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Airparif dresse un bilan mitigé de la qualité de l'air de l'Ile-de-France en 2005

Airparif vient de dresser le bilan de la qualité de l'air en 2005 en Ile-de-France. Des efforts sont à noter, mais des progrès restent nécessaires pour atteindre les objectifs de réduction de la pollution de l'air fixés par l'UE pour 2010.

Risques  |    |  Carine SeghierActu-Environnement.com
   
Airparif dresse un bilan mitigé de la qualité de l'air de l'Ile-de-France en 2005
   
Airparif, organisme chargé de la surveillance de la qualité de l'air en Ile-de-France, vient de dresser le Bilan de la qualité de l'air en 2005 en Ile-de-France. Des efforts sont à noter, mais des efforts restent à poursuivre pour atteindre les objectifs de réduction de la pollution de l'air fixés par l'Union européenne pour 2010.

Les améliorations notables concernent le dioxyde de soufre, grâce à des gros efforts industriels, le monoxyde de carbone, les oxydes d'azote, le benzène et enfin le plomb qui a disparu de l'essence.

Grâce à l'amélioration technologique des véhicules et l'installation de pots catalytiques sur les voitures, les parts des oxydes d'azote et du monoxyde de carbone ont nettement diminué.
Par rapport à 2004, les niveaux moyens d'oxydes d'azote relevés en 2005 ont été diminués de 3% en situation de fond (pollution ambiante) et de 8% à proximité du trafic. Ceux de monoxyde de carbone ont baissé de 7% le long du trafic.
Entre 1994 et 2005, les concentrations des NOx ont baissé d'environ 40% en situation de fond et à proximité du trafic et, pour le CO, de 68% à proximité du trafic.

En raison de la diminution à l'échelle européenne des teneurs en benzène dans les carburants depuis 2000, en 2005 par rapport à 2004 les teneurs de ce polluant sont stables en situation de fond et sont en diminution à proximité du trafic.
Depuis 1994, Airparif a pu observer une baisse importante des niveaux de ce polluant de 76% en fond et 82% à proximité du trafic, mais les objectifs de qualité français (2 microgrammes/m3) ne sont pas respectés sur les axes routiers les plus importants.

Malgré ces progrès, trois polluants, le dioxyde d'azote, les particules fines inhalables et l'ozone, restent très problématiques et ne permettront pas à la région île de France et en l'absence d'efforts particuliers, d'atteindre les objectifs de réduction de la pollution de l'air fixés par l'Union européenne pour 2010.

Concernant le dioxyde d'azote, l'objectif de 40 microgrammes/m3 est dépassé de façon chronique sur 24% du réseau routier d'Ile-de-France et Airparif a estimé qu'en 2005, trois millions de personnes avaient été exposées à un air dépassant cette norme.
Par rapport à 2004, l'organisme a observé en 2005, une très légère sur les stations à proximité du trafic routier. De plus, Airparif note une stabilité des teneurs moyennes sur les stations de fond de l'agglomération, contrairement à la baisse amorcée ces dernières années.
En effet, la tendance observée était nettement à la baisse en situation de fond (- 14 % entre 1992 et 2005) et en légère hausse à proximité du trafic (+4 % depuis 1994). Cette situation s'expliquerait par les caractéristiques chimiques du dioxyde d'azote : polluant dit « secondaire » provenant de la réaction chimique entre le monoxyde d'azote et l'ozone. Les teneurs toujours élevées de monoxyde d'azote sur les voies de circulation, associées à un niveau de fond d'ozone croissant, créent des niveaux soutenus de dioxyde d'azote le long des grands axes de circulation.

Concernant les particules fines (PM10, particules en suspension dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres et qui représentent un risque respiratoire) les niveaux en 2005 sont relativement stables à proximité directe du trafic et en légère amélioration en situation de fond.
Entre 1997 et 2005, les PM10 ont baissé de 25% en moyenne sur les stations de fond et de 32% à proximité du trafic, mais cette tendance à la baisse se ralentit depuis 2000. À ce rythme, l'Ile de France ne respectera pas les objectifs fixés par l'UE :
Alors que le niveau moyen est déjà supérieur à la valeur européenne limite à atteindre en 2010 (30 microgrammes/m3), le seuil toléré sera prochainement ramené par l'UE à 20 microgrammes/m3.
De plus, avec 57 à 91 jours de dépassement sur les stations trafic, la région ne respecte pas l'objectif de 35 jours de dépassement autorisés du seuil journalier de 50 microgrammes/m3.

