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Nucléaire : EDF attaque UFC Que Choisir en justice pour diffamation

Energie  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com

EDF annonce ce mercredi 2 mai avoir déposé une plainte avec constitution de partie civile pour diffamation à l'encontre d'UFC Que Choisir.

Le 5 avril, l'association de consommateurs avait accusé l'électricien de sous-utiliser son parc nucléaire pour faire remonter le prix de l'électricité. Quand les prix de marché sont supérieurs à 40 €/MWh, le taux d'utilisation du parc est de 95%, alors qu'il n'est que de 83% lorsque le prix chute à 12 €/MWh, pointait UFC Que Choisir. Cette réduction de la production nucléaire impose la mise en route de centrales plus chères ou l'importation d'électricité, entraînant une augmentation du prix de marché de gros, ajoutait l'association. Cette manoeuvre aurait permis à l'opérateur historique d'augmenter ses recettes d'environ 3,2 M€ entre 2012 et 2017, selon cette dernière.

EDF estime que l'association de consommateurs s'appuie sur un raisonnement économique erroné "qui ne tient pas compte de la réalité du marché de gros, marché européen interconnecté basé sur la rencontre de l'offre et de la demande". L'électricien indique optimiser à tout moment l'utilisation de son parc en interaction étroite avec les marchés européens en vue de satisfaire la demande d'électricité de ses clients. Il rappelle également agir sous la surveillance permanente de la Commission de régulation de l'énergie.

Réactions5 réactions à cet article

 

Lorsqu'il y a du vent, en moyenne un jour sur quatre, EDF doit réduire sa production électrique d'origine nucléaire pour la remplacer, aux tarifs réglementaires de l'obligation d'achat d'énergie, par celle des aéro-générateurs.
Réduire volontairement la capacité de production du parc nucléaire pour donner la priorité à une autre source d'énergie n'est ce pas de la sous utilisation ?
Pourquoi ce procès alors que l'obligation de rachat, donc la sous utilisation du nucléaire, c'est la loi?

Ris de Feu | 02 mai 2018 à 19h41
 
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Ris de Feu mets bien le doigt où il faut : on a organisé le marché pour obliger à la consommation d'électricité éolienne, même si on n'en a pas besoin, même si elle est plus chère que celle de la base de l'opérateur national. C'est un scandale, qui nous coûte très cher (CSPE). EDf a évidemment raison d'utiliser tous les moyens pour le dénoncer. Mais ce n'est pas sans m'étonner : le discours de Lévy est plutôt généralement lénifiant... auraient-ils atteint un stade où la sécurité financière de l'entreprise est en jeu ?

dmg | 03 mai 2018 à 08h49
 
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Il me semble, au contraire, que Ris de feu dis plusieurs erreurs :
- L'éolien produirait un jour sur quatre, vu que son facteur de charge est autour de 25%... C'est méconnaitre le fonctionnement des éoliennes, en effet une éolienne n'a pas un fonctionnement binaire (soit production à 100%, soit 0%), mais une production à la fois variable et prévisible de façon précise quelques jours à l'avance.
- L'éolien produit 2/3 de sa production en automne et hiver, quand l'électricité est demandée et chère.
- L'éolien déstabiliserait le réseau Français, au point de justifier les baisses de production d'EDF, alors même qu'en 2017 la production éolienne a représenté 4.5% de l'électricité produite en France...
EDF joue avec les cours de l'électricité (depuis longtemps, comme ses concurrents). Il l'ont fait beaucoup avec l'hydraulique, dont les informations telles que les débits sortants et le stock ont longtemps été considérés comme des données ultra sensibles, ils le font aujourd'hui avec le "suivi de charge" des centrales nucléaires...
Et EDF essaye de faire taire une association de consommateurs qui dénonce ses pratiques...
Comme quoi, la technique du harcèlement judiciaire a de beaux jours devant elle...
Mais on peut se demander dans quelle mesure il restera possible de débattre sur ces sujets de fonds, si chaque association ou journaliste qui met les pieds dans le plat se retrouve avec une armée d'avocats sur le dos(cf Bolloré) !

Seb | 03 mai 2018 à 17h38
 
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@ Seb
Le rendement des éoliennes terrestres est effectivement de l'ordre de 25%. En France, ce n'est pas (encore) un problème, la souplesse de l'hydraulique et du nucléaire (eh oui) permet de faire face. En Allemagne, la puissance éolienne installée et les règles financières (priorité absolue à l'éolien) sont telles qu'un effondrement total du réseau devient possible (situation le 28 octobre dernier).
L'éolien produit en hiver, la belle affaire : cette production n'est statistiquement quasi jamais en phase avec les pics de consommation (on parle d'heures, pas de mois, évidemment, puisqu'on ne sait pas stocker ailleurs que dans les STEP). Et c'est totalement faux en situation de marais barométrique : anticyclone sans vent, ciel gris, typique de février...
EdF joue avec les tarifs... bien obligé, en situation de concurrence biaisée... mais continue à produire un des courants les moins chers d'Europe, et par pitié évitez la tarte à la crème des coûts cachés ! Et qu'on ne leur reproche pas le suivi de charge (80% de la puissance d'un réacteur en 30 mn) après leur avoir reproché leur impossibilité à suivre la consommation : un peu de cohérence...

dmg | 03 mai 2018 à 22h30
 
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@dmg
Il me semble qu'on s'écarte un peu du sujet, qui était qu'EDF mobilise son armée d'avocats pour dissuader une association de donner son opinion sur la façon dont l'entreprise utilise sa position dominante pour jouer sur les cours de l'électricité...
Sur l'éolien, je rappellerais quand même que la différence entre les cours en pointe de consommation et en surproduction est plus faible qu'avant le déploiement des nouvelles Enr, ce qui remet d'ailleurs en cause le modèle économique des STEP. Si notre système électrique était au bord de la rupture, je doute que les prix se retrouvent lissés... Pour rappel les opérateurs des réseaux de transport (y compris RTE) nous disent qu'intégrer 30% d'énergies intermittentes ne pose pas de problèmes, et que 50% est assez facile.
La priorité donnée aux nouvelles Enr pour l'accès au réseau devra bien sûr être remise en question à un moment. C'est déjà le cas dans les territoires non interconnectés (Dom-Tom). Mais il faut bien garder à l'esprit que le but des Enr est de réduire la production par les autres modes. Faire reposer l'équilibre réseau sur l'effacement des moyens de production Enr affranchirait les producteurs des investissements nécessaires pour augmenter la capacité des centrales thermiques à adapter leur production aux besoins.

Seb | 04 mai 2018 à 10h18
 
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