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Guyane : l'autorisation de l'usine de cyanuration de Dieu-Merci jugée caduque

MAJ le 07/10/2021
Risques  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
Guyane : l'autorisation de l'usine de cyanuration de Dieu-Merci jugée caduque

L'arrêté préfectoral de 2015 autorisant la société Auplata à exploiter une usine de traitement du minerai aurifère par cyanuration, sur la commune de Saint-Élie (Guyane) au lieu-dit Dieu-Merci, est caduc. Telle est la décision prise par le tribunal administratif de Cayenne par un jugement rendu le 30 septembre.

« En dépit des importants travaux réalisés sur la période 2015 à 2018 par la société Auplata, les installations dont l'exploitation a été autorisée par l'arrêté préfectoral du 18 novembre 2015 n'ont pas été mises en service dans le délai [réglementaire] de trois ans », a constaté le tribunal. D'où la caducité de l'autorisation et l'irrecevabilité des requêtes des associations Guyane Nature Environnement et France Nature Environnement (FNE) dirigées contre un acte ayant disparu de l'ordonnancement juridique.

« Cette décision est particulièrement dévastatrice pour la Guyane française, pour l'industrie minière française et, au-delà, pour le climat des affaires en France », réagit Auplata Mining Group dans un communiqué en date du 6 octobre. La société, dont la cotation des actions a été suspendue entre le 1er et le 7 octobre, annonce la mise à l'arrêt de l'outil industriel pour une durée de deux mois et un coût d'environ 2 millions d'euros. Son conseil d'administration, réuni le 5 octobre, a décidé de faire appel du jugement.

Gestion peu scrupuleuse

« La gestion peu scrupuleuse du site et son autorisation par les services de l'État auraient pu être à l'origine d'une catastrophe industrielle désastreuse, en plus des dommages déjà causés par l'exploitation aurifère qui détruit la forêt et les cours d'eau », réagit Rémi Girault, président de Guyane Nature Environnement. Le traitement par cyanuration est un procédé très dangereux pour l'environnement et la vie aux alentours de l'usine en cas d'accident, le cyanure tuant instantanément par asphyxie, rappelle en effet FNE. Or, le retard dans la mise en service de l'installation est dû à des non-conformités de l'installation par rapport à l'arrêté initial, comme une augmentation des quantités de cyanure stockées. L'usine est en outre située en amont de la réserve naturelle de la Trinité.

« C'est une très bonne décision de justice qui dit clairement stop à une gestion hors des clous de projets dangereux. L'étape suivante, pour la protection de la forêt et de l'environnement en Guyane, c'est la réforme du Code minier attendue depuis très longtemps, qui doit enfin interdire la cyanuration et les mines industrielles en Guyane », réagit Arnaud Schwartz, président de FNE. Les associations réclament l'arrêt des autres projets de mines industrielles comme l'emblématique Montagne d'or, dont l'exploitant Orea Mining a annoncé la relance, le 1er septembre, à la veille de l'ouverture du Congrès mondial de la nature.

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