En ce qui concerne les PM2,5, particules en suspension dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, une relative stabilité des niveaux annuels est enregistrée en Ile de France entre 2004 et 2005. En situation de fond, la tendance est stable entre 2000 et 2005 et à proximité du trafic, une baisse régulière est observée depuis 1999.

Enfin, s'intéressant à l'ozone, Airparif note que depuis une dizaine d'années, les moyennes annuelles augmentent régulièrement dans l'agglomération parisienne.
Au cours des dernières années, les niveaux moyens d'ozone sont en augmentation constante d'années en années avec un doublement des niveaux en 15 ans. Cette observation se vérifie à l'échelle de tout l'hémisphère Nord où les niveaux de base d'ozone ont ainsi été multipliés par 5 en l'espace d'un siècle. En revanche, les niveaux maximums sont eux plutôt en baisse.
Chaque année, en période estivale, l'objectif de qualité annuel relatif à la protection de la santé (110 microgrammes/m3 sur une période de 8 heures) est dépassé sur l'ensemble de la région : 25 jours de dépassement dans l'agglomération et 33 jours en zone rurale ont été constatés en moyenne en 2005.

S'intéressant aux épisodes de pollution, Airparif constate qu'aucun dépassement n'a été constaté pour le dioxyde d'azote. Par contre, concernant l'ozone, même si l'année 2005 n'a pas connu de seuil d'alerte (fixé à 240 microgrammes par m3), le seuil d'information du public (fixé à 180 microgrammes/m3) a été déclenché 7 fois.

Mais rappelons que le dispositif avait été modifié : un nouvel arrêté inter préfectoral d'information et d'alerte avait été mis en place en août 2005 et qu'il n'y a pas eu de déclenchement de cette nouvelle procédure depuis sa mise en place. Alors qu'auparavant, le dispositif distinguait trois zones (l'agglomération parisienne comprenant Paris et petite couronne, et deux zones de grande banlieue dites rurales) le dispositif s'applique désormais uniformément sur l'ensemble de la région. Le nouveau dispositif conserve le seuil d'information de l'ozone à 180 microgrammes/m3 sur une heure, mais crée deux seuils intermédiaires d'alerte à 240 microgrammes/m3 sur trois heures et 300 microgrammes/m3 sur trois heures avec un seuil d'alerte maximum à 360 microgrammes sur une heure comme précédemment.

Du point de vue de la santé, les effets de l'exposition de l'ozone troposphérique et les particules (poussière fine) peuvent aller des troubles respiratoires légers au décès. L'ozone n'est pas émis directement, mais résulte de réactions entre les composés organiques volatils (COV) et les oxydes d'azote sous l'effet du rayonnement solaire. Les particules peuvent être émises directement dans l'air (particules dites «primaires») ou se former dans l'atmosphère (particules dites «secondaires») à partir de gaz tels que le dioxyde de soufre, les oxydes d'azote et l'ammoniac (NH3).

Les écosystèmes sont également endommagés par les dépôts de substances acidifiantes (oxydes d'azote, dioxyde de soufre et ammoniac) qui entraînent la disparition d'espèces végétales et animales. En effet, l'excès d'azote nutritif, sous forme d'ammoniac et d'oxydes d'azote, peut perturber les communautés végétales et s'infiltrer dans les eaux douces, causant dans les deux cas une perte de diversité biologique («eutrophisation»). L'ozone troposphérique, cause quant à lui des détériorations physiques et ralentit la croissance des cultures, des forêts et des plantes. Par ailleurs, la pollution atmosphérique attaque les matériaux, d'où une dégradation des bâtiments et des monuments.

