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Incendies à proximité de Tchernobyl : la radioactivité attendue en France devrait être extrêmement faible

En France, l'impact des masses d'air contaminées par les incendies à proximité de Tchernobyl devrait rester négligeable. Des niveaux de radioactivité plus élevés ont été mesurés en Ukraine.

Risques  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Incendies à proximité de Tchernobyl : la radioactivité attendue en France devrait être extrêmement faible

Le 15 avril, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a publié une nouvelle note d'information sur l'impact des incendies qui se sont déclarés début avril dans la zone d'exclusion autour de la centrale de Tchernobyl (Ukraine). « Les niveaux de radioactivité attendus en France sont extrêmement faibles, en dessous de 1 micro becquerel par m3 (μBq/m3) en césium 137 », estime-t-il, s'appuyant sur sa modélisation de la radioactivité remobilisée par les incendies et du déplacement des masses d'air. Quant à l'impact sanitaire résultant de l'inhalation de ces masses d'air arrivant en France, il « devrait (…) être insignifiant ».

La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) confirme que les « niveaux de contamination [sont] très faibles et difficiles à mesurer » en France. L'analyse du filtre de la balise de surveillance de la radioactivité atmosphérique qu'exploite l'association indépendante à Montélimar (Drôme) « a confirmé que, sur la période du 3 au 10 avril, l'activité volumique moyenne du césium 137 dans l'air ambiant est restée très faible, en dessous des limites de détection (< 6 μBq/m3) ». Le constat est identique pour la seconde balise de la Criirad installée à Romans-sur-Isère dans la Drôme (la limite de détection de cette balise est de 13 μBq/m3).

Ces incendies, qui ont atteint la zone d'exclusion et l'environnement proche (environ 1 km) de la centrale ravagée par la catastrophe de 1986, sont désormais sous contrôle, selon les deux sources. Toutefois, la Criirad craint que le vent ne ravive certains foyers. « Les vents ont réactivé une série d'incendies qui avaient quasiment disparu dans des secteurs forestiers très contaminés par les retombées de Tchernobyl », explique l'association. Elle estime aussi qu'une tempête, qui sévit dans le nord de l'Ukraine, pourrait activer deux nouveaux incendies à moins de 2 km au sud du sarcophage de Tchernobyl et à un peu plus de 3 km au sud-ouest.

Les masses d'air les plus contaminées n'ont pas atteint la France

Les simulations de l'IRSN « indiquent que les masses d'air provenant de la zone des incendies qui se sont produits les 5 et 6 avril ont pu atteindre la France dans la soirée du 7 avril 2020 », explique l'IRSN. Il ajoute qu'« au 14 avril, ces masses d'air recouvraient encore la moitié du territoire ». L'IRSN réalise des prélèvements d'aérosols, dont les résultats « ne seront disponibles qu'en fin de semaine prochaine ».

Par ailleurs, les masses d'air les plus contaminées « ne sont pas parvenues jusqu'en France à ce jour ». L'Institut explique que les conditions météorologiques ont favorisé le transport de ces masses d'air vers la Biélorussie, le sud de l'Ukraine, l'est de la Roumanie et de la Bulgarie. Ces masses d'air sont celles contaminées par les rejets des incendies survenus entre le 9 et le 11 avril 2020, estimés être les plus significatifs d'après la modélisation.

À ce stade l'Institut ne donne pas d'informations sur les masses d'air issues des derniers incendies du 14 avril, les plus proches de la centrale.

Dépassement des niveaux habituellement mesurés en Ukraine

 
Les niveaux de contamination sont très faibles et difficiles à mesurer en France.  
La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité
 
À proximité de la centrale, des mesures font apparaître une contamination importante de l'air dans la zone d'exclusion de Tchernobyl. L'activité volumique du césium 137 a atteint jusqu'à 180 000 μBq/m3 selon une mesure effectuée sur le site. Ce résultat est « imputable à la proximité des dispositifs de mesures avec la zone incendiée ». L'exposition des pompiers due à l'inhalation des fumées est estimée à environ 13 micro sievert (μSv), pour une intervention de 100 heures. Cela correspond à 1 % de la dose reçue par l'exposition au rayonnement émis par le sol contaminé, qui est « très souvent supérieur à 1 μSv/h ».

