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Actu-Environnement

Salon de l'agriculture 2018 : le monde agricole se dit prêt à la transition

Contestation du modèle productiviste, réflexion sur l'usage des pesticides, augmentation des surfaces bio… Poussé par une volonté politique, le monde agricole veut amorcer sa transition. Les syndicats attendent un soutien technique et financier de l'Etat pour passer de la parole aux actes.

Reportage vidéo  |  Agroécologie  |    |  Rémi PinActu-Environnement.com

Dans les allées du salon de l'agriculture, la transition écologique n'est plus tabou ou sujet de discorde entre écologistes et agriculteurs : l'objectif de réduire l'utilisation de phytosanitaires est partagé par la majorité des acteurs. Les Etats généraux de l'alimentation organisés l'été dernier ont eu le mérite de mettre tout le monde sur la même longueur d'onde. Même le syndicat majoritaire, la FNSEA, jusque là très dubitative, a présenté son "contrat de solutions", recensant 292 pistes pour réduire l'utilisation des phytosanitaires lorsque des solutions de substitution sont disponibles. "Ce n'est pas une transition que les agriculteurs pourront faire seuls dans leur coin, et on doit travailler tous ensemble", est venue expliquer Brune Poirson, secrétaire d'Etat à la Transition écologique et solidaire.

Travailler ensemble, c'est justement ce que demandent nombre de syndicats. "On nous a engouffrés dans un système, maintenant on voudrait que l'on parte vers autre chose, constate Bernard Lannes, président de la Coordination rurale et agriculteur dans le Gers. Donnez-nous de vrais objectifs et une vraie orientation". La Confédération paysanne attend aussi la mise en place de "contrats de transition" qui accompagneront sur le plan technique et financier les agriculteurs désireux de modifier leurs pratiques.

Si la prise de conscience d'une transition nécessaire est réelle, les moyens pour y parvenir sont encore à préciser. Preuve de la fragilité d'un changement durable : le débat sur le glyphosate. Son interdiction annoncée par Emmanuel Macron dans les trois ans à venir pourrait faire l'objet d'exceptions selon les filières.

Réactions11 réactions à cet article

 

"C'est un poison, mais on va faire des concessions"

Il parait que la France est cartésienne

Il est vrai qu'il resterait à prouver que Descartes était cartésien

Il eut mieux fait de rendre célèbre "Je suis donc je pense" Sans suivre grégairement.

PS On peut probablement plus faire confiance à la Confédération
paysanne qu'à la FNSEA, même si ce n'est plus un exploitant .... des agricultueurs, mais une femme de terrain (pas très souriante) qui préside ce gros "machin".

Sagecol | 01 mars 2018 à 09h38
 
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Les propos de Brune Poirson, doser l'usage des pesticides, n'est pas audible, c'est comment on supprime rapidement, et la transition passe par le bio. Quant aux dérogations pour l'utilisation du glyphosate, on est reparti comme pour les produits interdits depuis des années, mais autorisés chaque année par dérogation, comme pour les carottes de Créances par exemple ! On marche sur la tête au mépris de ce qu'est obligé de manger le consommateur ?

BJ50320 | 01 mars 2018 à 11h14
 
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NON, il ne doit pas y avoir de dérogations au glyphosate, puisque des méthodes de culture alternatives crédibles existent, elles doivent être mises en place au plus vite par les agriculteurs français; au lieu de laisser perdurer les deux modes d'agriculture, le gouvernement doit axer ses subventions vers tous ceux qui sont prêts à passer aux actes et réserver ses efforts à convaincre les autres gouvernements européens de le suivre. C'est MAINTENANT. Les bonnes volontés sont là, il ne faut pas les décourager, le peuple attend et il jugera.

gaia94 | 02 mars 2018 à 21h35
 
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Le glyphosate est maudit parce que venant de chez Monsanto, le diable en personne (même si la formule est désormais dans le domaine public et que le diable a été avalé tout cru par un autre diable allemand).
Glyphosate: C3H8NO5P. Cette molécule est utilisée -et non pas "déversée"- par les méchants agriculteurs à 9g/ha (quand elle est utilisée) a certainement beaucoup moins d'impact que les phosphonates des lave-linge et lave-vaisselle qui sont à l'origine de la très grande majorité de l'AMPA (acide aminométhylphosphonique, aussi métabolite du glyphosate) retrouvé dans les eaux car les stations d'épuration ne sont pas en capacité de capter l'AMPA.
Mais comme ce sont les méchants "agriculteurs productivistes" qui sont dans le viseur...
Pourquoi ne pas d’abord interdire immédiatement tous les aminométhylène-phosphonates, utilisés dans les systèmes de réfrigération et de refroidissement des moteurs, de traitements des eaux de refroidissement, les détergents industriels et domestiques, les lessives (comme adjuvants anticalcaires). Cette source d’AMPA est indiscutablement plus impactante que l’agriculture.
A quand un "décryptage" ?

