Robots
Cookies

Préférences Cookies

Nous utilisons des cookies sur notre site. Certains sont essentiels, d'autres nous aident à améliorer le service rendu.
En savoir plus  ›
Actu-Environnement

5G : l'Anses n'observe toujours pas de risques pour la santé

Le 17 février, l'Anses a rendu les versions définitives de ses travaux sur les risques sanitaires potentiellement causés par la 5G. Si les données continuent de manquer, les conclusions initiales demeurent : pas de risques nouveaux identifiés.

Risques  |    |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com
5G : l'Anses n'observe toujours pas de risques pour la santé

L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) persiste et signe : « Le lien entre exposition aux radiofréquences et risques sanitaires pour les fréquences d'intérêt pour le déploiement de la technologie 5G est, en l'état des connaissances, comparable à celui pour les bandes de fréquence utilisées par les générations précédentes. » Telle est la conclusion définitive de ses travaux, comprenant un avis et un rapport d'expertise, publiés le 17 février dernier. Parus initialement en avril 2021, ces derniers ont été actualisés à la suite d'une consultation publique ouverte du 20 avril au 1er juin 2021. La prise en compte de plus de 200 contri-butions et d'une récente étude de l'Agence nationale des fréquences (ANFR) « confortent les conclusions initiales de l'expertise », affirme l'Anses. Certaines associations ne l'entendent pas de cette oreille.

Un objet d'étude encore trop précoce

Pour rappel, la 5G est déployée commercialement depuis novembre 2020. En septembre 2021, seulement 1,6 million de Français disposaient d'un forfait et d'un téléphone compatibles avec cette nouvelle technologie, selon l'Autorité de régulation des communications (Arcep). La 5G se distribue sur trois bandes de fréquence : de 700 à 2 100 mégahertz (MHz), à l'instar des téléphonies 3G et 4G, autour de 3,5 GHz, pour le haut débit, et autour de 26 GHz, à l'avenir, pour certains objets connectés.

Comme l'attestait déjà l'Anses en avril 2021, la 5G est relativement jeune. Ainsi, aucune étude scientifique s'intéressant aux effets éventuels sur la santé de l'exposition aux champs électromagnétiques associés à ces bandes de fréquences n'est « actuellement disponible ». L'agence s'est donc uniquement basée, d'une part, sur sa connaissance des infrastructures 5G et de leur fonctionnement et, d'autre part, sur les données existantes concernant les bandes de fréquences partagées avec les générations précédentes ou sur des bandes de fréquences plus larges.

La similitude avec les 3G et 4G se confirme

 
Les niveaux d'exposition dans l'environnement liés aux émissions des antennes relais devraient peu varier, que les antennes émettent des signaux 3G, 4G ou 5G  
Anses
 
S'agissant de la première bande de fréquences (700-2 100 MHz), l'Anses affirme que « les niveaux d'exposition dans l'environnement liés aux émissions des antennes relais devraient peu varier, que les antennes émettent des signaux 3G, 4G ou 5G ». Même dans une « configuration de pire cas », le niveau moyen d'exposition ne dépasserait pas 2 volts par mètre (V/m), « niveau très inférieur aux valeurs limites réglementaires » (généralement arrêtées entre 36 et 61 V/m en téléphonie mobile).

Cette mesure, comme toutes celles réalisées par l'ANFR, a été effectuée au niveau d'antennes-relais. Selon l'association Alerte Phone Gate, ce n'est pas suffisant. « Qu'en est-il des mesures d'exposition pour l'utilisation de ces fréquences depuis des téléphones portables ? Nous ne le savons pas, car nous ne savons pas les mesurer, alors que les téléphones sont la source principale d'exposition », avance Marc Arazi, médecin et président de l'ONG. Quoi qu'il en soit, atteste l'Anses, « les niveaux globaux d'exposition aux champs électromagnétiques seront comparables ou légèrement supérieurs à ceux des technologies existantes ».

Une nouvelle donnée sur le haut débit 5G

Concernant la bande de fréquences de 3,5 GHz, l'Anses considère qu'il est « peu vraisemblable » qu'elle constitue un « nouveau risque pour la santé ». Selon l'étude de décembre 2021 de l'ANFR, reprise aujourd'hui par l'Anses, la contribution de cette seule bande aux niveaux d'exposition relevés sur les sites opérationnels en 5G n'est que de 0,11 à 2,1 V/m. Lors d'une simulation basée sur un trafic généré artificiellement pour solliciter davantage une antenne 5G, le niveau d'exposition moyen augmente de 0,3 V/m. Et à terme, cela pourrait représenter une augmentation de 20 %, soit 0,42 V/m en se basant sur la valeur maximale de 2,1 V/m. Là encore, ce relevé ne constitue pas un « nouveau risque pour la santé », garantit l'Anses.

