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Qualité des eaux en Loire-Bretagne : des efforts s'imposent

Un rapport du comité de bassin de Loire-Bretagne pointe que l'objectif de 66% de bon état écologique des masses d'eau en 2015 risque d'être difficile à atteindre.

Eau  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
Qualité des eaux en Loire-Bretagne : des efforts s'imposent

Pas d'amélioration significative : c'est le constat concernant l'état des eaux en Loire-Bretagne du comité de bassin. Cette évaluation, présentée le 3 octobre, s'est penchée sur les cours d'eau, les plans d'eau, les eaux littorales et souterraines. Elle montre ainsi que la proportion de masses d'eau en bon état (environ 30% de l'ensemble des masses d'eau) reste constante depuis plusieurs années. 654 cours d'eau n'auraient pas encore atteint leur objectif 2015 (soit 35% des cours d'eau du bassin). Les deux principaux responsables de dégradation de l'état écologique des cours d'eau sont l'eutrophisation et les altérations morphologiques.

Cette approche n'est toutefois pas complètement représentative de l'ensemble du bassin. L'analyse ne prend en effet en compte que les masses d'eau qui présentent des résultats avec un niveau de confiance moyen à élevé (soit 62% d'entre elles).

De nouveaux secteurs touchés par la pollution aux nitrates

Les secteurs préservés se situent en amont du bassin et dans la moitié ouest de la Bretagne. La région médiane du bassin, comportant une densité importante de population mais également une agriculture ainsi qu'une irrigation importante, est nettement dégradée. Elle souffre d'une faiblesse d'étiages naturels. "La situation est critique pour Loire-aval et côtiers vendéens", reconnaît le rapport.

Si des tendances à l'amélioration sont à noter pour le phosphore, cet élément demeure l'un des plus pénalisants vis-à-vis du bon état écologique. Concernant le nitrate, la dégradation semblerait s'accentuer sur les grandes plaines sédimentaires et s'amorcer sur des secteurs de reliefs jusque-là préservés.

Le principal facteur déclassant est l'eutrophisation

Pour l'état écologique des plans d'eau, ceux en bon ou très bon état ne dépassent pas 26%. 30% des plans d'eau sont toujours en état moins que bon (état 2011) et doivent atteindre le bon état ou le bon potentiel d'ici 2015, 30% sont en état moyen, et 44% sont en état médiocre ou mauvais.

"Il faut souligner que la variabilité interannuelle est assez élevée et que le réseau commencera à fournir une évaluation plus stable lorsque chaque plan d'eau aura été suivi au moins 2 voir 3 fois et/ou que des éléments de diagnostic complémentaire auront pu être développés", modère le rapport.

Le principal facteur déclassant est l'eutrophisation due aux excès de nutriments, en particulier de phosphore. "Des mesures curatives du type bassins de décantation en amont des plans d'eau sont souvent peu efficaces compte tenu des remaniements et des flux transportés lors des crues, détaille le rapport, elles peuvent néanmoins être envisagées dans certains cas très particuliers et à la condition que le curage et l'épandage correspondant soient parfaitement étudiés et autorisés".

Ce diagnostic de l'état écologique serait à compléter par un examen des perturbations engendrées par les cyanobactéries, sur les usages (eau potable et baignade), selon le rapport.

68% des eaux côtières en bon état

Les estuaires sont majoritairement (56,6%) en bon état écologique. Ceux qui n'atteignent pas le "bon état écologique" sont déclassés par les ulves (marées vertes) ou les poissons.

Concernant les eaux côtières, elles semblent majoritairement en bon état (68%). L'embouchure de la Vilaine s'avère toutefois dégradée par le phytoplancton et la baie du Mont Saint-Michel par les invertébrés benthiques.

Des évaluations non validées pour l'état chimique

L'analyse a également porté sur le bon état chimique des masses d'eaux. 41 substances ont ainsi été prises en compte. Toutefois au vue des difficultés techniques rencontrées, les évaluations n'ont pas été validées pour les eaux continentales. Seules les eaux marines, qui ont fait l'objet de mesures des teneurs dans la chair des crustacés, ont pu être approuvées.

Autre limite : "l'évaluation de l'état prend en compte les pesticides de façon partielle, estime le rapport, pour les eaux souterraines, les pesticides sont bien pris en compte et [ sont un facteur] déclassant pour 33% des masses d'eau. En revanche, pour les eaux de surface, la prise en compte des pesticides dans l'état écologique et chimique ne porte actuellement que sur 18 molécules, et ce au travers de seuils qui ne les rendent que rarement déclassantes, ces seuils étant supérieurs aux normes applicables pour l'eau potable".

En gardant à l'esprit cette mise en garde, les premiers résultats montrent que pour les 80% des cours d'eau suivis, 22% seraient en mauvais état chimique. Concernant les plans d'eau, 3% des masses d'eau sont en mauvais état chimique. "Des teneurs de plomb ont également été relevées pour certains plans d'eau de Bretagne mais en absence de valeur de référence du fond géochimique en plomb dissous et bio accumulable, il n'est pas encore possible de statuer sur l'état de ces masse d'eau", souligne le rapport. En revanche, toutes les masses d'eau côtières et plus des trois quarts des masses d'eau de transition apparaissent en bon état chimique.

Nitrates et pesticides affectent les eaux souterraines

Les masses d'eau souterraines affichent à 62% un bon état chimique. 31% seraient dégradées à cause des nitrates et des pesticides, (42% à cause des nitrates seuls, 27% à cause des pesticides seuls). Les masses d'eau en état chimique médiocre sont situées principalement sur le domaine sédimentaire et sur le Massif armoricain. Depuis 2008, le bassin n'a pas procédé à une évaluation quantitative des masses d'eau souterraines. A l'époque, 10 étaient classées en état quantitatif médiocre.

