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Kyoto : l'Agence Européenne de l'Environnement presse les États membres de passer à la vitesse supérieure

Selon un rapport de l'Agence européenne pour l'environnement, si les États membres n'appliquent pas sans délai les contraintes fixées, n'adoptent des mesures efficaces, et sur-alloue des quotas d'émissions, l'objectif de Kyoto ne sera pas respecté.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
Selon un rapport* récent de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) et de son centre thématique européen «Air et changements climatiques» (CTE/ACC), si l'Union européenne veut atteindre son objectif collectif de Kyoto, tous les États membres doivent prendre sans délai des mesures efficaces afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Le rapport montre en effet que l'UE des 15 ne réduira ses émissions d'ici 2010 que de 0,6% si elle s'en tient aux seules mesures déjà mises en œuvre. Rappelons que l'objectif de Kyoto vise à réduire de 8 %, d'ici à 2012, les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990 ! La seule option possible pour atteindre l'objectif de l'UE-15 reste donc de mettre en œuvre toutes les mesures gouvernementales existantes et prévues, et de recourir aux mécanismes de Kyoto et aux puits de carbone.

Le rapport estime en effet qu'en tenant compte des mesures et politiques nationales qui sont prévues mais pas encore mises en œuvre, l'UE-15 pourrait réduire les émissions de 4% supplémentaires. Mais à condition qu'elles soient mises en œuvre à temps, juge la commission. En outre, dix** des quinze États membres prévoient d'obtenir des crédits de réduction des émissions venant de projets de pays tiers, mis en œuvre dans le cadre des mécanismes de Kyoto fondés sur le marché. Ce recours prévu aux mécanismes de Kyoto pourrait contribuer lui aussi à réduire les émissions de 2,6 % de plus. Ainsi, si ces prévisions se réalisent pleinement, les émissions pourront être réduites, d'ici 2010, de 7,2% par rapport à celles de l'année de référence, souligne l'institution européenne. L'utilisation de puits de carbone, comme la plantation de forêts destinées à absorber du CO2, pourrait également réduire encore les émissions de 0,8% complémentaires. La réduction totale pourrait donc atteindre 8% tout juste, c'est-à-dire l'objectif de Kyoto.

Par ailleurs, alors que dans l'UE-15, entre 1990 et 2004, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué dans la majorité des secteurs, les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports restent en augmentation. Elles ont augmenté de près de 26 % et cette augmentation devrait atteindre 35 % par rapport aux niveaux de 1990 d'ici à 2010, si les pays se contentent des politiques existantes, indique l'Agence européenne pour l'environnement qui souligne que la mise en œuvre de politiques supplémentaires entraînerait, dans le meilleur des cas, une stabilisation du niveau des émissions par rapport à celui de 2004.

De plus, plusieurs pays de l'UE-15 ne se montrent pas suffisamment diligents et ils risquent de compromettre l'effort collectif, souligne le professeur Jacqueline McGlade, directrice exécutive de l'AEE. Pour l'UE-15, l'objectif de Kyoto est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 8 % par rapport aux niveaux de 1990, d'ici à 2012. Mais il s'agit là d'un objectif global. En effet, chaque État membre de l'UE-15 a un objectif de réduction qui lui est propre : certains doivent réduire leurs émissions alors que pour d'autres, une légère augmentation est autorisée.
Sept des quinze États membres prévoient d'ores et déjà que leurs émissions dépasseront le niveau autorisé par «l'accord de partage de la charge» adopté par l'UE. Ces sept pays sont l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Irlande, l'Italie, le Portugal et l'Espagne.

Contrairement à l'UE-15, l'UE-25 n'a pas d'objectif d'émissions collectif, fixé dans le protocole de Kyoto. Les nouveaux États membres ont des objectifs individuels, à l'exception de Chypre et de Malte qui n'en ont pas du tout. Selon le rapport, même si les niveaux d'émissions sont actuellement à la hausse dans ces pays, ils sont tous en voie d'atteindre leurs objectifs en raison de l'effondrement de leurs économies dans les années 1990.
Ces projections montrent qu'il n'y a de place ni pour l'autosatisfaction, ni pour l'erreur, a déclaré M. Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l'environnement. Selon lui, il est indispensable que tous les États membres fournissent leur part d'efforts afin de garantir l'aboutissement de l'engagement collectif. Les retardataires doivent intensifier sans délai leur effort afin d'atteindre leurs objectifs, le cas échéant en adoptant de nouvelles mesures nationales de réduction des émissions, prévient-t-il.
En outre, il estime que les États membres ne pourront respecter leurs obligations au titre de Kyoto que si les plans nationaux d'allocation pour la deuxième période du système d'échange de quotas d'émission de l'Union européenne sont suffisamment ambitieux. Après avoir lancé des procédures d'infraction mi-octobre contre neuf*** pays qui tardaient à présenter leurs nouveaux PNAQ, le commissaire à l'environnement, a prévenu le 23 octobre dernier aux ministres du Conseil Environnement que les pays européens qui prévoyaient de dépasser largement leurs émissions de dioxyde de carbone verront leurs plans nationaux d'allocation rejetés pour la prochaine période. Dans l'ensemble, les 17 premiers PNA que nous avons reçus proposent une limite d'émissions environ 15% au-dessus du niveau d'émissions enregistré dans ces Etats membres l'année dernière, a-t-il indiqué. Si les Etats membres mettent sur le marché plus de quotas qu'il n'en faut pour couvrir les véritables émissions, le système pourrait devenir inutile. Je ne peux pas les laisser faire cela.