Albatros | 06 mars 2018 à 18h46
 
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Le glyphosate et ses divers métabolites (très divers) est un problème en soi car son usage est particulièrement répandu en agriculture "conventionnelle" mais n'est jamais que l'arbre qui cache la forêt des pesticides. Or, on sait qu'on peut se passer de bon nombre de ces cochonneries en revenant aux fondamentaux de l'agronomie et, si on est encore plus audacieux, en sautant le pas de l'agriculture biologique.
Quant aux "méchants agriculteurs productivistes", si tous les agriculteurs ne correspondent pas à ce schéma, il y en a quelques uns en effet, et ils ont une fâcheuse tendance à chasser en meute au sein des mairies, Directions Départementales des Territoires, préfectures, conseils régionaux, ministères et autre cercles décisionnels européens, etc., où ils sont d'une redoutable efficacité pour faire échouer l'application du droit de l'environnement, voire même le droit tout court !

Pégase | 09 mars 2018 à 21h47
 
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Cette diabolisation est inepte, surtout quand on a un hélicologiste et des conseillers écologistes purs et durs. En y ajoutant l'amalgame faite par notre président avec la question de l'amiante...
On perd ici toute mesure
Le noyautage au plus haut niveau n'est pas pratiqué par ceux que l'on croit...

Albatros | 12 mars 2018 à 15h01
 
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La FNSEA n'est pas crédible si on observe ses comportements politiques passés,et présents .Réclamer ,une fois encore des aides pour agir ,c'est oublier que le monde agricole est responsable de l'empoisonnement de la terre mais aussi de l'air par les aérosols et des rivières françaises dont on sait que 85 % sont polluées . "Que messieurs les assassins commencent" répondait naguère un président du Conseil à qui on demandait la suppression de la peine de mort .

sirius | 12 mars 2018 à 16h03
 
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La FNSEA n'est pas le bloc monolithique que vous croyez: rien à voir entre la FDSEA du Gers, celle du Vaucluse, celle de l'Eure et Loir et celle des Côtes d'Armor. On peut la comparer à FNE qui compte aussi des gens raisonnables.
La condamnation en bloc des "assassins" du "monde agricole" n'est pas pertinente. Elle ne laisse aucune place au débat. C'est un truc d'extrémiste.
Le "monde agricole" n'est pas plus à condamner que le "monde du BTP" dont les ravages sont sans commune mesure...

Albatros | 13 mars 2018 à 11h45
 
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Comparer FNE à la FNSEA est une belle hypocrisie. Car le mouvement de FNE, lui, respecte l'ensemble du droit français et européen et ne pratique pas l'intimidation permanente à coups de matériel agricole sur les routes et de tas de pneus ou de bâches en feu !
Quant à la tentative de rapprochement entre les dégâts agricoles et ceux du BTP, c'est une autre manoeuvre d'enfumage, et qui hors sujet ici : il s'agit d'un article sur le salon de l'agriculture et sur un salon de la construction et du bâtiment. Cela vous aurait-il échappé ?
Et quant à l'extrémisme, il suffit de voir dans les campagnes de quel côté il se situe : pollution des nappes phréatiques et des côtes, arrachage des haies, comblement des mares, air nocif en période de traitements phyto (en ce moment même !) et en raison des élevages porcins sur caillebotis, suppression de prairies (après l'hécatombe des années 80-90-début 2000, ça continue çi et là, discrètement), diktat sur le déclassement de la protection de cours d'eau (en ce moment même aussi dans les préfectures et DDT !), etc.
Le procès d'intention envers les environnementalistes est une stratégie usée jusqu'à la corde, il serait temps de vous en rendre compte.

Pégase | 13 mars 2018 à 13h46
 
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Effectivement il est regrettables que pas plus d'agricultueurs ne soient déjà passés au bio

Mais l'avenir déjà expérimenté à grande échelle par une minorité d'agriculteurs intelligents c'est, si je peux imparfaitement dire, la " bio-permaculture"

N'en déplaise à Albatros dont les réactions sont précieuses parce que très éclairantes

Sagecol | 14 mars 2018 à 11h56
 
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Amen.
Merci Pégase, vous m'avez con-vaincu.
Environnementaliste n'a aucune signification.

Albatros | 14 mars 2018 à 19h45
 
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