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Nucléaire : un Japon hésitant accueille la conférence de l'AIEA sur la sûreté

Alors que l'avenir du nucléaire japonais semble incertain, la préfecture de Fukushima a accueilli la réunion de l'AIEA sur la sûreté nucléaire. Faute de mesure concrète, la conférence a pointé l'importance du retour d'expérience.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
Nucléaire : un Japon hésitant accueille la conférence de l'AIEA sur la sûreté

C'est un Japon tiraillé par des mouvements contradictoires au sujet du nucléaire qui a accueilli du 15 au 17 décembre à Koriyama (préfecture de Fukushima) la Conférence ministérielle de Fukushima sur la sûreté nucléaire. Organisée par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), la conférence a surtout été l'occasion de partager le retour d'expérience et les connaissances acquises suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima. Aucune annonce significative n'a été faite à l'occasion des trois jours.

Créer une force d'action rapide internationale

Lors de la conférence organisée par l'AIEA, Delphine Batho, ministre de l'Ecologie, a proposé quatre mesures afin de renforcer la sûreté nucléaire au plan international.

"Pour renforcer la transparence, chacun de nous devrait rendre public le tableau de suivi des actions de la mise en œuvre du plan d'action sur la sûreté de l'AIEA." Telle est la première proposition de la ministre française qui publie en parallèle le suivi des actions françaises dans ce domaine. La transparence serait "un aiguillon vertueux qui nous oblige à la rigueur", juge Delphine Batho.

Le gouvernement français plaide aussi pour "rendre obligatoires les revues par les pairs" menées par trois services de l'AIEA : l'Integrated regulatory review service (IRRS) dédié à l'évaluation du cadre règlementaire, l'Operational safety review team (OSART) qui traite de la sûreté des installations nucléaires et l'Integrated nuclear infrastructure review qui concerne les infrastructures des pays en particulier lorsqu'ils souhaitent installer un réacteur nucléaire. Cependant, ces revues par les pairs obligatoires concerneraient "dans un premier temps (…) un groupe de pays volontaires".

La troisième proposition est la création d'une force d'action rapide à l'échelle internationale. Rappelant la constitution en France de forces d'action rapide mobiles pouvant intervenir en moins de 24 heures
sur le site d'un accident nucléaire, la ministre estime que "les pays qui ont développé ce type de dispositif au niveau national pourraient se coordonner afin d'organiser en commun des exercices".

Enfin, la France propose d'"aller vers un régime mondial de responsabilité civile nucléaire". Objrectif ? "Assurer aux populations concernées qu'elles bénéficieront, dans des conditions de mise en œuvre simples, de réparations équitables et garanties", avance la ministre qui rappelle qu'"aujourd'hui, seule la moitié des pays faisant appel à l'énergie nucléaire pour leur approvisionnement national ont adhéré à un régime international de responsabilité civile nucléaire".

Changement de gouvernement

Cependant, pour les Japonais, la principale actualité du week-end était ailleurs. Même s'agissant de l'avenir du nucléaire. En effet, l'électorat nippon était convié aux urnes pour des élections législative qui, comme attendu, ont abouti au renversement de la majorité de centre gauche du Premier ministre Yoshihiko Noda.

Alors que le gouvernement Noda avait proposé, sous la pression de l'opinion publique, une sortie du nucléaire à l'horizon de la décennie 2030, les élections législatives du 16 décembre ont donné une large victoire au parti conservateur favorable à l'atome. Si Shinzo Abe, qui devrait devenir le nouveau premier ministre, est resté prudent et n'a pas indiqué clairement ce qu'il entendait faire en matière d'énergie, son parti avait qualifié d'"irréaliste", l'abandon du nucléaire en 30 ans.

Cependant, si le gouvernement japonais escompte redémarrer certains réacteurs, les visites entreprises par la nouvelle autorité de régulation du nucléaire font l'objet d'une douche froide : après réexamen du risque sismique associé à trois centrales, leur redémarrage est compromis.

Le Japon redécouvre le risque sismique

Le risque sismique a-t-il était correctement évalué lors de la construction des réacteurs nippons ? Tel est le sujet qui anime actuellement les discussions entre la nouvelle autorité de sûreté nucléaire japonaise (qui sera pleinement opérationnelle en 2013) et les opérateurs des centrales. Les dernières évaluations réalisées sur les trois premiers sites visités par quatre géologues soulèvent des doutes. Au total cinq centrales doivent faire l'objet d'une révision des risques sismiques.

Les autorités ont débuté leur réexamen avec l'évaluation des centrales d'Ohi et Tsuruga, toutes deux situées au centre du Japon sur la façade maritime ouest. Concernant la centrale d'Ohi, dont les unités 3 et 4 sont actuellement les seules en activité au Japon, il semblerait que la faille qui passe ente les paires de réacteurs 1-2 et 3-4 soit active. Quant à la centrale de Tsuruga, le président de l'Autorité a jugé qu'il "serait difficile de donner le feu vert au redémarrage du réacteur 2", là aussi en raison du risque sismique. De même, l'ajout de deux nouvelles tranches à la centrale qui n'en compte que deux semble compromis.

Enfin, la semaine dernière l'autorité de sûreté nucléaire japonaise a expliqué que les premières observations de terrain semblent montrer qu'une faille active est proche de la centraleHigashidori, située au nord du Japon sur la façade maritime est. Les experts n'ont cependant pas encore rendu leur avis définitif, mais le cas semble suffisamment sérieux pour qu'une réunion soit prévue le 20 décembre pour évoquer le cas de cette troisième centrale évaluée.



Réactions1 réaction à cet article

 

La sûreté nucléaire Française comme modèle d'excellence
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Intervention-de-Delphine-Batho.html

livier68 | 22 décembre 2012 à 07h36
 
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