Pourtant, pour les associations Priartem et Agir pour l'environnement, ce n'est pas assez. « L'Anses comptabilise cinq études seulement sur la bande de fréquences 3,5 GHz et est dans l'incapacité de conclure sur l'existence ou non de risques pour la bande de 26 GHz, remarquent les ONG. Le manque d'anticipation et l'instrumentalisation politique de l'Anses a permis au gouvernement d'imposer la 5G, en l'absence complète de certitudes scientifiques. »

Manque crucial de données

Si l'Anses assure que l'exposition à la bande de fréquence 26 GHz « se différencie par une pénétration beaucoup plus faible des ondes », et donc ne présente, a priori, pas ou peu de risques pour la santé, elle atteste qu'en effet les données à ce sujet sont « à l'heure actuelle trop peu nombreuses pour conclure à l'existence ou non d'effets sanitaires ». L'agence souhaite s'appuyer sur les résultats, attendus cette année, des 14 sites d'expérimentation suivis pendant trois ans par l'Arcep.

Plus largement, l'Anses voit la production de données comme une véritable nécessité, « en particulier pour suivre l'évolution de l'exposition des populations au fil de l'extension du parc d'antennes et de l'augmentation des réseaux 5G ». Autrement dit, elle ne voit pas la version finale de ses derniers travaux comme les travaux définitifs en la matière. « S'il n'existe pas à ce jour de preuve d'effet sanitaire lié aux usages numériques courants, d'autres effets comme le développement de cancer, l'altération du fonctionnement cérébral ou de la fertilité continuent de faire l'objet de travaux », précise-t-elle.

Réactions12 réactions à cet article

 

Le problème est le mandat de l'ANSES ! Les risques posés par la 5G ne sont probablement pas d'abord de santé, mais sociétaux et écologiques : à quoi bon ces flux de données démesurés, quelle énergie derrière, quid de la construction et du recyclage des matériels, des réseaux, des datacenters, etc. Cette fuite en avant est mortifère.

dmg | 23 février 2022 à 10h18
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Ce qui est mortifère, c'est de stagner. Le principe selon lequel on n'innoverait pas parce qu'on ne connaît pas les risques de ce qui est nouveau en est une illustration suprême. C'est ce principe qui fait que la France est devenue incapable d'innover : le pays de Pasteur est désormais incapable de produire un vaccin !
Merci !
L'ANSES fait son boulot d'expert, c'est là son mandat qui n'est pas celui d'un gestionnaire et encore moins d'un censeur.
Sincères salutations.

Albatros | 23 février 2022 à 13h46
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Il est exagéré de faire état d'un prétendu rapport d'expertise ( sur la 5G ) alors qu'aucun des membres ne parait rattaché à une compagnie d'experts judiciaires .
Duvent

Duvent | 23 février 2022 à 15h36
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@albatros
Selon le "Global Innovation Index 2021" publié le 20 septembre 2021 par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), la France est le 11ème pays en termes d'innovation. Rien de remarquable mais pas particulièrement honteux! A noter qu'elle est devant la Chine, Etat bien connu pour son respect rIgoureux du principe de précaution.....
Quant au manque d'innovation dans le domaine des vaccins, il a sans doute plus à voir avec les stratégies prédatrices des actionnaires comme l'a amplement démontré la politique de SANOFI en matière de recherche....

BIB57 | 23 février 2022 à 19h16
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Pour Albatros : je peux "admettre" que la 5G, ou même la 6, la 7, etc... vont pouvoir aider certaines professions (on parle beaucoup du milieu médical par exemple). Sur ce sujet, je ne trouve rien (ou peu) à redire.
Par contre, ne nous leurrons pas, la 5G c'est aussi (et surtout) sur les téléphones personnels, exemple le plus notable. Mais pourquoi faire? Ca ne va pas assez vite, une 3 ou une 4G pour regarder toute la journée son profil cul de bouc? Tu parles d'une occupation hautement importante et stratégique.
Vous parlez de stagnation mortifère, la stagnation mortifère par excellence, c'est justement celle du cerveau, complètement engourdi et gavé d'applications avilissantes à n'en plus finir et permises par ces clés XG.... problème de pays riches me direz vous.... profitons en pendant que la stagnation n'est pas encore causée par l'épuisement des ressources.

nimb | 24 février 2022 à 10h37
 
Signaler un contenu inapproprié
 

BIB57, il serait intéressant de fournir l'information de quelles thématiques ressortent le plus de la statistique que vous fournissez. En clair, dans quels domaines la France est si balaise en innovations ? Regardant les brevets, il me semble que c'est davantage dans le "starteuping" façon gadgets que nous excellons que dans les avancées scientifiques...
De plus, vous visez l'avidité des actionnaires de SANOFI alors qu'on pourrait questionner les compétences de l'institut Pasteur. combinées à celles de la recherche publique et aux querelles d'ego qui les ravagent..

