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L'exploitation de l'énergie des sous-sols devrait s'intensifier d'ici 2020

Pour atteindre l'objectif de 23 % d'énergies renouvelables dans le mix énergétique en 2020, la France compte sur la géothermie, qu'elle soit très basse énergie, basse énergie ou très profonde. Sa production devrait être multiplié par 6 en dix ans.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
L'exploitation de l'énergie des sous-sols devrait s'intensifier d'ici 2020
Principe de fonctionnement d'un réseau de chaleur sur doublet géothermique
© ADEME - BRGM
   
''La France se situe aujourd'hui au-dessus de la moyenne européenne en matière d'énergies renouvelables, atteignant 9 % du mix énergétique total (contre 8 % pour l'UE). Ce bon résultat est dû à des décisions historiques, basées sur le développement de l'hydraulique et du bois énergie. Mais aujourd'hui, ces deux gisements sont presque saturés, la France doit s'appuyer sur d'autres ressources'', analysait Pierre Franck Chevet, directeur général de l'énergie et du climat au ministère en charge de l'Ecologie, lors des Assises de la géothermie en Ile-de-France, le 6 avril dernier.
Selon cet expert, la géothermie a un grand rôle à jouer dans le futur mix énergétique français : ''il faut y aller à marche forcée : multiplier la géothermie profonde par 4, la géothermie domestique par 8 et la géothermie dite intermédiaire par 5 d'ici 2020. Mais il faudra être prudent et poursuivre ce développement avec beaucoup de méthode et de rigueur''.
Car si la géothermie possède de nombreux atouts (faibles émissions de gaz à effets de serre et d'autres polluants atmosphériques, faible impact paysager, aucun transport requis), les forages ne sont pas anodins. Ils traversent par exemple des poches d'eau potable qu'il est indispensable de préserver. ''Il faut développer la filière tout en assurant un suivi des expériences en cours'', pour tirer les leçons de chacune d'entre elles et ne pas faire d'erreurs. C'est dans cet objectif que sera créé prochainement un Comité national de la géothermie, qui devrait être présidé par Philippe Vesseron, l'actuel président d'honneur du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). Le développement de la géothermie profonde et très profonde est déjà très encadré, il dépend du code minier, comme l'exploitation des hydrocarbures ou des métaux précieux.

Réseaux de chaleur : un potentiel géothermique important

Parmi les différentes formes d'exploitation de cette ressource, la géothermie profonde ou intermédiaire suscite un grand intérêt. Elle permet la fourniture en chauffage de réseaux de chaleur collectifs. Or, la chaleur constitue le premier poste de consommation énergétique nationale, produite aujourd'hui à 85 % à partir d'énergies non renouvelables. La chauffage du secteur résidentiel-tertiaire représente un tiers des émissions de gaz à effet de serre françaises.
Particulièrement développée en Ile-de-France (les 34 exploitations sur le Dogger* représentent 80 % de la production nationale), elle affiche de nombreux atouts. Adaptée aux zones denses (la technique est optimisée dans des zones restreintes à 3 Km), elle permet une production de chaleur directe pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire et affiche donc des coefficients de performance élevés (15 à 28 contre 3 à 5 pour la géothermie domestique). La réalisation d'un captage de géothermie profonde coûte de 8 à 10 millions d'euros et n'est économiquement viable que si elle est mise en œuvre pour de très nombreux utilisateurs (autour de 5.000 équivalents logements soit 50.000 MWh pour une opération). Outre ces atouts, la géothermie profonde constitue la ressource principale d'énergie renouvelable exploitable en Ile-de-France.
Aujourd'hui, 150.000 équivalents logements sont chauffés grâce à cette énergie dans la région. Ce chiffre pourrait augmenter rapidement : 4 nouvelles opérations sont en cours actuellement, dont le chantier de l'aéroport d'Orly. L'Est parisien est particulièrement favorable à l'exploitation de cette ressource, où les conditions de productivité de l'aquifère et la température sont propices. Selon la DRIRE Ile-de-France, pour répondre aux objectifs de 2020, la région devrait multiplier par 3 sa production d'énergie géothermique.
Au total, la France devrait passer d'une production de chaleur géothermique en 2006 de 50.000 tonnes équivalents pétrole à 369.000 tep en 2020 selon la Programmation pluriannuelle des investissements (PPI) de production de chaleur pour la période 2009 – 2020 élaborée en décembre 2008.


* L'aquifère du Dogger est présent à 1.700m sous Paris et sa température oscille entre 60 et 85°C.

Réactions4 réactions à cet article

 
ya+ka !...encore faut-il que....!!!

''...devrait s'intensifier d'ici 2020 !''
Filière à investiguer et mettre en oeuvre de manière sérieuse et cohérente en particulier dans régions propices où les potentiels ont été démontrés (Alsace - Soultz-sous-Forêts, Centre - Aigues-Chaudes, anciennes zônes volcaniques des Puys, régions avec cures thermales,...). Exploitation géothermie profonde et semi-profonde pour production électricité en ''primaire'' + en ''secondaire'' chauffage urbain, chauffage serres, etc... Il faut de vrais motivations politiques et industrielles pour l'investigation et la mise en oeuvre de projets cohérents...Ya+ka A+
Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 08 avril 2010 à 09h48
 
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Importance du gisement?

je me demande dans quelle mesure l'aquifère du Dogger risque-t-il dêtre refroidi par une exploitation intensive. Quel est le flux d'energie que l'on pourrait en tirer sans en diminuer la température globale? Bref quelle sa "production de chaleur potentielle"?

kris | 08 avril 2010 à 18h23
 
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La geothermie une filière sans besoin de stockaged

La majorité des medias confondent puissance et energie, et par consequent ne savent pas juger de l'efficacité des énergies renouvelables.. La geothermie a un avantage ESSENTIEL, c'est de ne pas demander de stockage et de fournir de l'énergie même quand il n'y a pas de soleil,ou s'il y a un anticyclone sur l'Europe du nord. c'est une filière autrement efficace que la filière photovoltaique. Elle pose des problèmes difficiles mais devrait etre developpéee en priorité devant les filières photovoltaiques et eoliennes.

jean-marie | 09 avril 2010 à 15h21
 
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Sans stockage, inépuisable et gratuite l

C'est d'autant plus vrai que le M.I.T a déclaré il y a quelques temps que la géothermie profonde est suceptible de couvrir à elle seule, 2500 fois les besoins énergétiques des US ! Alors en France que dire. La seule vraie problématique de cette énergie, c'est la volonté des politiques (toutes classes confondues) qui ne sont pour la plupart, que les affidés, les séides des multinationales...

mathias | 22 avril 2010 à 16h37
 
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