La Criirad estime que « de nombreuses questions restent posées sur l'impact radiologique de ces incendies pour les pompiers et les populations riveraines ». Si l'IRSN a évalué la dose reçue par les pompiers, il n'a toutefois pas précisé quelle est l'incidence sanitaire de cette exposition.

À Kiev, les valeurs relevées ont été « significativement plus élevées que les valeurs habituellement mesurées ». Les valeurs maximales atteignent 470, 700 et 1 200 μBq/m3, contre environ 6 μBq/m3 en césium 137 en temps normal, explique l'IRSN. La valeur la plus élevée, mesurée par le Centre scientifique et technique d'État pour la sureté nucléaire et radiologique ukrainien, « n'a pas été confirmée ». L'IRSN explique que ces valeurs restent « modérées et sans conséquence sanitaire ».

La Criirad évoque, pour sa part, des mesures effectuées par les services spécialisés Ukrainiens (SSTC) de l'ordre de 5 000 à 7 000 μBq/m3, soit des niveaux cinq à dix fois plus élevés que ceux avancés par l'IRSN. Ils correspondent à une « augmentation ponctuelle de plus de 700 fois » la radioactivité habituelle de Kiev, commente l'association qui évoque un niveau « normal » inférieur à 10 μBq/m3 (une valeur comparable à celle citée par l'IRSN).

Deux raisons expliquent l'écart entre les valeurs rapportées par l'IRSN et celle avancée par la Criirad. Tout d'abord, la valeur de la Criirad correspond à une mesure mobile réalisée sur une courte période, alors que les valeurs de l'IRSN correspondent à des relevés fixes sur des durées allant de 24 heures à une cinquantaine d'heures. Une concentration de 470 μBq/m3 d'air lissée sur 50 à 60 heures est compatible avec une valeur de 1 200 μBq/m3 sur 24 heures et un pic de 5 000 à 7 000 μBq/m3 sur deux heures, explique l'IRSN. Par ailleurs, le panache de fumée est très hétérogène et des écarts importants peuvent être constatés selon que la mesure est effectuée en son centre ou à ses extrémités.

Réactions2 réactions à cet article

 

C'est l'occasion peut-être de rectifier un propos radoté qui dénigre le Professeur Pellerin dont je ne suis en rien l'avocat.

S'il a sous-évalué, si je me souviens mal, la pollution engendrée, ce qui fut "corrigé" par la très précieuse CRIIRAD naissante, il n'a jamais dit que le nuage de Tchernobyl s'était arrêté à la frontière française du côté de la Lorraine.

C'est un titre choc inventé par un journaliste.

Si vous avez son nom et celui de son journal ...... pour la petite ; voire la grande histoire ......

On ne le répètera jamais assez pour bien informer et a fortiori militer il faut avoir "Le souci du juste mot pour la juste chose. Le souci des mots pesés pour éviter, voire pour contribuer à réduire, les maux pesants".

 C’est un combat militant qui en vaut d’autres, voire conditionne le succès des autres parce que ce souci est ou au moins semble absent  chez  beaucoup  d'intervenants, dans des commentaires d’articles de presse en particulier, sinon dans les articles eux-mêmes, à propos de tous les grands sujets sociétaux , politiques inclus bien évidemment. Et c’est bien souvent - hélas - le cas de beaucoup de nos vecteurs d'opinions et/ou de décisions.

Sagecol | 17 avril 2020 à 10h51
 
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Finalement, il y a donc eu des incendies alors, autour de cette zone.
Ce fût annoncé dans un premier temps, avant d'être qualifié de "fake".... donc c'est le "fake" initial qui est en fait un fake lui même….
Comment voulez-vous vous-y retrouver?

nimb | 20 avril 2020 à 10h56
 
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