Albatros | 24 février 2022 à 13h35
 
Signaler un contenu inapproprié
 

nimb, pas besoin d'être négatif systématiquement. Facebook auquel je ne suis inscrit que depuis le confinement (ayant résisté quasiment 10 années) m'a permis de retrouver une partie de ma famille.
Le reste... Qu'il y ait des écervelés dans l'espèce humaine, les réseaux sociaux n'en sont pas la cause.
Vous semblez la souhaiter, la stagnation, je me trompe ?
Comme ça, vous pourrez dire : "je l'avais bien dit". C'est pas terrible comme attitude, m'enfin !
Allez, courage !

Albatros | 24 février 2022 à 13h42
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@Albatros
"la recherche publique et (les) querelles d'ego qui les ravagent"
C'est vrai que les entreprises privées sont exemptes par définition des mesquineries humaines....

BIB57 | 24 février 2022 à 18h11
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Non non albatros, je ne souhaite pas la stagnation, je la constate avec regret, c'est tout. Je donne l'exemple du réz0 social car c'est l'exemple par excellence de l'engourdissement cérébral par la technologie xG, quasiment tout se fait d'un clic, même pas besoin de se déplacer pour aller vérifier quoique ce soit ou réfléchir, on est devenus d'une fainéantise, c'est terrible... (ma femme est sur un de ces réseaux et, comme vous, çà lui permet de prévoir des activités, en ce sens, j'abonde.... mais vous savez très bien comme moi que ce comportement n'est pas généralisé).... là où je suis négatif, car soucieux, c'est que je freine des quatre fers pour que ma fille ne rentre pas dans ce système parce que je trouve que ce "progrès" ne sera pas exploité dans le "bon" sens, s'entend pour elle.... en tant que parent, je ne peux me résoudre à l'envoyer vers la stagnation.
Comme pour beaucoup de choses, l'humain est capable de créer et d'inventer des choses positives, c'est ensuite l'exploitation de ses créations qui laisse à désirer.
Merci donc de votre transmission de courage, j'en aurai besoin ;o)

nimb | 25 février 2022 à 09h37
 
Signaler un contenu inapproprié
 

BIB57, je ne "camoufle" rien, ce n'est pas dans mes habitudes. Par contre, ici j'ai réellement besoin d'un pseudo tellement est grande la tolérance de mes détracteurs.
Je répète que, effectivement, une grande responsabilité de l'échec de la recherche française incombe à sa suradministration.
Et, s'il vous plaît, ne faites pas de moi un admirateur de la Chine ni un suppôt du grand capital, ni un nazi, simplement du fait que mes propos n'ont pas l'heur de vous plaire.
Merci de votre compréhension.

Albatros | 25 février 2022 à 10h09
 
Signaler un contenu inapproprié
 

@Albatros
Il me semble que votre propre tolérance est à la hauteur de celle de vos "détracteurs". Cessez de jouer les victimes: ainsi je ne vous ai nullement accuser d'être le suppôt de qui que ce soit, j'ai uniquement citer la Chine pour démontrer l'inanité de votre argument selon laquelle la France serait à la "ramasse" en termes de recherches à cause de sa supposée soumission au principe de précaution.
Je répète que, effectivement, une grande responsabilité de l'échec de la recherche française incombe à la rapacité des actionnaires et à l'absence de culture du risque du capitalisme français.

BIB57 | 25 février 2022 à 12h26
 
Signaler un contenu inapproprié
 

BIB57, vous ne répondez pas au sujet des statistiques de R&D.
Pour le reste, c'est exact que nos capitalistes sont du genre "de connivence"... avec la bureaucratie qui régit la recherche publique...
(faut bien être "sous la gouttière" pour toucher les subsides).

Albatros | 25 février 2022 à 14h49
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question au journaliste Félix Gouty

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager

BTX : analyseur XRD et XRF de paillasse pour matières sur poudre Olympus France