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Le climatologue américain James Hansen préconise une taxe mondiale sur le carbone

Auditionné par la Commission du développement durable de l'Assemblée nationale, le célèbre climatologue américain de la NASA a démystifié « les contrevérités qui rassurent » des climatosceptiques et en a appelé à un sursaut des politiques.

Gouvernance  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com
Il y a les vérités qui dérangent et les mensonges qui rassurent. C'est sous cet angle lapidaire que James Hansen, climatologue américain, directeur du Goddard Space Institute de la NASA et activiste à l'origine de la campagne internationale ''350''1, a entamé sa présentation devant les députés de la Commission du développement durable, le 12 mai à l'Assemblée nationale.

Parmi les contrevérités visant à ''discréditer'' la science du climat, il y a celle selon laquelle la vague de froid de l'hiver dernier prouverait que la planète ne se réchauffe pas. James Hansen a souligné qu'au contraire, ces grands froids illustrent un changement important dans la direction des vents : ''lorsqu'il y a une pression élevée en Arctique, cela créé des hivers froids à des latitudes médianes'' .

Dans un article en cours de soumission à la Review of Geophysics, il démontre que les variations de températures, aux Etats-Unis et en Europe, sont dues à l'oscillation arctique, mais que le réchauffement demeure une tendance de fond qui se confirme : l'année 2009 aura été la deuxième année la plus chaude en moyenne sur le globe depuis 1880. Aux Etats-Unis, 8 des 10 derniers hivers et 8 des 10 derniers étés auront été plus chauds que la moyenne observée entre 1951 et 1980.

Puis il revient sur ''l'erreur himalayenne'' du quatrième rapport du GIEC (2007). Incontestablement, le GIEC a commis l'erreur de pronostiquer d'ici à 25 ans la disparition des glaciers himalayens. Reste que, selon le climatologue, ''les glaciers sont en train de disparaître rapidement. Une fois ces glaciers disparus, ce sont les rivières qu'ils nourrissent qui risquent de se tarir'' . En témoigne, clichés à l'appui pris en 1968 et en 2007, la fonte complète, entre ces deux dates, de la face nord du plus grand glacier du Mont Everest, le Rongbuk.

L'affaire des courriels détournés du climategate selon laquelle des scientifiques de l'université d'East Anglia auraient cherché à dissimuler des données minorant l'influence de l'activité humaine sur le climat est pour M. Hansen un non événement : ''Il n'y a pas de dimension cachée dans la communauté scientifique. Les programmes informatiques sont disponibles à tous !'' La science du climat n'est donc pas discréditée, ''au contraire'' : ''le changement de la température globale, le recul des glaciers, le déséquilibre énergétique de la planète confirment le diagnostic global'' .

Selon James Hansen, le problème n'est donc pas d'ordre scientifique, mais relève du fossé entre ce qui est compris par les scientifiques et ce qui est su par le grand public. Le climatologue suggère aux académies nationales des sciences de relayer auprès des citoyens le diagnostic de la communauté scientifique et l'urgence de prendre des mesures de réduction des émissions.

Donner un prix mondial au carbone

''La réalité, c'est que les gouvernements font l'autruche : on construit des centrales à charbon, on exploite les sables bitumineux, on extrait chaque dernière goutte de pétrole : tant que les combustibles fossiles resteront la source d'énergie la moins chère, les gouvernements la rechercheront'' , martèle-t-il devant les parlementaires français. Il y a un ''gouffre énorme'' entre la rhétorique et la réalité : les intérêts des fossiles sont protégés, dans un contexte de désinformation et de ''greenwashing'' gagnant. Et ce n'est pas la technologie du CCS (séquestration du CO2) qui répondra au problème : trop coûteuse et énergivore, elle est vouée à l'échec, selon M. Hansen.

Dans son dernier ouvrage, Storms of my Grandchildren , James Hansen lance une nouvelle alerte sur ''la catastrophe climatique à venir et notre dernière chance pour sauver l'humanité'' . Il constate que les politiciens ont échoué à connecter la politique à la science. Pire, ils répondent à la crise climatique par des remèdes inefficaces dictés par des intérêts particuliers. En l'occurrence, James Hansen est convaincu de l'inefficacité du système de cap and trade (marchés de quotas de carbone), préconisé à Kyoto par Al Gore en 1997 et inscrit au cœur de la loi climat-énergie qui vient d'être présentée par le Sénat américain.

