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Microalgues et végétaux au service de la qualité de l'air urbain

La nature peut devenir la meilleure amie des collectivités pour lutter contre le réchauffement climatique et améliorer la qualité de l'air. Depuis quelques années, émergent des solutions d'ingénierie végétale qui piègent polluants et CO2.

Aménagement  |    |  Cécile Clicquot de Mentque Actu-Environnement.com
Microalgues et végétaux au service de la qualité de l'air urbain

Les végétaux sont par nature des pompes à CO2, toute végétalisation urbaine contribuant ainsi, à son échelle, à en réduire les concentrations dans l'air. Mais les championnes pour cette fonction sont les microalgues. Et pour cause, ces organismes photosynthétiques peuvent tripler de taille en une journée. Ainsi, un photobioréacteur de la taille d'une colonne Morris (3-4 mètres) représente la capacité d'absorption de CO2 d'une centaine d'arbres (1 t/an). D'où l'intérêt suscité par le déploiement de mobiliers urbains mettant en œuvre ces microalgues. C'est Fermentalg et Suez qui ont été les premiers à se lancer, en couplant dépollution de l'air et captage de CO2. Des tests indépendants réalisés par l'Inéris (Institut national de l'environnement industriel et des risques) ont confirmé que ce puits de carbone était en mesure d'abattre 66 % à 99 % des particules fines et jusqu'à 97 % des oxydes d'azote.

Des innovations portées par des startups

Une startup toulousaine, Kyanos, fondée en 2016 pour valoriser une variété très spécifique de microalgues à des fins nutraceutiques, est aussi en train d'élargir son champ d'activité à l'environnement. Elle va installer en décembre un « arbre à algues » dans l'agglomération toulousaine pour un an d'expérimentation. Mais ces deux pionniers français ne vont pas rester seuls sur le marché. L'Américain Hypergiant Industries, spécialiste de l'intelligence artificielle, a lui aussi porté le développement d'un bioréacteur à microalgues urbain qui revendique une extrême efficacité ; la société annonce que son mobilier de deux mètres de haut et 0,9 m de profondeur, serait en capacité de piéger 1,5 t/an de CO2, soit l'équivalent d'une forêt de 4 000 m2. L'ensemble du système est pour cela piloté par une intelligence artificielle qui gère, notamment, la récolte des algues de telle manière à avoir toujours la quantité optimale de microalgues pour absorber un maximum de CO2.

On pourra aussi noter le projet d'une startup allemande, Solaga, portant sur une mise en œuvre spéciale des microalgues en biofilm, donc formant une couche homogène et dense de microalgues dans très peu d'eau. Cette technique permet de créer des panneaux (intégrables en façades ou empilés dans des réacteurs) aptes à capter CO2 et polluants de l'air, mais se différenciant des autres par la valorisation, non plus des microalgues elles-mêmes, mais de l'eau chargée en acides organiques secrétés par le biofilm (eau qu'on peut fermenter pour produire du biogaz).

Des biofiltres végétaux

En parallèle à ces puits de carbone algaux, de multiples autres formes de mobiliers urbains végétalisés sont également en train de pénétrer le marché. S'ils participent, de fait, à la captation du CO2, ils affichent surtout des atouts en matière d'atténuation des phénomènes d'îlots de chaleur, au même titre que les murs et toitures végétalisés, mais avec une plus grande souplesse d'implantation.

 
Un photobioréacteur de la taille d'une colonne Morris représente la capacité d'absorption de CO2 d'une centaine d'arbres.  
 
La startup Urban Canopee, distinguée au dernier Challenge Construction Tech, développe, par exemple, des structures métalliques très légères et végétalisées qui offrent une grande souplesse d'intégration végétale en milieu urbain. La ville de Paris, et aussi Toulouse, ont déjà retenu cette solution pour des expérimentations.
Mais la tendance forte est surtout aux biofiltres végétalisés, aménagés en mobilier urbain. Ils exploitent la structure même de la culture (les substrats et les racines avec leur milieu bactérien) pour piéger et/ou biodégrader les polluants de l'air qui ventilent au travers (particules et polluants gazeux). Mvaw Technologies, startup française qui porte cette approche bio-inspirée, revendique des abattements de 90 % des particules, de 95 % des NOx et de 98 % des COV. Elle est rejointe dans cette démarche par la startup lilloise Power of Moss, récemment primée au concours La Fabrique Aviva, et concurrence l'offre de la société berlinoise Green City Solutions, qui promeut depuis quelques années, des mobiliers urbains biofiltres mettant en œuvre des mousses.

Autant de nouvelles armes dans les mains des collectivités auxquelles recourir pour rendre les zones urbaines plus « climato-compatibles ».

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