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Guillaume Garot présente son Pacte national contre le gaspillage alimentaire

Le ministre délégué à l'agroalimentaire a dévoilé le 14 juin les 11 mesures du plan national visant à réduire de moitié le gaspillage alimentaire d'ici 2025. Une démarche associant les grandes surfaces, les ONG de solidarité et le consommateur.

Gouvernance  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
 Guillaume Garot présente son Pacte national contre le gaspillage alimentaire

Selon l'Ademe, le gaspillage alimentaire domestique en France représente 20 kg par an et par habitant, dont 7 kg d'aliments encore sous emballage, soit au total 1,2 million de tonnes de nourriture. Un gâchis qui représente une perte de 400 euros par an et par foyer…

Face à "ce constat effarant", Guillaume Garot, ministre délégué à l'agroalimentaire avait proposé fin octobre 2012 "l'élaboration d'un pacte national contre le gaspillage" d'ici à juin 2013, visant tous les acteurs de la chaîne alimentaire (production agricole, transformation industrielle, grande distribution, restauration collective et familles). En décembre dernier, Guillaume Garot avait lancé des opérations pilotes dans des collèges en Dordogne ou dans un restaurant d'entreprise en Mayenne afin de tester des solutions pour réduire le gaspillage alimentaire de moitié d'ici 2025 et permettre ''de mieux ajuster les portions servies aux usagers".

Parallèlement à ces opérations pilotes, plusieurs groupes de travail ont contribué à l'élaboration de ce Pacte après sept mois de réflexions, réunissant les associations environnementales, de consommateurs et d'aide alimentaire, les organisations professionnelles des producteurs et des activités de transformation et de distribution, ainsi que les représentants de la restauration collective et commerciale et des collectivités territoriales.

Au terme de cette concertation, le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire se décline en 11 mesures "visant à modifier en profondeur nos habitudes de consommation mais également de transformation et de commercialisation des produits alimentaires en France", a annoncé le ministre. "Lutter contre le gaspillage alimentaire, c'est un choix contre l'égoïsme, contre l'individualisme, pour une société plus solidaire et plus responsable ; car il y a quelque chose de scandaleux, de profondément injuste dans le fait de jeter de la nourriture quand tant de Français dépendent de l'aide alimentaire pour vivre ou que des millions d'hommes, de femmes et d'enfants ne mangent pas à leur faim", a insisté Guillaume Garot.

Les acteurs de la chaîne alimentaire s'engagent

Le ministre a ainsi procédé vendredi 14 juin aux premières signatures du Pacte avec tous les acteurs de la chaîne alimentaire impliqués : les producteurs agricoles (Coop de France, FNSEA), les marchés de gros de France, l'industrie agroalimentaire (association nationale des industries alimentaires), la grande distribution (la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution, Cora, Auchan, Carrefour France, Casino, Metro, Monoprix, Mousquetaires, Simply Market et Système U), la restauration hôtellière et collective (association de la restauration collective en gestion directe, syndicat national de la restauration collective , syndicat national de la restauration thématique et commerciale, union des métiers et de l'industrie hotelière), et les associations de consommateurs et de secours (banques alimentaires, Croix-Rouge, Restaurants du Cœur, réseau des épiceries solidaires ANDES, association Consommation logement cadre de vie) ainsi que la région Île-de-France.

Tous les signataires du Pacte s'engagent à agir et à sensibiliser les acteurs de leurs chaînes respectives, à mettre en place des filières de récupération des invendus même au niveau de la production agricole, à adapter la taille des portions en visant les petits formats (industries) y compris en rayons (distribution). En matière de responsabilité sociale des entreprises (RSE), les signataires s'engagent également à définir une série d'indicateurs pour mesurer leurs résultats une fois par an.

La lutte "anti-gaspi" dans la restauration collective et les formations

L'Etat de son côté va inclure progressivement d'ici 2014 des clauses "anti-gaspi" dans les marchés publics de la restauration collective qui pourront concerner "l'approvisionnement, la taille des portions et la possibilité d'acheter des portions adaptées aux convives, la sensibilisation des clients, équipes et convives, et les processus de préparation des repas". La circulaire réformant le code des marchés sera publiée "dans les prochaines semaines", a précisé le ministre.

