impuretés. La matière première secondaire issue du recyclage sera par conséquent de moins bonne qualité, et son prix de revente plus bas. Le matériau de l’emballage est une donnée importante, certains plastiques par exemple ont des coûts de recyclage plus élevés. Le nombre de matériaux différents composant l’emballage, ainsi que leur séparabilité, est un autre élément important, de même que leur couleur et leur forme. Enfin, la taille de l’étiquette, la présence de caractères imprimés sur l’emballage ainsi que la colle employée sont décisifs : une étiquette trop grande fait que l’emballage sera trié en fonction de son étiquette et non en fonction du matériau le composant!

Crouton | 23 octobre 2007 à 17h38
 
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Habitudes, habitus, etc...

Oui, c'est bien de considérer les données actuelles de notre système. Avoir une vision globale des différents acteurs, de leurs exigeances, etc...
C'est bien aussi de prendre en compte les conséquences, effets/causes....
Mais, je crois que rien n'est possible, si au préalable il n'y a pas un désir, une volonté de penser et de s'engager dans des concepts différents. Je crois que nous sommes acteurs de notre réalité... et si ce n'est pas le cas encore pour chacun, c'est bien la premiere chose qu'il faudrait faire "conscientiser"... récupérer les déchets et l'état de la planète... sans récupérer auparavent notre conscience et potentiel créateur... ca va être dur ! Celà est valable à tous les niveaux, dans tous les milieux socio-culturels.
Commencons donc par revoir nos emballages d'égoisme et d'apparente satisfaction.... c'est la mentalité individuelle et collective qui a besoin de recyclage ! C'est urgent.

J'apprécie votre démarche qui consiste à mesurer ce qui existe tout en cherchant d'autres possibles. Cessons d'avoir peut (de toute manière ça ne changera rien) de se plaindre sur notre condition dans l'esprit d'une lutte de classe, de culture ou de clocher. Il est urgent pour, chacun de s'ouvir à de nouvelles conceptions, des autres possibles... et de tenter chaque jour de les introduire dans notre quotidien.
Nous sommes tous sur le même bateau, les riches, les pauvres, un bateau qui commence à couler sérieusement !
Dans la cale ou sur le pont, qu'elle importance si le pôle fond... etc... Défendre et sauver son bout de couverture, pour aller se reposer où ? Faut t'il donc être aveugles ou suicidaires pour revendiquer encore une réalité, plus valable qu'un autre, perdre son temps à philosopher sur le conformiste ou une utopie quelconque, alors que plus rien ne se mesure dans les principes et préjugés établis ?! que ce soit au niveau politique, économique ou écologique... le changement se fera bon gré, malgré... ou subir, ou agir, c'est tout. Ceci est valable pour tous, désormais. Et comme le disait Einstein : 'Une nouvelle manière de penser s'avère indispensable, si l'humanité doit survivre".

Grillotine | 24 octobre 2007 à 08h58
 
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pour Marion

Ce n'est pas en entrenant une mentalité de victimes qu'on se sort de sa condition (et je sais de ce quoi je parles !)
Pour infos, j'ai élevé et j'élève 4 enfants seuls. L'ainé s'est privé... pas de tunes, etc... pour devenir juriste en énergies renouvelables.. il se bat chaque jour pour se réparer et réparer la planète... sur laquelle les riches, les pauvres, les gentils, les méchants.... etc... entrent en survie. Vos considérations sont connues de tous... mais se relever, oser proposer, agir enfin dans un esprit et une volonté de passer à autre chose..; c'est urgent pour TOUS, pour notre planète. Et au niveau d'une réalité que vous revendiquer si vous ouvrez plus votre horizon, vous constaterez que l'effondrement économique, écologique, etc se joue à un niveau bien plus grand que les considération idéologiques conformistes... même si ces dernières ont la prétention de s'inscrire dans une revendication idéologique de lutte des classes.... Faut se reveiller, y'a plus de meubles à sauver !

Désolée, donc mais je viens uniquement sur ce site pour chercher et proposer d'autres possibles. Et vous, que proposez vous de différent ?

Grillotine | 24 octobre 2007 à 09h13
 
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