*http://reports.eea.europa.eu/eea_report_2006_9/en
**Ces pays sont l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, l'Irlande, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Portugal.
***La République tchèque, le Danemark, la Hongrie, la Finlande, l'Italie, le Portugal, la Slovénie, l'Espagne et l'Autriche.

Réactions4 réactions à cet article

 
ALERTE MAXIMALE

La situation d'alerte est si grave que pas moins de 6 dépèches AFP sont affichées sur Yahoo actualités.

Ce qui me parait le plus choquant mais ne m'étonne pas c'est que l'argument massue utilisé par le ministre de l'E conomie de Tony Blair Gordon Brown n'est pas, bien sûr, un risque sur les écosystèmes mais un risque économique.

Ainsi, la crise économique pourrait "être de l'ampleur de 1939 " et coûter plus de 5 500 millions d'euros.

Tout est dit, ce qui fait "flipper" c'est le risque de récession économique, les dommages environnementaux ne sont que "collatéraux".

Décidemment, l' hommo économicus est une petite chose bien méprisable dans ses valeurs éthiques ou plutôt son abscence de valeurs.

melanie | 30 octobre 2006 à 23h35
 
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Le Gendarme Europe

A la lecture attentive de cet article comme de tous ceux relatant le rôle du "Gendarme Europe" , je ne peux que me féliciter de cette autorité de surveillance, en effet, sans cette surveillance que feraient individuellement des états plus préoccuppés de répondre aux interêts économiques des constructeurs automobile, des lobbys pétroliers et des transporteurs routiers sans compter le BTP -2ème source d' émission de GES-, et les compagnies aériennes dont le déni de polution est scandaleux ?

melanie | 30 octobre 2006 à 23h48
 
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Re:Le Gendarme Europe

Bonjour Mélanie,
La lecture de ton message m'a rappelé les présidentielles de 1995.
Un candidat, toujours candidat en 2006, lors d'un débat face à son adversaire, prétendait que l'industrie automobile européenne pouvait produire beaucoup plus d'automobiles pour le bien-être de l'économie.
J'ai failli tomber de mon siège! A cette époque, on commençait sérieusement à parler du futur manque de pétrole et je me demandais avec quoi ce monsieur ferait rouler ces autos. A ce problème est venu se greffer, maintenant, celui des GES , ce qui n'arrange rien.
Vous avez dit démagogie? Moi, je le dis!
Très cordialement.
NYV.

NYV. | 03 novembre 2006 à 10h44
 
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Re:Re:Le Gendarme Europe

Merci de ta réponse.

A mon sens, les choses sont encore beaucoup plus graves que cela.

Le clientelisme et la démagogie sont les deux pricipales mamelles d'une politique attentiste et schzizophène, où "ma main droite ne veut pas savoir ce que fait ma main gauche".

Et comme les phénomènes de fractals, cela se retrouve tout en bas de l'échiqier politique , au niveau local.
Le mot local me renvoie au fameux slogan d'ATTAC- mouvement avorté dans l'oeuf dramatiquement, merci la dilution par les cocos, mais c'est un autre débat- "PenserGlobal agir local".
Cétait et c'est un système de pensée extrèment mature et applicable à tous les niveaux de fonctionnement consumériste, hélas.
Hélas, je vis en province, dans le sud méditerrannéen, où ressource touristique majoritaire oblige, le pouvoir "local" ferme les yeux sur tout et où , nécessité de subsides issues du bétonnage massif de la côte -10% de pots de vins issus du BTP, ça ne se refuse pas -, la biodiversité passe dans les discours et les déclarations d'intention, mais pas dans la prise en compte effective.

Faute de courrage politique, qui manque singulièrement, du bas en haut de l'échelle, quand je dis courage , je pense à celui d'être impopulaire -cela s'opposant à la démagogie-, les sacs plastiques ne sont pas interdits -ça embêterait les mamies bourgeoises descendues de Paris pour profiter de la clèmence du climat-, alors que la méditerrannée est à côté, les 4X4 fleurissent l''asphalte, et le tri selectif est très "selectif"....

Ici, 1200 personnent s'installent chaque mois...On est à Montpellier, ville "surdouée" dixit le Maire.
L'autopromotion ne coùte rien....


Plus grave, j'ai appris d'une personne qui ici tient un café "Environnement" -ça non plus ça ne mange pas de pain et ça canalise les rancoeurs-, que le Languedoc est LA région de France où la Biodiversité est la plus riche: Zone humide, écosystème méditerranéen, semi montagneux avec l' Aveyron, Camargue à deux pas.

Mais la ressource ici n'est pas "naturelle" , pas de panneaux solaires malgré un ensolleillement record, elle est touristique et liée à la migration héliotropique vers les côtes.
Faire construire en béton rapporte plus que de protéger les écosystèmes fragilisés par les éffluves de gaz d'échappement ou les "zones commerciales" qui ici s'étendent de façon inquiétante....

Les discours incitatifs y sont, sur la réduction de sacs plastique par exemple -par grandes campagnes d'affiches-, mais comme les français attendent des interdictions formelles de l'Etat pour se prendre en charge et s'insurgent dès qu'on les limite dans leur liberté de polluer ......
On dit un cercle vicieux , non?.....
quant au cercle "vertueux", on attendra que la planète soit devenue invivable pour y penser.

melanie | 03 novembre 2006 à 14h00
 
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