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Risques industriels : le traitement des déchets est le secteur le plus accidentogène

Le secteur des déchets représente environ 20% des accidents enregistrés dans les installations classées en 2016. Les incendies y sont très fréquents mais les conséquences sont globalement moins graves que dans les autres secteurs industriels.

Risques  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

Le nombre d'accidents et incidents industriels en 2016 s'élève à 827 (contre 846 l'année précédente). Le secteur des déchets représente à lui-seul 165 de ces événements, soit près de 20% du total. Tels sont les chiffres mis en lumière par l'inventaire 2016 des accidents technologiques établi par le Bureau d'analyse des risques et pollutions industriels (Barpi).

En octobre 2016, ce bureau qui dépend du ministère de la Transition écologique a publié un panorama de l'accidentologie spécifique au secteur des déchets. Ces deux publications permettent de mieux comprendre les causes des accidents dans ce secteur et d'émettre un certain nombre de recommandations en conséquence.

Accidents plus fréquents mais moins graves

Premier enseignement : les accidents sont proportionnellement plus fréquents dans les activités de traitement que dans celles de transit, regroupement ou tri des déchets.

La majeure partie de ces accidents sont des incendies suivis par les rejets de matières dangereuses et les explosions. L'incendie se révèle en effet beaucoup plus fréquents dans le secteur des déchets (80% des accidents) que dans l'ensemble des installations classées (62%).

En revanche, les conséquences des accidents y apparaissaient moins graves que dans les autres secteurs industriels. "Les dommages sont principalement d'ordre économique (dommages matériels et pertes d'exploitation) ou environnemental (pollution atmosphérique principalement)", indique le Barpi. Ce dernier cite a contrario les explosions survenues dans un centre de traitement des métaux à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) qui a causé la mort de deux ouvriers sous-traitants le 12 mai 2016.

Défaillance profonde au niveau de l'organisation

 
Même si l'erreur humaine individuelle apparaît souvent comme la cause immédiate d'un accident, des défaillances plus profondes à l'échelle de l'organisation sont généralement en cause  
Barpi
 
Le bureau spécialisé du ministère de la Transition écologique identifie des scénarios accidentels récurrents : perte de contrôle de procédé (auto-inflammation, réaction d'incompatibilité), inflammation par un facteur exogène (point chaud, agression malveillante), perte de confinement d'un équipement entraînant une pollution du milieu, etc.

"Même si l'erreur humaine individuelle apparaît souvent comme la cause immédiate d'un accident (vérification insuffisante des déchets entrants, point chaud mal maîtrisé…), des défaillances plus profondes à l'échelle de l'organisation sont généralement en cause", expliquent les auteurs de l'étude. La source des problèmes, ajoutent-ils, provient souvent d'une identification incomplète des potentiels de dangers des déchets, qui conduit à de mauvais choix techniques, des procédures inadaptées et une formation insuffisante des employés.

Réactivation d'un point chaud sous l'effet du vent

Le Barpi émet des recommandations pour chaque scénario identifié, ainsi que pour quatre activités spécifiques : compostage, incinération, stockage, traitement de sous-produits animaux. Ainsi, à titre d'exemple pour le compostage, le ministère recommande un isolement des déchets susceptibles de réagir ensemble (refus de criblage très secs, broyats de déchets humides), une modification des procédures d'exploitation (limitation de la durée de stockage, augmentation de la fréquence de retournement et d'arrosage, augmentation de la fréquence des contrôles de température, augmentation des distances de sécurité, etc.) et l'acquisition de matériels adaptés aux contrôles (sondes de température suffisamment longues).

Des recommandations que l'exploitant d'un centre de compostage à Mornant (Rhône) aurait été inspiré de suivre. Ce dernier a en effet été victime d'un incendie qui a intoxiqué deux pompiers le 22 mai 2016 et a consumé 2.000 des 10.000 mètres cubes de déchets végétaux présents sur le site.

"Le départ de feu serait dû à la réactivation, sous l'effet des fortes rafales de vent, d'un point chaud lié à un précédent incendie survenu deux semaines plus tôt", analyse le Barpi. Suite à ce sinistre, l'inspection des ICPE a mis en avant plusieurs insuffisances ou non-conformités : surveillance insuffisante de la température des andains de compost en cours de maturation, non-respect de la distance d'éloignement réglementaire de 100 mètres par rapport à la déchetterie voisine, sol de la plateforme non étanche.

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