Robots
Cookies

Préférences Cookies

Nous utilisons des cookies sur notre site. Certains sont essentiels, d'autres nous aident à améliorer le service rendu.
En savoir plus  ›
Actu-Environnement

L'indice de réparabilité ne distingue pas suffisamment les critères les plus pertinents

Globalement, l'indice de réparabilité joue son rôle, estime HOP et les acteurs qui ont évalué sa mise en œuvre. Mais ils jugent que sa construction est à revoir : trop de poids est accordé à des critères secondaires, au détriment des plus importants.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Actu-Environnement Le Mensuel N°423 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°423
[ Plus d'info sur ce numéro | S'abonner à la revue - Se connecter à l'espace abonné ]

Ce mardi 1er mars, l'association Halte à l'obsolescence programmée (HOP) publie sa première évaluation de l'indice de réparabilité entré en vigueur le 1er janvier 2021. À l'issue de cette première année, HOP juge que l'indice est « un bon outil » et qu'il est « utile ». Globalement, la note affichée par les producteurs est identique ou un peu supérieure à celle calculée par HOP. Cet écart peut toutefois aboutir à des « abus », puisque la moitié des produits testés ont une note surévaluée de 15 %, déplore l'association. En cause, le flou qui entoure certains critères. Le principal problème identifié par HOP reste la prise en compte trop légère des critères les plus pertinents.

Globalement, cet avis est conforme à celui exprimé par l'UFC-Que Choisir et Murfy. Les deux acteurs jugent aussi que l'indice a « une efficacité mitigée », notamment car « il propose une moyenne basée sur plusieurs critères évalués à la même importance ».

La France, pionnière dans la mise en œuvre de cet indice, est très suivie à l'échelle européenne. En effet, Bruxelles travaille à la création d'un indice européen, en particulier pour les téléphones portables. À noter que le rapport de HOP, qui répond aux questions posées par nos partenaires européens, est publié en anglais.

Des notes surévaluées par les producteurs

Premier constat de HOP : l'indice de réparabilité est utile. Il est connu de plus de la moitié des consommateurs. Ces derniers l'utilisent lorsqu'ils choisissent un produit neuf, et en particulier une télévision.

L'étude de fiabilité de l'indice réalisée par l'association a porté sur six produits : trois smartphones, deux ordinateurs portables, et une télévision. Les résultats sont « plutôt fiables », explique Laetitia Vasseur, déléguée générale de HOP. Dans les grandes lignes, les résultats calculés par l'association sont relativement similaires à ceux affichés par les marques, même si « les marques sont un peu généreuses dans leur notation ». Les écarts, favorables à leurs produits, peuvent atteindre « jusqu'à 15 % » de la note globale, explique Laetitia Vasseur.

Ainsi, s'agissant de la démontabilité des produits, HOP estime que « les marques jouent le jeu ». Et si des produits avec des pièces collées ou soudées (donc indémontables) affichent de relativement bonnes notes, c'est surtout parce que l'indice n'accorde pas suffisamment de poids à ce critère parmi les plus importants. Des imprécisions permettent aussi aux marques d'afficher des notes supérieures, à celles calculées par HOP. Le constat est similaire s'agissant des deux autres critères les plus importants selon HOP : la disponibilité et le prix des pièces détachées.

Centrer l'indice sur les critères les plus importants

Ces constats conduisent HOP à poursuivre le plaidoyer initié lors de l'élaboration de l'indice. L'association demande d'abord que les règles soient clarifiées lorsqu'elles sont floues. Elle demande aussi que le dispositif soit plus transparent. Les producteurs ne fournissent pas toujours le détail des notes qu'ils sont pourtant censés mettre à disposition des consommateurs. Ce constat est aussi formulé par l'UFC-Que Choisir et Murfy. Troisième demande importante : que les critères les plus importants aient plus de poids dans la note finale. HOP espère que la réglementation évoluera, et cela au plus tard en 2024 avec la mise en œuvre de l'indice de durabilité qui prendra la suite de l'indice de réparabilité (qui deviendra alors un critère de durabilté parmi d'autres).

La pondération des critères est aussi la demande principale de l'UFC-Que Choisir et Murfy qui plaident pour « une réforme de l'indice de réparabilité afin qu'il puisse être un véritable outil, utile pour orienter les achats des consommateurs ». « Chaque critère pèse curieusement le même poids dans la note finale, au détriment de critères déterminants tels que la disponibilité des pièces détachées », critiquent-ils, ajoutant que « l'indice de réparabilité semble ainsi avoir été bâti pour donner aux fabricants un satisfecit artificiel sur la réparabilité de leurs produits en leur offrant sur un plateau des points pour des critères mineurs ».

Depuis janvier dernier, la Direction générale de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) peut diligenter des enquêtes pour sanctionner l'absence de publication de l'indice ou la publication d'informations insincères ou peu fiables. Cette possibilité va permette à HOP de signaler « les cas problématiques ». Il peut s'agir d'écarts importants ou d'écarts plus faibles mais permettant à un produit de changer de catégorie. En effet, un produit noté 5,9 sur 10 est classé dans une catégorie jaune, alors qu'une note supérieure de deux dixièmes lui permet d'intégrer une catégorie verte. Il peut aussi s'agir d'évaluations erronées et incontestables (comme la disponibilité des pièces qui donne lieu à un jugement binaire).

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question au journaliste Philippe Collet

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager

Réduisez vos émissions GES avec les solutions EU ETS vérification de LRQA LRQA France SAS