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Fukushima : deux options de refroidissement des réacteurs opposent les experts

Depuis le 5 mai, Tepco, l'exploitant de la centrale, tente de rétablir le refroidissement du réacteur numéro 1. Si la création d'un circuit fermé est privilégiée, certains experts sont dubitatifs et proposent plutôt de noyer les réacteurs.

Gouvernance  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
   
Fukushima : deux options de refroidissement des réacteurs opposent les experts
Ouvrier de Tepco mesurant la radioactivité au sein du bâtiment du réacteur n°1 de la centrale
© Tepco
   

La catastrophe de Fukushima a quitté progressivement le devant de la scène médiatique, mais la situation est instable et reste "très sérieuse" selon l'expression utilisée quotidiennement dans les bulletins de l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) .

Des ouvriers dans le bâtiment du réacteur numéro 1

Jeudi 5 mai, Tepco a annoncé que pour la première fois depuis le 11 mars, des ouvriers sont entrés dans le bâtiment du réacteur numéro 1. Objectif : installer des équipements de ventilation équipés de filtres afin d'abaisser le niveau de radioactivité à l'intérieur du bâtiment.

Dans un premier temps, deux employés de Tepco sont entrés dans le bâtiment pour mesurer la radioactivité pendant 25 minutes. Selon les informations fournies par l'opérateur, celle-ci irait de 10 à 93 millisieverts par heure (mSvt/h). Ensuite, neuf employés de sous-traitants se sont relayés pendant 90 minutes pour relier le bâtiment à une ventilation située dans le bâtiment des turbines. Ces derniers étaient accompagnés de deux employés chargés de contrôler la radioactivité. Tepco a précisé que durant cette opération, les ouvriers ont été exposés à un maximum de 3,16 mSvt, soit environ 12% de la dose annuelle autorisée dans le contexte de la catastrophe en cours.

Avec cette opération, l'exploitant espère abaisser de 90% le niveau des radiations dans le bâtiment pour y installer un système de refroidissement à partir du 8 mai et rétablir le refroidissement en juin.

Rétablir un circuit de refroidissement

Actuellement, le refroidissement des réacteurs est assuré par des injections d'eau via des vannes d'incendie. Cependant, ces circuits n'étant pas fermés et les enceintes de confinement n'étant plus parfaitement étanches, cette eau coule à l'extérieure et stagne dans les parties basses de la centrale. Il y aurait actuellement environ 90.000 m3 d'eau hautement radioactive sur le site. Un volume qui croît, malgré l'opération de pompage débutée mi-avril. Cette opération devait permettre d'évacuer en 26 jours les 10.000 m3 présents au niveau du réacteur numéro 2. Après 10 jours de pompage, 2.390 m3 ont été évacués.

Avec le système de refroidissement que souhaite installer Tepco, le maintien à froid du réacteur deviendrait possible tout en limitant les fuites. Ce système serait proche du refroidissement normal puisqu'un premier circuit clos permettrait d'injecter de l'eau froide et l'eau chaude récupérée serait refroidie via un échangeur de chaleur relié à un second circuit. Un avantage annexe de cette stratégie est de fournir un exutoire pour l'eau hautement radioactive puisqu'elle pourrait être utilisée dans le circuit primaire du système de refroidissement.

Le même type de circuit est envisagé pour les réacteurs 2 et 3, mais Tepco n'a pas annoncé de date pour le début des travaux.

La NISA envisage de noyer le réacteur

Si personne ne remet en cause l'efficacité de l'option retenue par Tepco, certains observateurs doutent cependant qu'il soit possible de rétablir un circuit de refroidissement. En effet, ils jugent que la tache est trop complexe et que les conditions de travail dans le bâtiment ne permettent pas de la mener à bien.

Par ailleurs ils soulignent que la situation presse et que les variations de la pression et de la température dans les réacteurs témoignent de l'instabilité de la situation et d'une possibilité d'aggravation rapide.

L'Agence de sûreté nucléaire japonaise (NISA) a donc demandé à Tepco de lui soumettre un plan alternatif, surnommé "water tomb". Il s'agit non plus de refroidir le réacteur via un circuit, mais de le noyer en remplissant d'eau l'enceinte de confinement. Cependant, cette solution a également ses détracteurs. Ces derniers estiment que si l'eau contaminée provient du réacteur, c'est un signe de la perte d'étanchéité de l'enceinte. Tenter de la remplir ne ferait qu'augmenter les fuites radioactives.

Tepco a étudié cette option et soumis, en réponse à la demande de la NISA, un rapport qui démontre que cette stratégie pourrait refroidir efficacement les réacteurs sans que les tonnes d'eau injectées ne menace l'intégrité de l'enceinte de confinement. Il conviendrait néanmoins de renforcer les piliers de la chambre de surpression située sous l'enceinte de confinement.

Réactions4 réactions à cet article

 

La Nisa ne devrait pas nommer cette opération "water tomb", mais water bomb".

On tourne en rond, perd un temps précieux laissant échapper dans l'atmosphère, l'océan, la nappe souterraine de la radioactivité inimaginable, plutôt que de dire on met le tout dans un (ou six) sarcophage. C'est la solution finale à laquelle ils n'échapperont pas.

Pendant ce temps, le monde entier, la terre entière souffre les effets de cette radiation qui augmente sans cesse.

Sentinelle | 07 mai 2011 à 19h06
 
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Y a t-il vraiment une solution, c'est sans doute pourquoi le monde médiatique se tait pour ne pas angoisser la planète entière. Les spécialistes de l'atome vont-ils continuer à nous faire croire que le nucléaire est sans danger !

alinea31 | 07 juin 2011 à 09h13
 
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Nous voici le 08 juin 2011 et aucune nouvelle de Fukushima...doit-on continuer a manger des légumes de notre potager?Combien de temps avant d'etre malade?

bobi mkd | 08 juin 2011 à 07h46
 
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Quand est-il des mesures de la radioactivité en Europe? Le déversement continuel d'eau sur la centrale provoque certainement aussi une évaporation radioactive qui alimente les nuages au-dessus du Japon et la terre entière. Le silence sur ces mesures seraient-ils voulus, devant l'impuissance à remédier à cette catastrophe et devant l'ampleur des conséquences qui touche déjà et qui va toucher le monde entier. Les spécialistes et promoteurs du nucléaire seront-ils un jour tenus pour responsables des dégâts et effets néfastes qu'ils auront engendré au monde. Serons-nous capables de sacrifier notre confort pour préserver la vie sur terre ?

alinea31 | 08 juin 2011 à 13h43
 
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