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Actu-Environnement

Le nouveau gouvernement confronté à la question du loup dans les territoires

MAJ le 16/06/2017

Pas d'état de grâce pour le nouvel exécutif confronté à la question du loup qui continue à diviser éleveurs et écologistes. Dans la continuité de la politique précédente, il propose de tuer jusqu'à 40 spécimens l'année prochaine.

Biodiversité  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

"On ne peut pas donner des leçons aux pays d'Afrique sur la protection des éléphants et, en France, ne pas être capables de vivre avec les loups, lynx ou ours", avait déclaré le candidat Macron au WWF en février. Le futur Président de la République indiquait vouloir dépassionner le débat sur la présence du prédateur dans les campagnes françaises.

 
Ce projet d'arrêté (...) sacrifie, comme les années précédentes, des dizaines de loups pour contenter les lobbies agricoles et cynégétiques  
Cap Loup
 
Une volonté qui n'est pas facile à mettre en œuvre tant les tensions sont vives entre éleveurs confrontés aux attaques du carnivore et associations naturalistes attachées à une stricte protection de l'espèce. La mise en consultation lundi 12 juin par le ministère de la Transition écologique d'un projet d'arrêté fixant entre 36 et 40 le nombre maximal de spécimens dont la destruction pourra être autorisée entre juillet 2017 et juin 2018 risque de crisper ces dernières.

C'est d'ores et déjà le cas de Cap Loup qui, dans un communiqué, estime que "rien ne change" par rapport à la politique précédemment menée. Les associations formant ce collectif se disent "évidemment opposées à ce projet d'arrêté qui sacrifie, comme les années précédentes, des dizaines de loups pour contenter les lobbies agricoles et cynégétiques, sans résoudre aucune des difficultés des éleveurs et sans favoriser la cohabitation entre les loups et les activités humaines".

Ce quota n'est pas fixé au hasard, explique toutefois le ministère de la Transition écologique, qui rappelle que ce nombre avait été fixé à 36 pour la "campagne" 2016/2017. Un nombre porté à 40 par un arrêté interministériel paru le 16 juin. Il est fondé sur le bilan du suivi hivernal de l'espèce par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Or, ce bilan fait état de 57 zones de présence permanente contre 49 à la fin de l'hiver précédent et d'un effectif total estimé à 357 individus contre 293 un an plus tôt. Des chiffres qui se heurtent aux conclusions d'une expertise scientifique publiée fin mars, menée par le même établissement et le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN), qui estimaient que les prélèvements autorisés étaient susceptibles de menacer la survie de l'espèce en France.

"Tolérance zéro face au loup"

Les organisations agricoles, qui sont toutes montées au créneau sur ce dossier, disent avoir ressenti sur le terrain cette augmentation de la population lupine. Ainsi, dès le lendemain de la nomination du gouvernement et avant même les résultats du bilan hivernal, la Coordination rurale lui demandait "d'endiguer, par une réglementation adaptée, la prolifération du loup et par là-même d'assurer la sécurité publique". Et d'ajouter : "A défaut, cette prolifération pourrait constituer une carence de régulation de nature à engager la responsabilité de l'Etat".

La Confédération paysanne lui emboîtait le pas fin mai, soulignant que le dernier bilan du suivi hivernal confirmait "bien les ressentis des éleveurs et bergers". Le syndicat pour une agriculture paysanne demandait à nouveau à ce que "les prélèvements de loups soient effectués en fonction des dégâts sur les troupeaux" et à ce que le prochain plan loup 2018-2022 inscrive la baisse de la prédation comme objectif majeur.

Dès le lendemain, c'était au tour de la FNSEA et de la Fédération nationale ovine (FNO) de réclamer une tolérance zéro face au loup. "Qui aura le courage de dire que la présence du loup a un coût économique et financier croissant et démesuré ? Vingt-cinq millions d'euros pour la seule année 2016 !", s'indigne le syndicat majoritaire qui avance le chiffre de 10.000 animaux tués par le prédateur en 2016.

Réactions4 réactions à cet article

 

"On ne peut pas donner des leçons aux pays d'Afrique sur la protection des éléphants.., disait M. Macron.
Hé oui, les éléphants d’Afrique sont surtout menacé parce l'ivoire nous rapporte gros, mais les leçons sont pour les autochtones.
Et les loups sont entrain de préparer la financiarisation de la nature alors le Président s'y croit: "... et en France, ne pas être capables de vivre avec les loups, lynx ou ours"
Alors on demande seulement aux autochtones ruraux d’être capable de vivre avec les loups pendant que les biens pensants continuent à vivre sans se poser de question puisque il pourront acheter la destruction et la pollution des terres dont ils ont besoin en échange d'action environnementales de compensation.

ouragan | 13 juin 2017 à 16h21
 
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Si l'existence du loup est une bonne chose pour ce qui est de la "chaîne alimentaire" des êtres vivants et pour le bon équilibre ment du biotope des régions rurales et montagnardes, d'accord. Avec indemnisation.
Mais si c'est pour le tourisme et le principe de la préservation de la présence d'une espèce 'mythifiée depuis notre enfance" dans la nature, un peu à regret non.

Sagecol | 15 juin 2017 à 06h10
 
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Le loup est il une bonne chose pour ce qui est de la "chaîne alimentaire" des êtres vivants et pour le bon équilibre ment du biotope des régions rurales et montagnardes des pays à forte densité humaine ou il n’existe pas d'espace sauvage au sens propre du terme?
Voyons ce que disent Nicolas Lescureux, Docteur en Ethnoécologie, John D.C. Linnell, Scientifique, pro loup: "Dans la mesure où la plupart des études étaient réalisées en Alaska ou dans des zones très peu peuplées, ces animaux ont été associés à la nature sauvage. Des interprétations abusives de résultats scientifiques ont conduit à une propagation de demi-vérités sur le rôle d’espèce ‘clef de voûte’ du loup, et sur ses capacités à s’autoréguler.." :
En France il y a rarement plus de 3 km à vol d'oiseau entre deux élevages de montagne et encore moins en plaine.

ouragan | 16 juin 2017 à 15h39
 
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Il était bien évident que la réintroduction du loup en France allait poser des pbs, il aurait fallu y réfléchir avant. Maintenant qu'il est là, il faut penser à des mesures plus satisfaisantes que de le tuer; c'est encore et toujours la solution de facilité et ça ne règle rien, le loup peut se reproduire très vite et même exponentiellement sur notre territoire; le mieux serait de tous les capturer tant qu'ils sont en nombre limité et de les parquer dans des réserves fermées comme les tigres en Inde. il y a encore suffisamment d'étendues libres de toute activité en France, dans les hautes- Alpes ou les Pyrénées pour trouver des étendues assez vastes pour l'accueillir. Les éleveurs doivent comprendre qu'il n'est plus possible de laisser les troupeaux vagabonder sans surveillance dans les zones à loups , il faut donc discuter avec eux de nouvelles modalités pour qu'ils ne soient pas lésés dans leurs pratiques et qu'ils acceptent de laisser des portions de territoire vierges. Si toute discussion est impossible, il faudra capturer tous les loups et les exporter dans des pays où l'on veut bien d'eux et éviter leur réintroduction. Les animaux n'ont pas à payer pour nos choix débiles et inconsidérés.

gaia94 | 16 juin 2017 à 16h18
 
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