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« Pour réussir le solaire "made in Europe" nous ne devons pas manquer une seule étape de la chaîne de valeur »

L'Alliance européenne de l'industrie solaire a été lancée en 2022 pour créer les conditions d'une industrie photovoltaïque compétitive en Europe. Sa porte-parole, Ainhoa Lombide Endemano, détaille les conditions pour y parvenir.

Interview  |  Energie  |    |  S. Fabrégat
   
« Pour réussir le solaire "made in Europe" nous ne devons pas manquer une seule étape de la chaîne de valeur »
Ainhoa Lombide Endemano
Porte-parole de l’Alliance européenne de l’industrie solaire (Esia)
   

Actu Environnement : Lors du lancement de l'Alliance européenne de l'industrie solaire (Esia), le Commissaire européen à l'industrie, Thierry Breton, a fixé un objectif de production annuelle de 30 gigawatts (GW) pour chaque composant solaire clé d'ici à 2030 en Europe. Où en est-on aujourd'hui dans les projets et permettent-ils de couvrir l'ensemble de la chaîne de valeur ?

Ainhoa Lombide Endemano : Dans le cadre de l'Esia, nous avons identifié plus de 20 projets parmi nos partenaires. La plupart d'entre eux concernent la fabrication de cellules et l'assemblage de modules, en utilisant les technologies les plus innovantes et les meilleures pratiques. Malheureusement, nous manquons de projets en amont de la chaîne de valeur, notamment sur les lingots et les wafers, qui constituent la brique la plus vulnérable dans la chaîne d'approvisionnement photovoltaïque, en termes de dépendance et de difficulté à délocaliser. Nous devrions également augmenter la capacité de production de polysilicium.

En additionnant toutes les projections, si tous ces projets aboutissaient, nous atteindrions l'objectif de l'Esia pour les modules et les cellules (30 GW en 2025), mais pas pour les lingots ni pour les wafers.

Cela dit, le succès de la plupart de ces projets dépendra de la capacité de l'Europe à mettre en œuvre un cadre réglementaire favorable. Mais aussi du soutien financier que les États membres et la Commission seront en mesure de mobiliser. Le soutien financier doit être limité dans le temps. Il est essentiel pour la montée en puissance des projets, mais l'objectif est de disposer d'une industrie durable et compétitive.

AE : Y a-t-il des freins persistants, notamment sur l'approvisionnement en matériaux critiques ou en composants électroniques ?

ALE : Les principaux obstacles sont le manque de capacités de production locales et les coûts élevés. Dans le domaine du photovoltaïque, la capacité de l'industrie chimique (polysilicium), des industries métallurgiques (silicium métallique, lingots et wafers), des semi-conducteurs (fabrication de cellules) et de l'assemblage (modules photovoltaïques) est essentielle pour réaliser des économies d'échelle et, par conséquent, obtenir des coûts de production compétitifs. Cette situation est exacerbée par les coûts de la main-d'œuvre et les prix élevés de l'électricité, qui affectent particulièrement les industries électro-intensives de la chaîne, telles que la production de silicium et de polysilicium.

Si l'on compare l'Europe à d'autres régions, par exemple les États-Unis, l'Inde ou la Chine, on constate un manque de soutien à l'exploitation, et des mécanismes assez complexes sur les aides à l'investissement.

Un autre aspect très important est lié à la production des équipements. Depuis le délitement de l'industrie européenne au début des années 2010, la production d'équipements, notamment pour la fabrication de lingots et wafers, a également disparu. Il est donc extrêmement important de récupérer ces entreprises si nous voulons avoir une industrie résiliente.

AE : Il y a de fortes attentes sur le Net zero industry act qui devrait avantager le « made in Europe » sur le marché. Est-ce une incitation suffisante ou en faut-il d'autres et le « made in Europe » peut-il être compétitif ?

ALE : C'est en effet l'une des principales mesures incitatives, absolument nécessaire, non seulement pour relancer l'industrie photovoltaïque, mais aussi pour développer et préserver toutes les industries vertes. Le NZIA est l'une des pièces maîtresses de la politique industrielle de l'Europe dans les années à venir. Une mise en œuvre adéquate sera essentielle pour garantir son succès.

D'autres réglementations en cours d'élaboration, liées à l'écoconception ou au travail forcé par exemple, seront également essentielles pour garantir que l'industrie que nous développons en Europe et les produits qui entrent sur le marché européen répondent aux normes les plus élevées en termes de durabilité et de critères sociaux. Nous aurons besoin d'un cadre approprié pour parvenir à l'industrie nette zéro que nous souhaitons pour l'Europe. En parallèle, il est essentiel de mettre en place des régimes de soutien financier adéquats afin de construire une industrie solide, durable et compétitive.

Le « Made in Europe » peut être compétitif si l'on parvient à dimensionner correctement l'industrie tout au long de la chaîne de valeur. En d'autres termes, pour réussir, nous ne pouvons pas manquer une seule étape de la chaîne de valeur, y compris la chaîne d'approvisionnement qui la soutient. Entreprise par entreprise, nous pouvons y parvenir en excellant dans la production et les opérations, ou en proposant des solutions spécifiques pour des marchés de niche.

AE : Beaucoup d'espoirs se fondent sur les prochaines générations de panneaux solaires. Faut-il attendre les innovations pour faire décoller le « made in Europe » ?

ALE : Le secteur est en pleine mutation technologique, la plus répandue actuellement (PERC) étant remplacée par des technologies plus efficaces (TOPCon, HJT, IBC, pérovskites, etc.). Il s'agit d'une opportunité pour les nouveaux acteurs, car même les opérateurs historiques sont confrontés à de nouveaux besoins d'investissement. Il n'est pas nécessaire d'attendre la prochaine génération de panneaux, car nous y sommes déjà.

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