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Un transport de marchandise encore majoritairement routier en 2050 ?

Transition écologique : l'avenir des villes en question Actu-Environnement.com - Publié le 04/11/2013

S'il devrait être plus vertueux, le visage du transport de marchandises dans le futur ressemblera probablement à celui que nous connaissons aujourd'hui.

Transition écologique : l'avenir des...  |    |  Chapitre 7 / 8
Un transport de marchandise encore majoritairement routier en 2050 ?
Environnement & Technique N°330 Ce dossier a été publié dans la revue Environnement & Technique n°330
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Le transport routier de marchandise restera prédominant dans le futur : c'est le constat du Ministère des transports dans son exercice de prospectives pour 2050. Il estime ainsi que même une augmentation significative (passage de 70 Mtk à 90 Mtk) du trafic ferroviaire et fluvial entre 2025 et 2050 ne diminuerait que de 4,5 % le transport routier en 2050. Plusieurs raisons expliquent aujourd'hui cette résistance : le coût plus élevé du transport ferroviaire, la précision du transport par camion et sa flexibilité.

Dans le futur, le contexte a priori favorable aux modes de transports combinés massifiés, dont l'augmentation du prix de l'énergie ainsi que l'engorgement sur quelques axes internationaux et de transit, nécessitera encore l'appui une politique européenne volontariste en la matière voir mondiale pour certaines mesures.

Interdire l'accès aux camions de plus de 6 ans

"Pour qu'il y ait une véritable inversion de tendance et que l'augmentation des coûts incite les transporteurs à davantage d'optimisation et la réduction des véhicules-km, la ville devra être plus contrainte sur le plan réglementaire  (interdiction des vieux camions et camionnettes) estime Laetitia Dablanc, directrice de recherche à l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux (Ifsttar), comme la ville de Londres qui interdit l'accès aux camions de plus de six ans".

Des mesures de régulation, telles qu'une taxe carbone, le durcissement des normes techniques des véhicules et des carburants, la hausse de la taxe à l'essieu, une politique de restriction des véhicules diesel, les péages urbains pour les camions de livraison, la régulation tarifaire spatiale ou temporelle des accès aux autoroutes, ou encore la limitations/régulations de vitesse sur les grands axes pourraient faire partie des leviers.

"Ils demanderaient cependant un engagement public, en termes de contrôles et verbalisation notamment, qui est aujourd'hui au-delà de ce que les autorités publiques locales sont capables de – ou souhaitent – mener", précise Laetitia Dablanc.

Une amélioration des performances des flottes

"Pour moi, le progrès sera davantage dans l'amélioration des flottes, avance Laetitia Dablanc, demain la ville sera davantage dédiée aux piétons, vélos… mais laissera également une place aux camions, car les transports de marchandises représentent un véritable service urbain, la voiture sera encore moins légitime".

Outre le développement des hybrides ou véhicules électriques ainsi que des carburants alternatifs au pétrole, les camions devraient également être plus silencieux pour autoriser les livraisons la nuit et réduire ainsi les congestions. Autre stratégie envisagée pour fluidifier le trafic : dédier des voies aux camions de transports de marchandises. Selon l'étude du Ministère des transports, des expérimentations de conduite automatisée des poids lourds sur des corridors spéciaux ont notamment été menées en Europe. "Elles démontrent la validité technique d'un guidage latéral et longitudinal des véhicules : il est notamment possible de réduire et de stabiliser les intervalles entre les véhicules grâce au guidage", précise le document du ministère.

"Dans le moyen terme, comme les consommateurs et les entreprises fractionnent de plus en plus leurs besoins de livraison, notamment avec le développement du e-commerce, la fréquence des flux augmentera", précise Laetitia Dablanc.

Du développement de l'usage de véhicules de plus gros tonnage à des efforts sur la gestion des flottes et sur les mutualisations, des gains d'efficacité seront donc encore nécessaires. Les petites entreprises de transports devraient également se regrouper en de plus grandes sociétés dans le futur.

"L'avenir du transport est dans la massification", confirme Pierre Houssais, directeur de la prospective et du dialogue Public du Grand Lyon.

Des plateformes logistiques dans les villes

Pour optimiser la partie terminale de la chaîne de transport, les plateformes logistiques de haute qualité environnementale devraient installer près des lieux de consommation, à l'intérieur des villes. Les derniers kilomètres seraient ensuite pris en charge par des véhicules peu impactant.

Un projet de recherche Lumd (logistique urbaine mutualisée durable) s'est intéressé aux possibles mutualisation des flux de livraisons le long de la chaîne logistique grâce à une plateforme logicielle qui assurerait la mise en relation des acteurs. L'outil réaliserait une adéquation entre les offres de service de transport ou de stockage et les demandes.

L'objectif visé ? Améliorer le remplissage des camions, augmenter le transport modal, réduire les km parcourus, optimiser les espaces logistiques et développer le commerce de proximité.

Un obstacle de taille reste toutefois à contourner : inciter des entreprises concurrentes à collaborer et offrir une place dans leur camion plutôt que chercher de nouveaux clients.

Une autre option est aujourd'hui envisagée par Siemens. L'entreprise envisage d'intégrer une fonction de fret urbain dans un métro tout automatique pour des applications de petites messageries, livraison Internet et de produits frais. Cette fonction s'insèrerait dans le trafic grâce à un chargement-déchargement des containers rapide (en moins de 20 secondes). A plus large échelle, cette solution semble néanmoins difficile à reproduire. "Je ne crois pas trop au développement du métro ou tramway transportant de la marchandise: nous avons trop besoin d'eux pour transporter les usagers, dans les très grandes villes il y a peu de sillons disponibles et de nouvelles infrastructures coûteraient chères", oppose toutefois Laetitia Dablanc.

Dorothée Laperche

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Reproduction interdite sauf accord de l'Éditeur.

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