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Le principe de surveillance en continu de la qualité de l'air intérieur prend forme

À l'instar de l'air extérieur, les acteurs de la santé et du bâtiment cherchent à développer un système de surveillance de la qualité de l'air intérieur surtout pour les locaux accueillant du public. Les premiers systèmes de mesure sont en test.

Bâtiment  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
   
Le principe de surveillance en continu de la qualité de l'air intérieur prend forme
Système de surveillance pour l'indice de confinement
© CSTB
   
Sujet de préoccupation émergent depuis quelques années, la qualité de l'air intérieur fait l'objet de nombreuses recherches visant à mieux la caractériser. L'observatoire de la qualité de l'air intérieur (OQAI) créé en 2001, le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), l'Afsset ou encore l'Ineris ont mené plusieurs campagnes de mesures dans les logements et les établissements scolaires. Les polluants chimiques, les allergènes, les moisissures sont les principales substances pointées du doigt. Ces premiers résultats ont poussé les acteurs de la santé et du bâtiment à affiner les mesures et les techniques et surtout d'envisager des valeurs guides à ne pas dépasser afin de protéger la santé des occupants. L'Afsset a identifié 11 polluants prioritaires et a déjà proposé des valeurs guides pour le monoxyde de carbone, le benzène et le formaldéhyde.

Développer l'appareillage de mesure

En parallèle à l'instauration de valeurs guides, se développe la mesure des polluants et surtout la création « d'indices de pollution », système plus global que les appareils de mesure individuels. L'objectif est de développer des outils simples et peu coûteux, utiles pour l'action, utilisables par tous et qui permettraient de connaître l'état de la pollution de l'air dans les lieux de vie clos, a expliqué Yvon Le Moullec à l'occasion du colloque annuel de l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur. Plusieurs indices sont en cours d'élaboration : un premier indice permettra de maintenir une aération appropriée des locaux grâce à un capteur équipé de trois diodes et d'un détecteur de dioxyde de carbone. Lorsque la diode passera au rouge l'utilisateur de la salle saura qu'il faut aérer. Un second indice sera basé sur la prise en compte des contaminations de nature microbiologique (indice de contamination fongique) et de l'humidité. Enfin, un troisième indice servira à identifier la contamination chimique non spécifique. Les deux premiers indices sont actuellement en test sur 4 bâtiments d'enseignement (une école maternelle, une école élémentaire, un collège et un lycée) et deux bâtiments d'accueil de la petite enfance. Le troisième indice est encore en cours de développement.

À terme, l'objectif est de généraliser ce type de mesure dans les lieux recevant du public ou des populations sensibles. Cet objectif est d'ailleurs fixé dans le projet de loi Grenelle 2 et fera partie du deuxième Plan National Santé Environnement (PNSE 2). Les modalités de surveillance seront fixées par un décret, évolutif, fixant les catégories d'établissements dans lesquels la surveillance est obligatoire, et précisant selon les cas à qui incombe la responsabilité de la surveillance. Il est également prévu de faire porter la surveillance sur les gares, stations de métro ou aéroports, ainsi que les crèches ou les écoles, en tenant compte du nombre de personnes fréquentant ces lieux.

Pour limiter les sources polluantes et les expositions, le projet de loi Grenelle 1 prévoit de soumettre les produits de construction et de décoration à un étiquetage obligatoire (Fiche de Déclaration Environnementales et sanitaires) notamment sur les polluants volatils de type solvants. Les substances cancérigènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR) seront en outre totalement interdites.

Concilier qualité de l'air et économies d'énergie

Limiter les émissions de polluants et favoriser l'aération des logements sont donc les deux types d'actions prévus pour améliorer la qualité de l'air intérieur. Mais l'aération risque d'entrer en contradiction avec le renforcement de l'isolation des bâtiments prévu par le Grenelle. Les travaux de l'OQAI ont en effet mis en évidence l'existence d'une réduction sensible des débits de ventilation dans les bâtiments construits après la réglementation thermique du début des années 1980. Le risque d'un confinement plus important dans les bâtiments mieux isolés est donc bien présent, si on ne met pas en place les solutions appropriées, a expliqué Christian Cochet du CSTB.
L'enjeu va donc consister à aérer suffisamment sans déséquilibrer les besoins énergétiques. La maîtrise des mouvements d'air va ainsi prendre une importance croissante. Les consommations induites pour réchauffer ou rafraîchir l'air entrant pourront, en proportion de l'énergie totale nécessaire au bâtiment, représenter jusqu'à 40% des consommations dans les bâtiments les mieux isolés, prévient Christian Cochet.

Pour répondre à ce dilemme, seront sans doute privilégiés les systèmes de régulation de débits de renouvellement d'air associés à des systèmes de traitement et de récupération de chaleur. Ces orientations devraient favoriser d'importantes innovations technologiques dans les années à venir dont il conviendra d'évaluer l'efficacité et l'innocuité, prévient Christian Cochet. Le PNSE 2 prévoit d'ailleurs la mise en place de contrôle pour les ventilations déjà en place sous forme d'outils d'aide à la réception des systèmes de ventilation et de vérifications des performances y compris in situ.

Réactions3 réactions à cet article

 
dedans ,dehors

le tout n'est pas de faire une maison bien isolée ,on peut aller plus loin dans la démarche en utilisant des matériaux de construction ecologique ce qui permettra de diminuer les pollutions intérieures et ainsi solutionner les problémes d'energies liés a la ventilation,on peut egalement interdire les produits les plus polluants

lionel | 20 janvier 2009 à 19h05
 
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Re:dedans ,dehors

Bonjour,

Votre solution permettra seuleument de résoudre une partie du problème liée à la pollution intérieure. En effet, nous ne pouvons pas nous passer de ventilation, ne serait-ce que pour éliminer les pollutions et humidité anthropiques (cuisson d'aliment, respiration humaine,...).

Cordialement,

Lila | 22 janvier 2009 à 13h47
 
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Re:Re:dedans ,dehors

oui, et parlons aussi de radon! gérer le risque lié au radon permet de gérer le problème de l'humidité et de tous les types de polluants existants, puisque la principale solution est de ventiler. Et pour savoir si vous en avez, c'est très facile et peu couteux : un DPR2 d'ALGADE à 20 € et vous avez votre réponse!

m | 07 février 2009 à 21h17
 
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