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Actu-Environnement

Les zones aéroportuaires : « des sanctuaires pour la biodiversité »

Pollution atmosphérique, sonore, les zones aéroportuaires ont plutôt mauvaise presse question environnement. Néanmoins, « 75 % de ces zones sont non exploitées, non artificialisées » et présenteraient donc une biodiversité relativement riche. Reportage.

Reportage vidéo  |  Biodiversité  |    |  Baptiste Clarke  |  Actu-Environnement.com

C'est avec Vincent Herledan, chargé d'étude naturaliste pour l'association Aéro Biodiversité, que nous sommes allés sur le terrain pour assister à des suivis scientifiques sur la biodiversité de l'aéroport de Castres (Tarn). Aéro Biodiversité est une association spécialisée dans ce domaine. Le conseil d'administration se compose de la DGAC, de deux compagnies aériennes, Air France et Air Corsica et du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN). L'objectif de l'association est de réaliser plusieurs fois par an des suivis scientifiques sur le terrain qui correspondent à des programmes nationaux avec des protocoles validés par le MNHN : transect papillon, planches à escargots, nichoir à pollinisateurs, tests vers de terre, indice ponctuel d'abondance d'oiseaux, vigie chiro pour les chauve-souris et spipoll, suivi photographique des insectes pollinisateurs. Les résultats sont surprenants. Voir le reportage vidéo.

L'association doit fournir un rapport de ces différents suivis puis proposer, aux gestionnaires des aéroports, des méthodes pour préserver au mieux cette biodiversité. Exemple, se passer des produits phytosanitaires ou réaliser des fauches hautes pour permettre aux différentes espèces de se reproduire plus facilement.

Rien qu'un petit aéroport comme Castres compte 100 hectares de prairie. Pour des raisons de sécurité, l'ensemble de la zone est clôturé, du coup, il y a très peu de piétinement. On y trouve quasiment toutes les espèces d'orchidées qui existent sur ce territoire et parfois même des espèces rares. Voir le reportage.

A l'échelle nationale, selon l'association, on compterait 38 000 hectares de prairies et d'espaces verts en rassemblant toutes les zones aéroportuaires. « Soit quasiment un petit parc naturel régional, explique Vincent Herledan. Sur la petite couronne parisienne 50 % des prairies sont situées dans les espaces aéronautiques, c'est énorme. Finalement ces zones sont indispensables pour le déplacement de certaines espèces. Des espaces qu'on peut intégrer dans les fameuses trames vertes et bleues (TVB). Les aéroports qui sont situés dans les zones urbaines ou péri-urbaines ont un vrai rôle de dispersion de nombreuses espèces d'oiseaux, d'insectes et de plantes.  75 % des zones aéroportuaires ne sont pas exploitées ou bétonnées. D'une certaine façon, les aéroports, surtout dans les zones tendues, où l'urbanisation est galopante, comme en Ile-de-France, auraient permis d'éviter d'artificialiser de nombreux hectares de prairies. »

Cela étant dit, la création de nouveaux aéroports induirait aussi une artificialisation des sols très importante...

Réactions5 réactions à cet article

 

Certes, ces espaces anthropisés sont des lieux où paradoxalement, l'humain fiche la paix à la biodiversité qu'il n'a pas totalement éradiquée... pour bâtir ses infrastructures. C'est un peu le cas avec les bords d'autoroutes, qui pullulent de mulots et autres campagnols dont se nourrissent buses et faucons crécerelles... jusqu'à la fatidique collision avec un 38 tonnes ; l'énergie cinétique étant généralement défavorable aux rapaces. En poussant le raisonnement à son terme, qui sait s'il ne faut pas déplorer l'abandon de Notre-Dame-des-Landes ? Quel magnifique sanctuaire de biodiversité nous aurions eu là, derrière les Airbus ! Et puis, réjouissez-vous, les générations futures, vous aurez bientôt sur vos balcons, entre vos pétunias et vos géraniums, de magnifiques ilots de nature, dignes d'un parc national miniature...

Tonton Albert | 16 septembre 2020 à 10h40
 
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Faut envoyer cet article aux zadistes de NDDL, ça les ferait rigoler...

Albatros | 16 septembre 2020 à 13h54
 
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La référence à NDDL est totalement déplacée puisqu'il s'agissait en l'espèce de construire une nouvelle infrastructure en lieu et place d'une existante et de surcroît sur une zone agricole. Le bilan en matière de biodiversité eut été effectivement catastrophique!
Ce dont parle l'article c'est des aéroports existants, construits pour la plupart il y a près d'un siècle ou pendant ou juste après le seconde guerre mondiale (par les allemands ou les américains, c'est selon...) et qui se retrouvent aujourd'hui dans des zones périurbaines compte tenu de l'extension des villes. Et force est de constater, même si ça défrise les opposants obsessionnels au transport aérien, que ces zones, dont 10 à 20% seulement sont artificialisées pour permettre aux avions d'atterrir et aux passagers de monter dedans, sont des réserves de biodiversité. Quant on compare ces zones aux territoires proches, qu'ils soient aménagés ou agricoles, il n'y a pas photo!
J'invite d'ailleurs, en matière de biodiversité, les contempteurs de l'aérien au profit du ferroviaire à comparer honnêtement (mais est-ce encore possible?) l'impact de ces deux modes de transport: avec 3 kms de piste on peut aller partout dans le monde, avec 1000 kms de voies ferrées on......relie deux villes!

adjtUAF | 16 septembre 2020 à 15h10
 
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Des études et suivis naturalistes récents démontrent en effet qu'une biodiversité sauvage relictuelle peut subsister dans les zones prairiales d'aéroports. C'est d'autant plu vrai que le trafic aérien est moins important. Idem pour les banquettes d'autoroutes, sous réserve bien sûr d'une gestion extensive adaptée, des bassins d'orage en terre (et non avec des bâches plastiques formant de redoutables pièges par noyade), des réserves foncières de zones de chalandise ou d'activité ou encore certaines friches industrielles. Mais elle reste inférieure à celle qui pouvait s'épanouir auparavant du temps où le secteur était occupé par une activité agricole de polyculture-élevage extensive.
Pour en revenir aux aéroports existants, la biodiversité relictuelle qu'ils hébergent est sans commune mesure supérieure à celle des grandes cultures voisines, où chimie, mécanisation rapide, puissante et répétée et standardisation à l'extrême du paysage détruisent le vivant sauvage (c'est d'ailleurs le but : faire en sorte que les cultures subissent le moins de concurrence possible afin de doper les fameux rendements). Là aussi, les suivis naturalistes le prouvent sans ambiguïté aucune.

Pégase | 18 septembre 2020 à 09h56
 
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@Pégase
Votre reconnaissance des effets positifs d'un mode de transport très décrié (parfois pour de bonnes raisons, souvent pour des mauvaises), sachant que vos convictions progressistes (car le progrès aujourd'hui n'est plus celui des XIXème et XXème siècles) ne font pas de doute (comme en témoigne les réactions que suscitent parfois vos commentaires) me convainc de votre honnêteté intellectuelle, ce dont, lecteur toujours attentifs de vos prises de position, je ne doutais que peu.

adjtUAF | 18 septembre 2020 à 10h28
 
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