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Belle-île-en-mer se prépare à affronter une nouvelle sécheresse et opte pour le dessalement d'eau de mer

Confrontée à une pénurie sévère et prolongée d'eau depuis le printemps dernier, Belle-île-en-mer se dote de deux installations de dessalement d'eau de mer. Elles seront opérationnelles en avril et juin prochain.

Biodiversité  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
À l'instar de ce qui se passe sur le continent, l'île bretonne de Belle-île-en-mer est confrontée depuis deux ans, à une pénurie d'eau. En 2005, il a plu 373 mm à Belle-Île pour une moyenne habituelle de 692 mm. C'est le niveau le plus bas observé depuis 1947, année des premiers relevés pluviométriques de l'île. Au début de l'année 2004, le niveau des réserves disponibles pour l'alimentation en eau potable de l'île s'établissait à plus de 500.000 m3. Il était légèrement supérieur à 300.000 m3 au 1er janvier 2005 et avoisine les 50.000 m3 au 1er janvier 2006 alors que la consommation annuelle en eau potable de l'île s'élève à 550.000 m3.
Ainsi depuis mars 2005, de nombreuses mesures ont été prises notamment un arrêté de restriction d'eau et un ravitaillement en eau douce par bateaux. La faible quantité d'eau disponible faisant craindre une dégradation de sa qualité et des risques de non potabilité, un ravitaillement et une distribution de bouteilles d'eau ont été nécessaires. D'autres aménagements ont parallèlement été réalisés comme par exemple la recherche d'eau souterraine et l'installation de nouvelles stations de captage d'eau de ruissellement. Mais les recherches n'ont rien donné et il ne pleut toujours pas. Récemment les réserves de l'île ont été réapprovisionnées par bateaux et disposent actuellement de 113.000 m3. Depuis le 13 février dernier, les habitants et touristes actuellement présents sur Belle-île-en-mer peuvent de nouveau consommer l'eau du robinet et la distribution hebdomadaire d'eau embouteillée a été suspendue.

Alors que s'annonce un nouvel été de sécheresse l'île va se doter de deux installations de dessalement d'eau de mer qui seront mises en place par Saur France. Une première unité mobile, en cours d'installation à proximité de la plage des Grands-Sables, sera opérationnelle à compter d'avril prochain. D'une capacité de 25 m3/h, cette unité va augmenter la quantité d'eau disponible sur l'île de 100.000 m3 supplémentaires. La Communauté de Communes de Belle-île-en-mer s'appuiera sur la solidarité départementale et le concours de l'Agence de l'Eau pour financer cette opération.
Une seconde station d'une capacité identique viendra compléter ce dispositif début juin, portant la capacité d'approvisionnement en eau potable à 50 m3/h, soit 1.000 m3/jour. La production journalière de ces deux stations mobiles de traitement renforcera les ressources disponibles sur l'île évitant ainsi la situation critique de fin 2005. L'exploitation de ces deux unités, prévue jusqu'à la fin 2006, pourrait être prolongée en cas de besoin.
Conçues et réalisées par la Société Lorientaise de Construction Electromécanique (SLCE), ces stations de traitement d'eau utilisent la technologie de l'osmose inverse qui, par filtrage, retient de 98 à 99% du sel ainsi que les bactéries et micro-organismes contenus dans l'eau de mer. Un mètre cube d'eau potable est ainsi produit pour 3 m3 d'eau de mer pompés.

À plus long terme, la Communauté de Communes de Belle-île-en-mer a prévu de lancer deux nouvelles études pour résoudre son problème d'approvisionnement en eau. La première concernera la recherche d'eau de ruissellement souterraine. La seconde aura pour objet d'étudier les différentes solutions tendant la mettre à l'abri de telles pénuries : usine fixe de dessalement, canalisation sous-marine…Toutes ces solutions seront étudiées, aucune ne sera privilégiée, aucune ne sera écartée, a déclaré Jean-Yves Bannet, président de la Communauté de Communes.

Parmi toutes les techniques possibles, nombreuses sont les îles qui optent pour le dessalement d'eau de mer et plus particulièrement les îles touristiques qui voient leur consommation d'eau augmenter considérablement en période estivale. C'est le cas par exemple de Majorque (Baléares) dont l'usine couvre entre 12% et 25% de son approvisionnement selon la saison.
Aujourd'hui, la production mondiale d'eau douce à partir d'eaux saumâtres ou salées dépasse 25 millions de m3 par jour. Les principaux pays producteurs sont : l'Arabie Saoudite (25 %), les États-Unis (15 %), les Émirats Arabes Unis (10 %) et le Koweït (5 %). Le développement de la technologie de l'osmose inverse a permis de réduire les coûts et de participer au développement de la filière. Entre 1990 et 2001, le procédé est passé de 40 à 53% de part de marché et devrait atteindre les 70% à l'horizon 2020. L'Espagne, l'Algérie et la Chine ont déjà choisi le dessalement d'eau de mer pour assurer leur approvisionnement en eau potable. Londres y songe également à partir des eaux de la Tamise. Un projet est en cours pour l'installation d'une usine de dessalement implantée dans la commune de Newham, à l'est de Londres. Utilisant la technologie de l'osmose inverse, la station aura une capacité maximale de production quotidienne de 150.000 m3 correspondant à la consommation de 900.000 personnes. Sa mise en service est prévue pour 2008.