De fait, ce marché carbone, outre qu'il est instable et truffé d'exemptions, va échouer à s'internationaliser. Selon M. Hansen, en aucun cas la Chine et l'Inde ne consentiront à plafonner leurs émissions, donc leur économie. ''En revanche, ces pays peuvent accepter un prix du carbone, parce qu'ils y ont intérêt. La Chine fait de gros investissements dans les énergies renouvelables et le nucléaire. Si le prix du carbone augmente, elle pourra accélérer le développement des énergies propres et les vendre à l'étranger'' . Pour l'Inde et la Chine, la priorité est de sortir du charbon et son cortège de pollutions locales et globales.

Infatigable, James Hansen ne désespère pas de convaincre le président Obama que c'est vers une taxe mondiale sur le carbone qu'il faut s'orienter, en partenariat avec la Chine. De Copenhague, il pense qu'au fond ''ce n'est pas mal qu'il n'y ait pas eu d'accord. Car Kyoto n'était qu'un marché carbone qui ne fonctionnait pas. Depuis Kyoto, les émissions n'ont fait qu'augmenter. Donc mieux vaut repartir à zéro et forger un système de prix efficace pour obtenir les réductions nécessaires'' .

Réactions5 réactions à cet article

 
Vivre mieux ou ne pas survire ?

James Hansen a désespérement Raison.

Nos pays industrialisé doivent impérativement passer à grande échelle au nucléaire de 3ème et 4ème générations à l'échelle planétaire et aux énergies renouvelables telles le photovoltaïque, l'éolien, la géothermie ou l'énergie marémotrice.

Le développement durable à travers toute la planète n'est plus un 'luxe de riches' à offrir mais une impérieuse nécessité.

De même l'agriculture 'bio' (càd sans pesticides ni engrais polluants les nappes phréatiques mais avec des engrais bio, des semences OGM 'au point', la distribution de tracteurs avec des prêts à taux 0 ou grâce au microcrédit voire à leur 'don' en échange des surplus de production à exporter, et un traitement complet de l'eau, depuis le pompage des océans, jusqu'aux réseaux de distributions.) ainsi qu'une éradication des maladies connues, une meilleure éducation grâce à la technologie déjà disponible et un conscientisation que nous sommes tous, tous antant que nous sommes interdépendants.

'L'effet papillon' de la mécanique quantique se vérifie tous les jours sur la planète, en innondations, propagations de conflits, migrations, maladies, paniques (notamment financières et économiques) mais aussi heureusement dans les progrès fleurissants de technologies combinées.

Il nous faut urgemment retrouver le cercle vertueux du Respect de l'autre et de la Terre dans un contrat gagnant-gagnant où le bien-être et le mieux- vivre feront que nos descendants auront un avenir radieux. Si nous ne le faisons pas, ils ne nous le pardonneraient jamais, sachants que nous savions et n'avions rien faits.

C'est par étapes, dans une longue persévérance déterminée, toutes les bonnes volontés unies, que nous y arriveront, mais ensemble et unis. L'égoïsme n'a plus sa place au XXIème siècle et est de surplus autodestructeur.

Un ami de la planète bleue.

Max | 18 mai 2010 à 02h26
 
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COMMENTAIRE

Au fait ,on en est déja à 390 ppm

jmh | 18 mai 2010 à 13h51
 
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A Max

Recours massif au nucléaire ?? Aujourd'hui il représente 6% des consommations énergétiques mondiales et doubler la taille du parc de centrale prendrait 20 à 30 ans alors de là à devenir majoritaire dans le bouquet énergétique... les réserves d'uranium seront épuisés (50 ans au rythme actuel) et le climat définitivement détérioré ! fausse piste !

Non, la seule piste possible c'est sobriété+efficacité+renouvelables ; le gros du potentiel étant dans la sobriété.

Xavier | 26 mai 2010 à 15h57
 
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A Max

Recours massif au nucléaire ?? Aujourd'hui il représente 6% des consommations énergétiques mondiales et doubler la taille du parc de centrale prendrait 20 à 30 ans alors de là à devenir majoritaire dans le bouquet énergétique... les réserves d'uranium seront épuisés (50 ans au rythme actuel) et le climat définitivement détérioré ! fausse piste !

Non, la seule piste possible c'est sobriété+efficacité+renouvelables ; le gros du potentiel étant dans la sobriété.

Xavier | 26 mai 2010 à 15h58
 
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la taxe mondiale

la taxe mondiale est vouée d avance à l echec par contre la responsabilité individuelle d un pays est certaiment plus touchable
y'a qu a établir un dossier utilisable pour chaque pays de la planete comme ça la punition de la taxe est bien distribuée evidemment la ressource energétique de chacuns restant différente (merci)

gabou | 19 juillet 2010 à 10h53
 
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