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Champs électromagnétiques : l'Anses pointe des situations d'exposition très élevées en milieu de travail

L'Anses publie une expertise sur les effets sanitaires des champs électromagnétiques basses fréquences. Des travailleurs utilisant des machines industrielles peuvent être exposés à des niveaux très élevés. Le cas des femmes enceintes pose aussi question.

Risques  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com

La question de l'exposition aux champs électromagnétiques ne se pose pas que pour les riverains des lignes à haute tension. Dans une nouvelle expertise sur les effets sanitaires de ces expositions publiée vendredi 21 juin, l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) pointe également l'exposition en milieu de travail pour certains professionnels. S'appuyant sur une étude menée par l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) et les caisses d'assurance retraite et de santé au travail (Carsat), l'Anses relève que "certains professionnels peuvent être exposés à des niveaux de champs très élevés", potentiellement supérieurs aux valeurs limites d'exposition (VLE) définies par la réglementation (1.000 µT à 50 Hz).

Sont particulièrement concernés les travailleurs utilisant les sept catégories de machines les plus exposantes identifiées par l'INRS :  machines à soudage par résistance ou par pertes diélectriques, chauffage par induction, chauffage micro-ondes, systèmes d'électrolyse industrielle, magnétoscopie, magnétiseurs et démagnétiseurs.

Réduire les situations de surexposition

Face à ce constat, l'Anses souligne l'importance de faire appliquer les dispositions réglementaires en matière d'exposition professionnelles prévues par le décret du 3 août 2016. Ce qui signifie implicitement que cette réglementation, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2017, n'est pas respectée, malgré l'existence d'outils d'aide à la caractérisation des expositions comme l'application Oseray développée par l'INRS. L'Agence de sécurité sanitaire recommande aussi de réduire les situations de surexposition, notamment par une adaptation des postes de travail.

Outre le respect des valeurs limites d'exposition existantes, elle recommande "d'évaluer la pertinence des fondements scientifiques" à l'origine de ces valeurs. Certaines études épidémiologiques ont en effet mis en évidence un lien entre l'exposition professionnelle aux champs électromagnétiques basses fréquences et la survenue de certaines pathologies comme des maladies neurodégénératives ou des tumeurs du système nerveux central. Les résultats de l'expertise ont aussi montré que des effets biologiques (stress oxydant, effets génotoxiques, effets sur la physiologie cellulaire) surviennent à des niveaux d'exposition proches des "valeurs déclenchant l'action" prévues par le décret. Ces valeurs correspondent aux niveaux d'exposition opérationnels au-delà desquels des mesures ou moyens de prévention doivent être mis en œuvre.

Les recommandations de l'Anses se tournent également vers les constructeurs auxquels elle demande de mesurer l'exposition associée à des conditions normales d'utilisation de leurs machines et de l'indiquer sur la fiche technique fournie aux clients et utilisateurs. Si l'on veut aller au-delà du stade de la recommandation, le gouvernement va devoir porter la question de la révision de la directive "machines" au niveau européen afin de rendre contraignantes ces exigences et les prendre en compte dans le marquage CE.

Fœtus exposé chez la femme enceinte

L'Anses attire enfin l'attention sur le cas particulier de l'exposition des femmes enceintes aux champs électromagnétiques. "En effet, il a été montré que dans certains scénarios d'exposition professionnelle, la densité de courant induite chez le fœtus peut être supérieure aux valeurs limites recommandées pour la population générale", explique l'agence.

Cette dernière recommande donc de diffuser cette information auprès des employeurs, préventeurs et médecins du travail. Ceux-ci devront, à leur tour, informer les femmes concernées des dispositions réglementaires prévoyant l'aménagement de leur poste de travail lorsqu'elles sont enceintes, afin de limiter l'exposition du fœtus aux champs électromagnétiques.

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