Réactions8 réactions à cet article

 
Bernard THIERRY

Cela représente quelle énergie par mètre cube d'eau produit?

association DARLY | 23 mars 2006 à 13h30
 
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Re:Bernard THIERRY

C'est exactement la réflexion que je me faisais. Le processus d'osmose inverse consomme beaucoup d'énergie (tant à la construction qu'à l'exploitation), électrique en l'occurence et qui vient du continent. On ne fait donc que déplacer le problème et le seul bénéficiaire de l'opération est la SAUR.

Belle île devrait s'orienter vers une usine fixe de désalement par évaporation-condensation utilisant directement l'énergie solaire. Il y a la place pour le faire à Belle Île, à condition que cela soit pris en régie par la communauté de communes car les solutions simples réellement économiques et écologiques n'intéressent pas les industriels.

nicole | 23 mars 2006 à 14h19
 
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Re:Bernard THIERRY

Le systeme à energie solaire ne dois pas atteindre le même rendement que celui de l'unité mobile. je me trompe?

L'avantage de l'unité mobile c'est qu'elle est ...mobile. Une station solaire serait elle construite avant l'été?

thomas CAZAU | 23 mars 2006 à 17h46
 
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Re:Bernard THIERRY

Qu'est-ce que vous entendez par rendement ? quand d'un côté on consomme (beaucoup) d'énergie et que de l'autre on utilise une énergie gratuite (qui est "consommée" qu'on l'utilise ou non.
Si vous parlez de quantité produite, il suffit d'adapter la surface au besoin. C'est pourquoi je disais qu'à Belle Île il y a la place.
Pour la mobilité ce n'est pas un avantage en terme de durabilité, ça ne peut être qu'un dépannage. Une installation durable est forcément fixe.
Peut-êlle être construite avant l'été, non. Mais le problème ne va pas disparaître le 21 septembre 2006.

nicole | 24 mars 2006 à 23h02
 
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Re:Bernard THIERRY

Sur le principe d'un systeme durable je suis entièrement convaincu. A terme, l'utilisation d'un système durable comme celui à l'enegie solaire est préférable. Doit il être centralisé (une grosse unité de production) ou décentralisé (équipement autonome)?

Mais devant l'urgence de la sécheresse (les réserves sont au dixème de la consommation annuelle) il est clair que l'unité mobile est la réponse à l'urgence pour permettre une transition.

Sait-on quelle surface de solaire, faut-il pour produire les 1000 m3/J que produiront les unités mobiles et qui sont encore inférieure au besoins journalier (calcul grossier du besoin: 550 000/365= 1500m3/J)

Thomas CAZAU | 25 mars 2006 à 14h43
 
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solution précaire

Je trouve ça bien de trouver des solutions d'appoint à la pénurie d'eau et le désalage est un bonne idée, mais le problème de fond n'et pas résolu. Il faut continuer et intensifier les politiques d'économies d'eau au quotidien et industrielles.
Quelqu'un pourrait m'expliquer comment fonctionne le fait de récupérer l'eau par évaporation?

clochette | 29 mars 2006 à 15h56
 
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Re:Bernard THIERRY

Mettre en place une unité mobile est une solution pour ne pas mettre en péril la saison touristique.
Encore une fois, les pouvoirs publiques financent une fuite en avant : produire plus d'eau et non pas consommer moins.
Et puis dessaler l'eau de mer implique un rejet d'eaux saumatres : où se fait-il? en mer?
Quand les usines de dessalement fleuriront le long des côtes, l'eau de mer ne sera-t-elle pas à termes encore plus salée?
Mettre des panneaux solaires ne fait pas de ce projet un projet "écolo" ou "durable".
Le homo tourismus est-il à ce point stupide pour ne pas accepter qu'en 2006, hé bien, oui, il paiera plus cher son séjour à Belle-Ile et non, il n'aura droit qu'à une douche par jour ! Cela gachera-t-il pour autant son séjour sur cette ile superbe?
Mais, il est vrai que je suis chevelu et barbu, ayatollah de la parole verte.

Xéno | 30 mars 2006 à 13h46
 
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Re:Bernard THIERRY

les niveaux d'eau à Belle Ile sont revenus ces deux derniers mois à un niveau normal et d'après certaines déclarations sur les médias locaux l'usine de dessalement est sur l'ile à titre d'essais. Il est peut etre dommage de laisser penser que Belle Ile revivra cette année une autre pénurie semblable à celle de 2006

kervi | 06 mai 2006 à 12h53
 
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