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Actu-Environnement

La pollution aux phtalates expose à un risque d'accouchement prématuré

Risques  |    |  Dorothée Laperche

« L'exposition aux phtalates pendant la grossesse constitue un facteur de risque d'accouchement prématuré, évitable », indique la conclusion d'une étude publiée, en juillet 2022, dans Journal of American Medical Association.

Les phtalates sont des substances utilisées comme plastifiants dans divers produits (emballages alimentaires, jouets, revêtements de sol en vinyle, produits cosmétiques, produits d'entretien ménagers, peintures, etc.). Ils sont notamment considérés comme des perturbateurs endocriniens et la plupart sont classés comme substances toxiques pour la reproduction.

Dans le cadre de leur étude, les scientifiques se sont penchés sur les résultats de seize campagnes de suivi des femmes enceintes ayant accouché, entre 1983 et 2018, aux États-Unis. Onze métabolites de phtalates ont été recherchés. « La plupart des métabolites de phtalates ont été détectés chez plus de 96 % des participantes », note l'étude. Les auteurs ont évalué la baisse du nombre de naissances prématurées dans l'hypothèse où la contamination par les phtalates diminuait. En partant du postulat de 90 naissances prématurées pour 1 000 naissances, les chercheurs projettent qu'une réduction hypothétique du mélange de métabolites de phtalates de 10 % conduirait à une baisse de 1,8 cas de prématurés, de 50 % à 11 cas et de 90 % à 31,6 cas, soit une réduction d'un tiers.

L'exposition aux phtalates semble tout aussi importante en France. Ainsi, le programme national de biosurveillance Esteban avait montré, en septembre 2019, que l'ensemble de la population était exposé à au moins un phtalate, parmi les neuf recherchés. « La demi-vie de ces composés étant courte, ce constat démontre que les phtalates continuent d'être omniprésents dans l'environnement et les produits de consommation courante », avait alors indiqué Santé publique France.

Dans le contexte de la préparation de la troisième phase de la Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE), le Réseau environnement santé (RES) appelle à la création d'une Mission flash pour dresser les pistes pour une politique de décontamination des phtalates. « La publication américaine sur le lien prématurité-phtalates montre que des résultats peuvent être obtenus très rapidement, souligne l'association. Comme les phtalates sont éliminés quotidiennement par l'organisme et que les grandes sources de contamination sont connues, il est possible d'atteindre rapidement une diminution significative et des gains de santé conséquents », avance-t-elle.

Réactions3 réactions à cet article

 

pourrai-je avoir la référence de la publictaion de l'étude dans le JAMA?
merci

Boulard | 04 novembre 2022 à 23h29
 
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A ma connaissance, les phtalates DEHP, DBP, BBP et DIBP sont sur la liste REACh SVHC depuis au moins 10 ans. C'est à dire que POUR TOUT TYPE D'ARTICLE, et notamment de grande consommation, ils ne peuvent plus être introduits ou utilisés en UE si leur concentration est > 0.1%, à moins d'information au consommateur. Vu que leur usage principal est de plastifier/ramollir un plastique dur, autant dire que si < 0.1%, ce n'est pas la peine d'en mettre.
Depuis 10 ans, il aurait été intéressant de mettre les moyens pour un grand et sévère coup de balai sur ce qui entre ou circule en UE à ce sujet, plutôt que de faire une énième étude, ou un coup d'éclat des douanes uniquement au moment des importations de jouets de Noël.

nimb | 07 novembre 2022 à 08h56
 
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Bonjour,

Les références de l'étude sont : Associations Between Prenatal Urinary Biomarkers of Phthalate Exposure and Preterm Birth
Barrett M. Welch, PhD1; Alexander P. Keil, PhD2; Jessie P. Buckley, PhD3; et al
JAMA Pediatr. 2022;176(9):895-905. doi:10.1001/jamapediatrics.2022.2252

Vous disposez également d'un lien vers l'étude dans notre encadré "A lire aussi" en haut à gauche de l'article.

Bien cordialement

Dorothée Laperche Dorothée Laperche
07 novembre 2022 à 09h19
 
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