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Les territoires portuaires se préparent à l'éolien en mer

À compter de 2020, la France va faire un bond de géant avec la mise en service de ses parcs en mer. Un développement très attendu et qui commence à porter ses fruits dans les territoires portuaires, avec des chantiers imposants.

Energie  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Les territoires portuaires se préparent à l'éolien en mer
Actu-Environnement Le Mensuel N°407 Cet article a été publié dans Actu-Environnement Le Mensuel n°407
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Tous ces projets ont un même point de départ : les appels d'offres de l'État de 2011. Afin de préparer la création d'une filière française de l'éolien en mer, l'État a très vite demandé aux énergéticiens d'exposer toute leur chaîne logistique. L'éolien en mer est une industrie lourde qui a besoin de grosses infrastructures et d'espaces portuaires de qualité. Les gestionnaires de ports se sont donc très vite mobilisés, avec l'appui des élus locaux, pour répondre aux exigences de la filière. Ce qui a contribué à des investissements massifs. 220 millions d'euros ont, par exemple, été investis dans l'aménagement d'un terminal, dans le port de Brest, destiné aux énergies marines renouvelables (EMR).

Démarrés en 2017, ces travaux visent à créer un polder, étendue artificielle de terrain sur l'eau, de 40 hectares, dédié à l'éolien en mer (posé et flottant) et à l'hydrolien. La société espagnole Navantia sera la première à s'y installer et mettra en place une unité de pré-assemblage des fondations du futur parc offshore de la baie de Saint-Brieuc. Siemens Gamesa a, quant à lui, jeté son dévolu sur le port du Havre pour implanter son usine d'éoliennes. Et aujourd'hui tout se concrétise enfin : « Les 12 derniers mois sont l'année de la consécration, témoigne Emmanuel Ludot, directeur de la zone industrialo-portuaire du Havre. Nous avons signé les conventions d'occupation du domaine et la construction de l'usine a débuté. C'est un projet majeur pour le port ».

Le Havre s'attend à une activité foisonnante

Avec ses grands espaces peu occupés, ses axes routiers, ses accès à la mer et au fluvial, Haropa-Port du Havre a su convaincre. Mais ce projet a nécessité un investissement de 123 millions d'euros pour adapter le port aux exigences de l'éolien. « La nature des charges manipulées par cette industrie est particulière. Nous avons dû renforcer le quai Joannès Couvert, au sud du terrain, sur 400 mètres, afin qu'il puisse supporter 15 t/m2, et nous avons prévu la création d'une rampe roulier pour charger et décharger de lourdes pièces, sur le quai nord Hermann du Pasquier. Elle sera prête mi-2022 », explique Emmanuel Ludot.

 
Ce sont des projets imposants, par leur durée et par les enjeux associés, qui ont mobilisé tout le savoir-faire du port.  
Emmanuel Ladot, Haropa-Port du Havre
 
Le port accueillera également, sur le quai Bougainville, le chantier de construction des fondations d'éoliennes destinées au parc de Fécamp. Royal Boskalis Westminster N.V., en consortium avec Bouygues Travaux Publics et Saipem, construiront et installeront les 71 structures gravitaires en béton (GBS) de plus de 30 mètres de haut. En attendant leur installation en mer à l'été 2022, elles seront stockées sur le port. « Ce sont des projets imposants, par leur durée et par les enjeux associés, qui ont mobilisé tout le savoir-faire du port. Et tous les métiers portuaires en profiteront d'ici quelques mois : les entreprises de manutention vont être parties prenantes de la filière par exemple. Nous sommes d'ailleurs en train de structurer ces activités pour mettre en relation les industriels de l'éolien avec les entreprises locales », détaille Emmanuel Ludot.

Les ports de Normandie sont prêts

À Cherbourg, la place disponible a fait toute la différence : « Le port de Cherbourg avait historiquement des difficultés à trouver des leviers de développement. Il avait beaucoup d'espace vide. C'est devenu un atout phénoménal, explique Bertrand Marsset, directeur adjoint du Syndicat mixte Ports de Normandie, propriétaire des ports de Cherbourg, Caen-Ouistream et Dieppe. 42 hectares, aucun port n'était capable de l'offrir. » Ils ont d'ailleurs très vite été réservés pour l'usine de pale de LM Wind Power.

 
L'éolien terrestre aussi mobilise le trafic portuaire L'éolien offshore n'est pas la seule filière à favoriser l'activité des ports. L'éolien terrestre aussi, à travers les livraisons d'éoliennes, est une source de dynamisme. Le port de Dieppe a ainsi vu croître ce trafic maritime : de six navires accostant en 2007, le flux est passé à 55 en 2019 avec une pointe à 59 en 2017. Les éoliennes en provenance d'Allemagne, d'Espagne, d'Italie et du Portugal ont été installées en Normandie et dans les régions limitrophes. « Dieppe est très bien positionné sur ce créneau. Les navires arrivent avec des turbines, des pales et des sections de mâts. Ça nécessite une capacité d'accueil adaptée et de la place pour stocker. On est en train d'acheter du foncier supplémentaire », explique Bertrand Marsset, directeur adjoint du Syndicat mixte Ports de Normandie. Le port vient également de lancer une étude sur les points bloquants en matière de desserte routière pour accueillir les convois exceptionnels.
 
Depuis, un projet d'extension va augmenter cette surface de 39 ha supplémentaires et 18 ha ont été achetés dans l'arrière port « soit quasiment 100 ha dédiés aux énergies marines renouvelables. » EDF va d'ailleurs y créer les hubs d'assemblage dédiés aux parcs éoliens de Fécamp et Courseulles-sur-Mer. « Il faut stocker sur une même surface portuaire tous les éléments du parc. Certains éléments seront pré-assemblés sur le port afin d'avoir le moins de travail possible en mer », explique Bertrand Marsset. Le port a donc investi. Le quai des Flamands a été renforcé pour résister à 15 t/m2 et il a été équipé de grues exceptionnelles capables de lever jusqu'à 1 000 tonnes. Cherbourg accueillera également la base de maintenance du parc de Fécamp.

Caen-Ouistream est, quant à lui, le port de proximité du parc de Courseulles-sur-Mer. Il accueillera la base de maintenance, un bâtiment industriel qui abritera les postes de contrôle commande du parc et des pièces détachées à stocker, de même que la base-vie du personnel de maintenance. La base de maintenance du parc de Dieppe-Le Tréport sera, quant à elle, installée sur le port de Dieppe.

La Méditerranée se prépare à l'éolien flottant

Les ports de Marseille-Fos et de Port-la-Nouvelle, autour du bassin méditerranéen, empruntent aussi cette voie. 252 millions d'euros ont notamment été investis pour l'extension du port de Port-la Nouvelle afin d'y accueillir les chantiers d'assemblage des éoliennes flottantes. Sur les quatre projets pilotes, deux sont au large de Leucate-Barcarès et Gruissan. Elles devraient être mises en eau à partir de 2021-2022, pour une phase de test d'environ trois ans. Les travaux d'extension du port ont été lancés à l'automne 2019. Ils comprennent la création d'un nouveau bassin portuaire et d'un nouveau quai. Ces travaux devraient s'achever en 2023.

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