La lutte contre le gaspillage alimentaire figurera également parmi les axes d'actions du Plan national pour la prévention des déchets, notifié d'ici fin 2013 à la Commission européenne. Le plan prévoit aussi de faciliter le don alimentaire pratiqué par les acteurs et favoriser ''une meilleure connaissance du cadre législatif et réglementaire sur la propriété et la responsabilité lors d'un don".

La mention "DLUO", date limite d'utilisation optimale trop souvent confondue avec la date de péremption par les consommateurs, sera également remplacée par la mention "à consommer de préférence avant..." en décembre 2014. La thématique du gaspillage alimentaire sera aussi intégrée aux formations en lycées agricoles dès la rentrée 2014 puis aux écoles hôtelières.

Côté sensibilisation des consommateurs : une campagne de communication sur la lutte contre le gaspillage sera diffusée au cours de l'été et à la rentrée 2013. Une journée nationale "anti-gaspi" sera fixée le 16 octobre, qui est aussi la journée mondiale de l'alimentation.

Réactions4 réactions à cet article

 

De la célèbre marque Paul pour le pain à l'enseigne Intermarché pour la boucherie en fin de semaine (pour ne citer que deux exemples), beaucoup ont encore une politique de la destruction des invendus. Des invendus qui sont tout à fait aptes à la consommation !

Raisons invoquées : si les personnes qui les récupèrent tombent malade, c'est l'enseigne qui est responsable, perte de chiffre d'affaire etc.
Ne peut-on pas interdire cette pratique dégoutante quand tant de personnes peinent à trouver à manger ? Penser que des produits amers sont versés sur du pain pour ne pas que des gens puissent le récupérer me révolte.

Franchement, ces enseignes craignent-elles que tout le monde attende 19h01 pour aller faire ses courses dans les poubelles, ou réclamer les invendus à 50% ?

Les grosses structures des hypers ou des chaines ont du mal avec ces notions. Il faut les y encourager, d'une manière ou d'une autre, et exiger des résultats.

Une pensée de sympathie pour les gens qui travaillent dans les marchés en ville, et qui en fin de marché consentent à donner les produits qu'ils ne veulent pas remporter aux jeunes ou moins jeunes qui leurs demandent avec respect.

krakatoe | 17 juin 2013 à 18h21
 
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Combien de morts de faim dici la fin de ce délai de 12 ans ?

Quand on est repu , les urgences paraissent moins urgentes

Jean-Marie le Gobanais | 18 juin 2013 à 06h43
 
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bonjour,

quid de la place des poules pour participer à une valorisation intelligentes des restes alimentaires dans la restauration collective (EHPAD, collèges, etc.) ? A priori, la règlementation interdit dans ce contexte de donner de la nourriture à des animaux de consommation : arrêté du 28 février 2008 et règlement(CE) N° 1069/2009 du PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 21 octobre 2009. Quelqu'un peut-il nous éclairer là-dessus. Précision : l'idée est que les poules mangent les restes, mais sans que celles-ci soient consommées par les hommes !
CdL

le composteur des lilas | 18 juin 2013 à 06h56
 
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Une solution toute simple pour répondre efficacement au pacte de lutte contre le gaspillage alimentaire en restauration collective est d'utiliser l'appétimétre pour service le client. Cela consiste de demander aux clients de connaitre leur besoins en quantité en demandant aux cuisiniers de les servir "petit" jus te pour goûter et reviens en chercher si tu as encore faim ou "moyen" Tu aimes et tu as une petite faim, "normal" Tu aimes et tu as faim. En impliquant ces recommandations de ce fait moins de reste de production et vous arriverez à avoir le "juste commande" voir servir à la part prés, moins de gaspillage à la poubelle. Pour exemple, si vous faites un service de riz, pâtes ou d'ebby pour 400 personnes (50 g poids secs/personne) donc il vous faudrait normalement 20 kg mais en impliquant l'appétimètre 15 kg suffit pour servir tout le monde car certain n'aimes pas, pas faim ou gaspillent. N'oublions pas que le meilleur déchet et celui que l'on ne produit pas et c'est d'autant de l'argent gagné pour acheter de meilleurs produits de qualité. Vous pouvez aussi sensibilisez avec la création d'un gachimétre. Retrouvez des infos sur le reportage de France 3 dans l'émission "Système D" de Florence Petit venue filmé les cuisines de la cantine du collège jules Grévy de Poligny

cuistotdingo | 18 juin 2013 à 16h34
 
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