Réactions6 réactions à cet article

 

On assiste à une stagnation globale : ni dégradation, ni amélioration. Or deux paramètres ont vu une amélioration significative : les rejets urbains et les rejets industriels. Si globalement il y a stagnation, 'est qu'un troisième paramètre s'est dégradé : les pollutions diffuses agricoles. Mais l'usager doit continuer à payer pour être pollué d'un côté, et payer à nouveau pour être dépollué de l'autre. On lit dans le rapport de l'ingénieur des Mines LEVRAUT que le kilo de pesticides paye une redevance d'au maximum 3 euros, et qu'il en coûte 60.000 euros pour éliminer un kilo de pesticides dans l'eau. Le rapport est de 1 à 20.000. Internalisons les coûts externes de la "bouffe pas chère" et on verra qu'elle coûte au final bien plus cher que le bio. On sait que la pollution agricole coûte entre 50 et 90 milliards d'euros PAR AN (rapport fait par le Commissariat général au développement durable du MEDDM), soit plus que les excédents agricole à l'exportation.
Quant aux agriculteurs, ils vivent fort mal de leur métier,à part les céréales-killers qui squattent les chambres d'agriculture. Mais qu'importe à l'agro-business, puisque l'agriculture se fait au Palais Brogniart.

petite bête | 07 octobre 2013 à 11h14
 
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L'objectif ambitieux du bon état physico-chimique des masses d'eau prévu ne sera pas atteint en 2015, rien d'étonnant à cela puisque les Agences de l'eau avaient dans le collimateur une catégorie d'usagers qui s'avèrent être de bons boucs-émissaires.
Je veux parler des propriétaires de seuils et vannages qui étaient cités comme cause du mauvais état des rivières et il semble que la sagesse et le bon sens tende à l'emporter sur la démagogie du n'importe quoi qui était et qui existe encore de la part de certains administratifs n'ayant aucune connaissance du milieu hydrologique.
C'est dommage ses idéologues ont fait perdre un temps précieux, préjudiciable au retour du bon état de nos cours d'eau.
Je suis heureux de constater que "petite bête" met le doigt sur la principale cause et donne l'énoncé du problème à résoudre, comme on dit quand l'énoncé du problème est clairement établit, le problème est à moitié résolu.
Je rejoins les "écolos" quand ils commencent à parler de "mal bouffe" et qu'il faut soutenir et favoriser le bio, il faut se battre pour revenir à une terre nourricière et non à une terre simplement support de culture industrielle.

GASPARD | 07 octobre 2013 à 15h02
 
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Clairement, il existe des solutions alternatives au tout pesticides et au tout engrais. Sans passer au tout bio on peut déjà améliorer les cultures par une approche différente de l'agriculture.
Ainsi, cesser de retourner à tout va les champs pour y recréer un écosystème serait un bon moyen pour diminuer la quantité d'intrants si préjudiciables. Sans mauvais jeu de mots, les "petites bêtes" du sols font un travail formidables lorsqu'on les laisse le faire. Bien sur la transition prend du temps et il faudrait compenser les pertes liées au 2-3 ans d'adaptation. Mais cela serait des subventions efficaces.
Car on a pas fini de se mordre les doigts du tout pesticide. Ces derniers descendent progressivement dans les nappes... les 10 prochaines années verront l'explosion des pesticides dans les eaux potables, pour le plus grand bonheur des industriels vendant les système de potabilisation. Il y a urgence, on voit les "terres mortes" en Inde...
Enfin, au delà des agriculteurs, il y a les particuliers. Une source trop sous-estimé de pesticides et engrais. C'est par des politiques d'éducation "verte" qu'on arrivera à faire changer les comportements. Une TVA juste sur les pesticides et engrais particuliers est également bienvenue et ses effets (depuis 2012 je crois) devrait commencer à se faire sentir. Reste à y inclure les professionnels...

Ne l'oublions pas, la France est le premier pays européen consommateur de pesticides et engrais.

Terra | 08 octobre 2013 à 10h30
 
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Par ailleurs, concernant le bon état pour 2015, la région concernée est-elle l'une des régions bénéficiant de délais supplémentaires pour l'atteinte du bon état écologique ?
Il me semble que certaines régions peuvent avoir jusqu'à 2021 voir 2027 pour atteindre ce bon état eu égard aux caractéristiques spécifiques du bassin.

Terra | 08 octobre 2013 à 10h52
 
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Ce qui nous ferai gagner un temps précieux c'est l'interdiction de la vente libre d'intrants chimiques et de pesticides au particuliers, car comme le souligne petite bête c'est un immense gaspillage d'argent et de biodiversité!Je met la pression depuis des années aux communes laxistes pour de maigres résultats! Il faut taper une bonne fois pour toute du poing sur la table, c'est une guerre contre le vivant et contre nous avec des armes chimiques!
Défendons-nous c'est de la légitime défense!!!

redcloud | 08 octobre 2013 à 16h32
 
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La problématique avec les pollutions diffuses liées au effluents Phytosanitaires est que les exploitations agricoles du bassins ont encore en de lourde charges liés aux mises aux normes du dispositif PMPOA2/PMPLEE (Nitrate) et que l'equipement de pulvérisateurs modernes ou d'ouvrages de traitements des effluents Phytosanitaires (Phytobac, heliosec, Osmofilm....) avec une plateforme de lavage étanche a un certains coût malgré les subvention de l'Agence de l'Eau. Il ne reste plsu qu'a voir la volonté de l'Etat. On passera sur le discour de certaines Chambre d'Agricluture qui pronait le tout lavage au champs (sachant que c'est difficile)

Kathar | 09 octobre 2013 à 11h41
 
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