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Renouvelables : la complexification des contrats nourrit l'optimisme d'Engie

Engie compte tirer profit de la complexité des contrats pour atteindre ses objectifs de développement des renouvelables sur la période 2019-2021 et renforcer ses résultats financiers.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

En février, Engie dévoilait son plan stratégique pour la période 2019-2021. L'entreprise visait l'installation de 9 gigawatts (GW) de capacités renouvelables supplémentaires à l'échelle mondiale. Six mois plus tard, les responsables d'Engie en charge du secteur affichent leur optimisme. L'entreprise dispose d'ores et déjà des projets nécessaires pour atteindre sa cible, explique en substance Thierry Kalfon, directeur général de la global business line dédiée aux renouvelables. Surtout, l'entreprise compte sur les renouvelables et la complexité croissante des contrats pour améliorer ses résultats financiers : elle vise une croissance de 8 à 11 % par an du résultat opérationnel courant (ROC) tiré de cette activité. Celui-ci représente aujourd'hui 1,1 milliard d'euros, soit 20 % de l'ensemble du résultat opérationnel de l'entreprise.

8,5 GW déjà planifiés

Engie détient actuellement 24,4 GW de capacité de production à l'échelle mondiale, un chiffre ramené à 17,5 GW après consolidation et soustraction de la part correspondant à l'investissement réalisé par ses partenaires. L'entreprise est essentiellement implantée en Amérique du Sud (13,1 GW, soit 8,9 GW après consolidation) et en Europe (9 GW, soit 8,9 GW après consolidation). En termes de technologie, elle possède un gros portefeuille hydraulique en Amérique du Sud (12,2 GW, soit 7,9 GW après consolidation) ainsi qu'un important portefeuille éolien en Europe (3,6 GW, ramené à 2,5 GW). Pour les trois années à venir, elle compte ajouter 9 GW à son portefeuille, hors hydroélectrique. L'entreprise a déjà planifié 8,5 GW de projets : 1,3 GW a été installé au premier semestre 2019, 4,2 GW sont en construction et 3 GW sont "sécurisés". Elle dispose aussi d'un portefeuille de 2,8 GW supplémentaires qui devraient permettre de concrétiser les 500 mégawatts (MW) restant.

Au-delà de l'augmentation de ses capacités de production, l'entreprise se réjouit surtout de l'évolution du secteur. Portées jusqu'à maintenant par les Etats et les tarifs d'achat (notamment en Europe), les énergies renouvelables sont aujourd'hui tirées par les entreprises et les collectivités qui privilégient les contrats d'approvisionnement en électricité renouvelable (les PPA, pour Power Purchase Agreement). En 2018, les PPA signés ont porté sur une puissance totale de 13,4 GW à l'échelle mondiale, contre 6,1 GW en 2017.

Des clients de plus en plus exigeants

Engie note aussi que les PPA deviennent plus complexes : leur durée est plus courte et ils évoluent vers des offres d'approvisionnement 24h sur 24 et sept jours sur sept sur la base de la consommation réelle des clients (et non plus sur la fourniture de la production d'un parc telle qu'elle est produite). Les PPA doivent donc allier différentes sources de production, voire des moyens de stockage, pour répondre aux attentes des clients. La conséquence directe est une plus grande exposition des producteurs d'énergies renouvelables au marché de l'électricité. Engie y voit une opportunité car cela nécessite de solides compétences en termes de trading. Or les grands acteurs du secteur de l'énergie maîtrisent de longue date ce savoir-faire, contrairement aux acteurs plus petits et spécialisés.

Cette analyse explique l'optimisme d'Engie concernant ses futurs résultats financiers. L'entreprise estime être en mesure de proposer aux investisseurs financiers des projets "simples" de parcs sous contrat d'achat. Leur faible risque les assimile à des emprunts d'Etat bonifiés. Preuve de l'appétence des investisseurs pour ce type de projets, ils possèdent déjà près de la moitié du parc solaire européen. A l'autre bout de l'échelle, se trouvent les PPA complexes qui offrent des rendements bien plus élevés (le rendement est plus de deux fois supérieur à celui des parcs sous contrat d'achat). Et Engie estime être bien placée pour en tirer profit, grâce à son expérience acquise outre-Atlantique. Au 31 décembre 2018, l'entreprise avait déjà mis en service environ 500 MW de renouvelables par le biais de PPA. Elle ambitionne d'installer la moitié des capacités prévues d'ici 2021 dans le cadre de tels contrats.

Réactions1 réaction à cet article

 

L’écœurement... c'est le seul sentiment qui vaille. La planète va exploser, et les plus gros pollueurs jouent sur la réglementation pour encore s'enrichir. Autre façon de voir : qui est à l'origine de ces tarifications perverses ? Ces groupes odieux et leurs lobbys en ont bien évidemment les moyens.

dmg | 07 septembre 2019 à 18h26
 
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