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Engie ne construira plus de centrales à charbon

Energie  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°352 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°352
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Dans une interview parue le 14 octobre dans Le Figaro, Gérard Mestrallet, PDG d'Engie (ex GDF-Suez) a confirmé que le groupe ne lancera pas de nouveaux projets de centrale à charbon. Le même jour sur RMC, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal avait déjà déclaré qu'Engie s'était engagé à ne plus investir dans ces centrales. "Nous avons milité pour un prix du carbone attractif, suffisamment élevé pour qu'il incite les opérateurs à investir dans le renouvelable et à limiter leurs émissions de CO2. Comme nous croyons fermement que ce signal prix va s'imposer comme une nécessité et que le prix du carbone va se raffermir, les investissements dans les centrales à charbon fortement émettrices seront pénalisés. Les conditions sont donc réunies pour que nous prenions cette décision, à la fois économique et écologique, de ne plus construire aucune nouvelle centrale à charbon", a expliqué M. Mestrallet au Figaro.

Le Premier ministre avait annoncé le 10 septembre dernier la suppression immédiate des aides publiques à l'exportation de centrales au charbon non dotées d'un dispositif de captage et de stockage de CO2 (CSC), comme il s'y était engagé en février dernier, à l'issue de la Conférence environnementale. Ces projets seront privés de garantie octroyée au nom de l'Etat par la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (Coface).

Les ONG, dont Réseau action climat (RAC) et les Amis de la Terre, avaient demandé à l'Etat, qui détient près de 33% du capital d'Engie, de pousser le groupe énergétique à "renoncer immédiatement au charbon" pour que "la France soit exemplaire" avant la Conférence Paris-Climat (COP 21) en décembre. Les associations dénonçaient son nouveau projet de centrale de 1.320 MW dans le sud de la Turquie, alors qu'Engie figure parmi les entreprises mécènes qui financent l'organisation de la COP 21.

La construction de cette centrale à charbon turque va être abandonnée, a confirmé le PDG du groupe. Idem pour celle en Afrique du Sud de 600 MW critiquée par les ONG. "Tous les projets qui n'étaient pas encore contractualisés se retrouvent de facto interrompus", a indiqué M. Mestrallet. En revanche, "les projets charbon sur lesquels nous avons pris des engagements fermes seront honorés". Actuellement, la production d'électricité représente un tiers de l'activité d'Engie, dont 15% est issu des centrales à charbon. Toutes ces installations en production seront donc maintenues. Selon les ONG, Engie disposerait de 30 centrales à charbon dans le monde, qui émettraient "81 millions de tonnes de CO2 par an".

La moitié des projets électriques d'Engie sont "aujourd'hui dans le solaire, l'éolien, l'hydraulique, la biomasse ou la géothermie, qui n'émettent pas de CO2", a poursuivi M. Mestrallet. Le groupe a décidé que "tous ses nouveaux investissements dans la production d'électricité seront désormais des projets n'émettant pas ou peu de CO2, dans les énergies renouvelables et le gaz naturel".

Epinglé par les ONG, EDF, dont l'Etat est également actionnaire, dispose de 16 centrales à charbon à l'étranger. Alstom est aussi visé par la fin des subventions Coface à l'exportation de centrales au charbon. Son alliance avec General Electric prévoit que l'Etat détienne jusqu'à 20% du capital d'Alstom sur le marché ou auprès de Bouygues.

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