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L'UFC-Que Choisir accuse EDF de sous-utiliser son parc nucléaire pour faire remonter le prix de l'électricité

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

EDF sous-utiliserait ses capacités nucléaires pour faire remonter les prix de gros de l'électricité, estime l'UFC-Que Choisir qui publie une étude sur le sujet, ce jeudi 5 avril. "EDF conteste formellement les accusations" del'UFC-Que Choisir, indique l'entreprise, qui se réserve le droit de poursuivre l'association en justice. L'entreprise explique qu'elle "agit sous la surveillance permanente du régulateur de l'énergie, la Commission de régulation de l'énergie (CRE)". Mais, pour l'association de consommateurs, son étude "met clairement en lumière l'incapacité de la régulation actuelle à garantir aux consommateurs un prix de l'électricité qui tire pleinement avantage de la compétitivité des capacités nucléaires historiques".

Baisse du taux d'utilisation du parc opérationnel

L'UFC-Que Choisir a comparé les prix du marché de gros de l'électricité et l'utilisation des capacités de production en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. L'étude "révèle que le parc nucléaire opérationnel a été largement sous-utilisé entre 2012 et 2017" et qu'"EDF utilisait son parc nucléaire de manière singulière par rapport au Royaume-Uni et à l'Allemagne". Pour sa défense, EDF indique "optimiser à tout moment l'utilisation de son parc de production en interaction étroite avec les marchés européens de l'électricité".

Le parc nucléaire d'EDF fonctionne à plus de 95% de la capacité disponible lorsque les prix de marché sont supérieurs à 40 euros par mégawattheure (€/MWh), constate l'UFC-Que Choisir. Quand le prix chute à 12 €/MWh (le seuil permettant de couvrir les frais variables de fonctionnement), le taux moyen d'utilisation du parc opérationnel baisse à 83%. "En comparaison, le taux moyen d'utilisation du parc nucléaire allemand varie peu et ne descend pas en dessous de 91% tant que le prix de marché est supérieur ou égal à 12 €/MWh", explique l'UFC-Que Choisir.

Cette réduction de la production nucléaire impose la mise en route de centrales plus chères (gaz, charbon, fioul) ou l'importation d'électricité, ce qui entraîne une augmentation des prix de marché de gros, poursuit l'UFC-Que Choisir. "Faute de concurrence suffisante sur la production, cette situation a permis à l'opérateur historique de vendre à meilleur prix l'électricité produite et donc d'augmenter ses recettes (…) d'environ 3,2 milliards d'euros entre 2012 et 2017."

En outre, les échanges d'électricité entre l'Allemagne et la France ne respectent pas la logique du marché : la France importe peu d'électricité depuis l'Allemagne, lorsque les prix y sont plus bas, alors que quand le prix français est légèrement moins élevé, les exportations vers l'Allemagne sont massives. "L'absence de symétrie dans les échanges a pour effet de maintenir des prix élevés en France, au détriment des consommateurs français", estime l'association.

Réactions5 réactions à cet article

 

"la France importe peu d'électricité depuis l'Allemagne, lorsque les prix y sont plus bas, alors que quand le prix français est légèrement moins élevé, les exportations vers l'Allemagne sont massives."

Dans tous les cas, si les français y perdent, le climat lui y gagne pas mal ^^

Spadice | 05 avril 2018 à 17h10
 
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Je ne comprends pas votre commentaire, car quand les prix sont bas en Allemagne c'est qu'il y a une forte production des enr en Allemagne (qui entraine la chute des prix de marché). Donc le climat n'y gagne rien à ne pas importer l'électrons éoliens allemands et les français surpayent leur électricité.

brufao | 06 avril 2018 à 09h55
 
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Deux notions importantes ont été oubliées,
- le nucléaire allemand et anglais n'est pas autorisé à faire du suivi de charge, donc est contraint de rester à Pmax .
- les lignes d’interconnexion entre ces pays n'ont pas pas une capacité infinie comme le "marché" le souhaiterait.....
Par ailleurs à prix négatifs sur le marché allemand, quel couillon n’achèterait pas ?
Vous connaissez un commerçant qui est prêt à vendre à perte, oui, mais quand c'est l'abonné allemand qui paie !!

jjherou | 07 avril 2018 à 09h40
 
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Gros tricheur ?

Petite histoire d’eau et de redevances à Peisey-Nancroix (73).
Depuis les années 50 et le captage d’EdF, le torrent Ponthurin a un tronçon quasiment à sec une partie de l’année. Pourtant il y a de l’eau, au point d’en faire le 2ème contributeur du grand aménagement de Tignes-Malgovert, avant l’Isère !

En 1965, une convention sous seings privés entre EdF et la commune de Peisey a été négociée ainsi : en échange de 400 000F, « la commune libère […] EdF de toutes ses obligations de fourniture et de restitution d’eau », EdF n’étant même plus tenue d’assurer un débit réservé !

Depuis, sont arrivées les lois sur l’eau, et EdF, oubliant la convention, les a respectées et a fourni un débit réservé.
Mais il est une loi que EdF a « oublié » de respecter : la loi sur l’hydroélectricité, qui impose à tout producteur d’hydroélectricité dans le cadre d’une concession, de verser à l’État une contribution de nature fiscale : les redevances proportionnelles à la production. Réparties ensuite entre l’État, les départements et les communes sur lesquels coulent les cours d’eau concernés.

En aucune manière la convention de 1965 ne saurait valoir exonération fiscale. Ainsi, depuis 50 ans que la commune ne touche pas la part à laquelle elle a droit, des millions sont en jeu.

Alors que le renouvellement des concessions est d’actualité, et que la population donnera son avis, se mettre à dos le consommateur et le citoyen est une politique de Gribouille.

Butimage | 07 avril 2018 à 13h36
 
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@brufao

Sauf qu'il ne s'agit pas que de l'électron éolien, sans quoi il suffirait aux allemand d'éteindre encore plus de centrale à charbon pour ne pas à avoir à revendre à perte leur énergie.

Or même quand l'ENR allemand fonctionne à plein régime, leur mix énergétique reste plus émetteur de CO2 que le mix électrique français.

Spadice | 10 avril 2018 à 13h37
 
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