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Actu-Environnement

Quantifier les micropolluants dans les eaux usées domestiques

Suez Environnement et le Cemagref viennent de lancer le programme AMPERES avec l'ambition de quantifier les micropolluants dans les eaux usées domestiques et évaluer l'efficacité d'élimination des différentes filières d'épuration.

Eau  |    |  Carine Seghier  |  Actu-Environnement.com
Pesticides, médicaments, hydrocarbures, métaux lourds, solvants et détergents sont autant de substances que l'on retrouve à très faible dose dans les rivières (de l'ordre du microgramme ou même du nanogramme par litre). Parmi ces substances, un certain nombre d'entre elles, dites « prioritaires », ont été identifiées comme perturbant la physiologie des organismes aquatiques et devront faire l'objet à l'échéance 2015 d'un traitement adapté dans les stations de traitement des eaux usées dans le cadre de la Directive Cadre sur l'Eau.
Cette directive, qui a été adoptée par le Parlement Européen et le Conseil le 23 octobre 2000, établit un cadre réglementaire pour une politique communautaire de protection des eaux intérieures de surface, côtières et souterraines, en vue de prévenir leur pollution, promouvoir leur utilisation durable et protéger leur environnement. Elle fixe en effet notamment un objectif de bon état des masses d'eau à l'horizon 2015 ainsi que le principe de non dégradation. Le « bon état » inclut la qualité écologique (abondance et diversité des espèces présentes dans le milieu) et l'état chimique d'une masse d'eau (concentrations en contaminants dans le milieu). Elle impose aussi la réduction des émissions de 33 substances appelées « prioritaires » dans le milieu naturel à l'horizon 2015. Sur ces 33 substances, les émissions de 13 d'entre elles doivent être supprimées à l'horizon 2015 et les émissions de 20 d'entre elles doivent être réduites.

C'est dans ce cadre que Suez Environnement et le Cemagref, organisme public de recherche finalisée sur la gestion des eaux et des territoires, viennent de lancer le programme AMPERES*, programme de recherche d'une durée de trois ans dédié à l'étude des micropolluants présents dans les eaux usées domestiques et à l'analyse des capacités d'élimination de ces substances par les différentes technologies de traitement des eaux usées existantes. Le programme, qui réunit également d'autres partenaires (le Laboratoire de Physico et de Toxico Chimie de l'Université de Bordeaux 1 et l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée et Corse) est cofinancé par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) et doté d'un budget total de 2,4 millions d'euros. 800.000 € sont financés par l'ANR tandis que les contributions sont respectivement de 770.000 € pour le Cemagref et 570.000 € pour Suez Environnement.
Ses objectifs : maîtriser et transférer des méthodes analytiques pour micropolluants émergents dans des environnements complexes (eaux usées/boues), quantifier les flux de micropolluants amenés par les eaux usées, ainsi que les performances des procédés de traitement classiques dans les stations d'épuration et identifier et évaluer les traitements avancés les plus prometteurs.

La Directive Cadre sur l'Eau donne les premières indications sur la présence de certains polluants et sur leur concentration dans les différents bassins hydrographiques, indiquent dans un communiqué commun Suez environnement et le Cemagref. De vastes programmes de mesure sont également actuellement en cours sur l'ensemble du territoire français, indiquent-t-ils. Mais les substances prioritaires et émergentes n'ont été que peu analysées en France jusqu'à ces dernières années dans les eaux usées brutes et en sortie de station d'épuration. La recherche de quelques nanogrammes de ces substances est en effet complexe et nécessite de fait un suivi régulier et particulier. Le programme vise donc à développer et valider des méthodologies et des outils d'échantillonnage et d'analyse des substances prioritaires ainsi qu'une sélection de substances émergentes dans les eaux et les boues de stations d'épuration domestiques.

La première étape du programme qui s'est déroulée au cours de l'année 2006 a consisté à rassembler et exploiter les données existantes sur l'origine, le flux et la concentration des micropolluants et les connaissances en matière de traitement de ces polluants par les stations d'épuration. Elle a également été consacrée au développement et à la validation des méthodes d'analyses des polluants cibles dans les eaux brutes et traitées et dans les eaux de surface : dosage d'hormones de type oestrogènes, de bêtabloquants et de micropolluants organiques prioritaires.

La deuxième étape qui se déroulera en 2007 concerne quant à elle des campagnes analytiques en station d'épuration. Les travaux engagés consistent à évaluer les performances d'élimination de différentes installations de traitement domestique par des mesures en entrée et en sortie sur les fractions solides (et notamment les boues) et liquides. Ces prélèvements sur le terrain permettront d'obtenir une évaluation des potentiels d'élimination des substances prioritaires et émergentes par les installations conventionnelles ainsi que par des ouvrages plus innovants (boues activées, biofiltration, filtres plantés de roseaux, bioréacteurs à membranes, traitement tertiaire oxydant ou filtrant), explique Suez environnement. Il sera ainsi possible d'identifier les modes de traitement les mieux adaptés techniquement et économiquement : solutions conventionnelles, combinaison de différentes solutions existantes ou nouveaux traitements, ajoute le Cemagref. Compte tenu du nombre de substances recherchées (près d'une centaine) et de la complexité des analyses, huit laboratoires ont été sélectionnés, en France mais également en Allemagne et en Espagne, pour réaliser l'ensemble des analyses. Au total, 20 campagnes de prélèvements sont prévues entre 2007 et 2008. Jusqu'à présent, trois campagnes analytiques ont eu lieu sur des stations d'épuration en région lyonnaise et en région parisienne.


*AMPERES = Analyse de Micropolluants Prioritaires et Emergents dans les Rejets et les Eaux Superficielles

Réactions2 réactions à cet article

 
eau potable?

Et qu'en est-il de l'analyse de la présence de ces micro substances dans l'eau du robinet distribuée aux particuliers?

Philippe P | 14 avril 2007 à 09h22
 
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Solicitation et remerciement

je vous remercie pour votre contribution importante et capitale dans la lutte et la preservation de l'environnement. Je souhaiterai par ailleurs que vous associez ,à ce programme certains etudiants du tiers-monde qui ont pour souci de preserver l'environnement comme vous. L e developpement anarchique des industries dans nos pays et le manque des materiels pour nous chercheurs dans nos univercites ne nous permetent pas de pouvoir identifier les polluants en generale et les micro-polluants en particulier dans notre environnement pour les traiter

Anonyme | 30 août 2007 à 20h56
 
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