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Achats responsables : l'Ademe veut convaincre les PME par l'exemple

La mise en œuvre d'une politique d'achats responsables s'avère rentable pour les PME. Pour preuve, la démonstration de l'Ademe à travers des retours d'expérience d'entreprises qu'elle a accompagnées.

Gouvernance  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com

Comment encourager la réalisation d'achats responsables par des petites et moyennes entreprises (PME) ? Par la démonstration que les gains possibles sont conséquents, selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Celle-ci a accompagné 20 PME durant les années 2017 et 2018 et a constitué des retours d'expérience autour d'actions reproductibles. Comme la mise en place de nouvelles pratiques, la réduction de la consommation des matières et d'énergie ou encore des efforts réalisés sur les emballages ainsi que sur les déchets : les actions menées sont variées.

D'une manière générale, au niveau national, l'édition 2019 du baromètre des achats responsables-OpinionWay pour l'Observatoire des achats responsables (ObsAR) montre que les organisations qui ont mis en place une politique d'achats responsables privilégient la réduction des consommations. Viennent ensuite la prolongation de la durée de vie ou l'utilisation des produits, l'achat de produits éco-conçus, la modification des process par rapport aux impacts sur les matières premières, le recyclage, la réutilisation ainsi que la réparation.

 
Baromètre des achats responsables : quelle tendance pour 2019 ? 90 % des structures interrogées pour le baromètre des achats responsables disposent d'une politique d'achats responsables, dont 100 % pour le secteur public et 83 % pour les entreprises de plus de 250 salariés. Les entreprises sondées sont issues des fichiers de contacts de l'ObsAR et de ses partenaires.

Parmi les organisations qui ont mis en place cette démarche, près de la moitié (48 %) la pratique depuis plus de 5 ans. Elles sont 16 % à en disposer depuis de 3 à 5 ans, 21 % de 1 à 3 ans et 5 % depuis moins d'un an. Leur niveau de connaissance des réglementations est bonne pour 87 % d'entre elles. 83 % disposent d'au moins une forme de cartographie ou d'une analyse des risques environnementaux, sociaux et de gouvernance. 48 % assurent bien connaître la performance RSE de leurs fournisseurs.
 

Parmi les principaux freins cités au développement des achats responsables, on trouve le manque des indicateurs de mesure, suivi d'une confrontation à des objectifs contradictoires, d'un manque de l'expertise interne et enfin des contraintes budgétaires.

Les personnes interrogées pour ce baromètre proviennent à 71 % du secteur privé, 26 % du public et 3 % des associations. Les PME représentent 41 % de ce panel.

L'Ademe a choisi d'accompagner des petites et moyennes entreprises de secteurs variés : l'énergie, l'industrie, la santé et les cosmétiques ou encore la restauration et l'agroalimentaire.

Une réduction de 97 % des émissions de gaz à effet de serre

Parmi celles-ci, l'Ademe a pu conseiller une entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de dispositifs médicaux. Ce secteur est encore peu sensibilisé aux questions de durabilité.

La mise en place d'une politique d'achats responsables a dû composer avec la situation de monopole d'un des fournisseurs pour un des composants. Le secteur de la santé implique également de garantir l'innocuité des composants en contact avec les patients.

L'entreprise a tout d'abord travaillé sur une optimisation de ses emballages. Elle a défini les points sur lesquelles elle voulait se concentrer : la masse de matériaux, l'éco-conception, l'encre, le taux de recyclabilité, etc. Elle a ensuite établi une charte de bonnes pratiques de respect des fournisseurs et créé une matrice pour sélectionner les offres les plus soutenables. Les critères retenus étaient, par exemple, le taux de recyclablilité, la provenance de la matière première, etc. Pour quels résultats ? Elle a pu réduire de 42 % sa consommation de matières premières, de 97 % ses émissions de gaz à effet de serre liées à la production et au transport des emballages.

Elle est enfin passée d'un taux de recyclabilité de 10,5 % initial à 95% du volume aujourd'hui. Son prix de l'achat des emballages a été divisé par deux.

Une économie de 22 K€ par an lié à la réduction de matières premières

De la même manière, une menuiserie industrielle spécialisée dans la fabrication de portes et de blocs-portes d'intérieur a pu ainsi réduire ses besoins en bois de 40 m3 par an et des films en plastique de 17 tonnes par an.

L'entreprise s'inscrivant dans une certification PEFC, qui atteste du respect des fonctions environnementales, sociétales et économiques de la forêt, l'accent a été mis sur les achats secondaires comme la colle ou les emballages.

La PME a choisi de réutiliser les cornières des cartons et les palettes issues du conditionnement des matières premières. Elle a également réduit l'utilisation du film plastique et des liteaux de protection prévus lors de l'expédition. La consommation de colle a été réduite et une charte des achats responsables a été établie. Des tests ont été lancés sur les sites de fabrication et avec les transporteurs. Des clients ont également été sollicités pour recueillir leur avis. "Ce principe d'itération garantit à l'entreprise de ne pas faire fausse route et suscite l'adhésion des parties prenantes internes et externes", explique l'Ademe. L'entreprise peut ainsi économiser 22 K€ par an.

80 % des aliments sont produits à moins de 250 km

Un traiteur/restaurateur s'est également engagé dans une démarche d'achats responsables. L'objectif : proposer des aliments produits localement. Il passe pour cela par une plateforme montée par un producteur local. Le principe ? La PME réserve sur celle-ci un volume de produits par semaine. "On adapte nos menus en fonction de ce qui est disponible", indique l'entreprise. Pour sensibiliser ses clients, la PME a affiché le portrait de ses producteurs dans son restaurant.

Pour ses besoins en herbes aromatiques, fleurs fraîches et légumes utilisés dans son activité de traiteur, elle a installé sur son toit, une serre en aquaponie de 30 m2. A terme, la volonté de l'entreprise est de l'étendre sur 150 m2 pour être autonome pour 60 % du volume total de ces denrées.

Au final, aujourd'hui 80 % des aliments utilisés sont produits à moins de 250 km de l'entreprise.

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