L'Observatoire régional de santé (ORS) d'Ile-de-France a publié en septembre dernier, les résultats d'une étude* visant à évaluer les liens à court terme entre niveaux de pollution atmosphérique et visites médicales à domicile réalisées par SOS-médecins pour pathologies respiratoires sur la période 2000-2003.
Cette étude qui couvre Paris et des trois départements de la proche couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), s'inscrit dans le cadre du programme ERPURS** (Evaluation des risques de la pollution urbaine sur la santé) et s'intéresse à deux indicateurs de pollution : les indicateurs de pollution particulaire (PM10, PM2.5) et le dioxyde d'azote.
Cette étude a montré notamment l'existence de liens significatifs entre les niveaux de pollution particulaire (PM2,5 et PM10) et le nombre de visites médicales à domicile effectuées par SOS-médecins pour des affections des voies respiratoires supérieures et inférieures. Elle a montré également que les risques sanitaires associés aux variations des niveaux de PM2,5 sont plus élevés que ceux constatés pour les variations des niveaux de PM10.

Une étude Airparif menée à l'échelle de la capitale est actuellement en projet avec la Ville de Paris afin de prendre en compte des paramètres tels que la composition du parc roulant (type de véhicule et âge), le nombre de véhicules ou le type de voie (grand boulevard ou petite rue encaissée), ainsi que les variations de la vitesse du trafic observées selon l'heure de la journée.

Rappelons qu'Airparif avait déjà mené des études localisées : en 2002, dans le cadre du projet européen HEAVEN, sur la rue de Rivoli et les boulevards de Strasbourg et de Sébastopol et en 2003, avec la caractérisation de la zone d'impact et des variations des niveaux de pollution au sein de l'échangeur de la porte de Bagnolet. Les résultats de cette dernière concluaient que le boulevard périphérique parisien polluait fortement à 150 m à la ronde et ce, jusqu'à 400 mètres.


*Évaluation des risques de la pollution urbaine sur la santé : analyse des liens à court terme entre niveaux de pollution atmosphérique et visites médicales à domicile (2000-2003) pour pathologies respiratoires. http://www.ors-idf.org/

**Le programme ERPURS a été mis en place par l'Observatoire régional de santé d'Île-de-France en 1990 à la demande du Préfet de Région et du Président du Conseil régional suite aux épisodes de pollution atmosphérique survenus pendant l'hiver 1989 dans la région
Les premiers résultats du programme ERPURS ont été publiés en 1994 et portaient sur la période 1987-1992. Ils montraient un lien significatif entre les niveaux de pollution couramment observés en agglomération parisienne et des indicateurs sanitaires variés : mortalité, hospitalisations, visites médicales à domicile et arrêts de travail (Medina et al. 1994). Ces résultats ont été confirmés par ceux publiés en 1998 et portant sur la période 1991-1995 (Medina et al. 1998) qui montraient un léger accroissement des risques par rapport à la première période d'étude aussi bien en terme de mortalité que de morbidité liées à l'appareil circulatoire ou respiratoire. La dernière étude publiée en 2003 concernait la période 1987-2000 (Campagna et al. 2003) et portait uniquement sur des indicateurs de mortalité et de morbidité hospitalière.

Réactions3 réactions à cet article

 
incohérence

Il ressort de l'article auquel je réagit que la qualité de l'air est mauvaise à Paris et même en infraction avec les normes européennes.

Cependant la consultation régulière du site airparif laisse croire que la qualité de l'air est généralement bonne (couleur bleue).

Il est triste que la conclusion à en tirer ne soit pas même surprenante et si souvent vue.

Quand le citoyen sera-t-il considéré comme adulte?

kromarek | 16 janvier 2006 à 19h08
 
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Sans sujet

Pas de message

Anonyme | 19 mai 2006 à 07h33
 
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enquete sur Val argenteuil

Bonjour,

Comment pouvons nous faire pour mesurer la pollution de notre quartier . Depuis que j'habite à côté de la gare de Val Argenteuil 1999- nous sommes regulierement pollué, par de mauvaises odeurs exterieures pendant la nuit et au petit matin ( y c le week end) , odeurs qui s'infiltrent dans les appartements et qui personnellement vont jusqu'à me reveiller me donner des nausées me pique la gorge et le nez et me font penser que nous sommes en train d'être "contaminé".

Que puis je faire pour savoir de quoi est composé cet air pollué ?

Vous remerciant de l'attention que vous porterez à ma demande

Isa | 24 avril 2007 à 03h56
 
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