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L'Ademe démontre la possibilité de réduire de 15 % les pertes dans l'industrie agroalimentaire

Une réduction moyenne de 15 % des pertes alimentaires et de 86 tonnes de CO2 par site. Tels sont les résultats de l'opération sur le gaspillage alimentaire que l'Ademe a menée auprès d'une vingtaine de sites industriels.

Déchets  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com

L'Ademe avait lancé un appel à candidatures en mars 2017 pour mener une opération de réduction du gaspillage alimentaire dans l'industrie agroalimentaire (IAA). "Nous avons beaucoup de mal à convaincre les industriels de rentrer dans ce genre de démarche", explique Pierre Galio, chef du service consommation et prévention de l'Ademe, malgré le soutien des organisations professionnelles (Coop de France, Ania, Ilec).

Pourtant, les résultats de cette opération montrent tout l'intérêt que les industriels volontaires peuvent en retirer, tout comme l'Ademe a déjà pu le faire pour d'autres acteurs de la chaîne alimentaire comme la restauration collective. Sur la petite trentaine de candidatures reçues, l'Ademe a accompagné 19 entreprises en prenant en charge 80 % des coûts, soit un reste à charge de 1.000 euros pour chacune des entreprises. L'opération s'est déroulée en quatre phases : un audit sur site réalisé par des bureaux d'études spécialisés (Care & Consult, Artesial Consultants, Phénix), la définition d'un plan d'actions chiffré avec les chefs d'entreprise, un accompagnement à la mise en œuvre des actions pendant neuf mois et, enfin, une évaluation finale économique et environnementale.

Une réduction des coûts de 67.000 € par site

La situation initiale moyenne constatée sur les 19 sites industriels était la suivante : 880 tonnes de pertes de matières par site et par an. Soit 9,4 % de la production perdue représentant 4,4 % du chiffre d'affaires et une empreinte carbone de 1.550 tonnes équivalent CO2.

La mise en œuvre des actions identifiées a porté à la fois sur la réduction des pertes matières et l'amélioration de la valorisation des pertes. "Des solutions simples existent pour diminuer les pertes au niveau de la chaîne de production (en modifiant l'organisation, en sensibilisant les salariés, etc.) ou au niveau de la valorisation en augmentant les dons", conclut l'Ademe à l'issue de cette expérience. Au final, l'Ademe a constaté une réduction moyenne des pertes de 15 %, représentant 67.000 euros et 86 tonnes de CO2 par site et par an.

   
   

Les résultats des entreprises, prises individuellement, viennent illustrer ces statistiques. Ainsi, la PME Soup'idéale, qui n'était pas prête à faire d'investissements importants, a vu tout l'intérêt de la démarche. "Nous avons mis en place trois leviers d'action sur les pertes : réduction de l'épluchage des légumes, lutte contre les pertes de stérilisation et action sur la politique achats afin d'éviter la dégradation des stocks", explique Philippe Ferellec, directeur général. Résultats ? Une réduction des pertes de 34 %, représentant 75.600 € HT/an, et une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 137 tCO2/an.

La société Labeyrie, spécialisée dans la production de saumons fumés, a fait, quant à elle, de gros investissements. L'opération menée sur son site de production de Saint-Geours-de-Maremne (Landes) a nécessité un investissement de 7 millions d'euros. Mais la mécanisation de la découpe et la valorisation de la chaire de poisson récupérée sur la carcasse ont permis une réduction de 22 % du gaspillage alimentaire, représentent un gain de 291.000 € HT/an et une réduction de 3 % des émissions de CO2 du site. "Nous étudions la possibilité de dupliquer ces actions sur tous les sites de production de saumons du groupe", explique Emeric Gravier, directeur de production.

De la même façon, l'entreprise Jaquet, spécialisée dans la fabrication de pains de mie et de pains spéciaux, pense dupliquer sur ses autres sites de production les actions mises en œuvre sur son usine de Clamecy dans la Nièvre. "L'opération est gagnante sur tous les fronts", juge en effet Marie-Laure d'Hoop, directrice communication et RSE de Jacquet Brossard. La réduction de la taille des talons éliminés lors du tranchage des pains, la valorisation de ces talons et de la chapelure récupérée lors du process, de même que le déballage des produits présentant un défaut, ont permis de réduire de 9 % les pertes et gaspillages alimentaires, représentant 29.000 € HT/an et 36 tCO2/an.

Reste à convaincre les entreprises qui ne le sont pas encore de mettre en œuvre de telles actions. "Un travail d'accompagnement est à mettre en œuvre, explique l'Ademe, car la moitié des entreprises en France ne connaît pas son taux de pertes matières et 90 % d'entre elles ignorent le coût complet associé".

Réactions1 réaction à cet article

 

C'est plus difficile de convaincre les industriels à faire des pratiques vertueuses, que de distribuer presque un milliard par an en aides fonds chaleur ADEME, à des conditions peu sourcilleuses/objectifs et production réelle de chaleur avec mixité bois > 50% des projets , à ENGIE, ERENA, DALKIA, IDEX... qui gèrent les réseaux chaleur- avec chaudières bois- parce que ( protocole Kyoto, 2009) le bois-énergie est une énergie renouvelable- brûler du bois donne une neutralité carbone disaient ils. On va maintenant dire C' ETAIT car il apparait de plus en plus que c'était une supercherie. Déjà, on n'avait pas compté les émissions de CO2 dues aux transports bois, séchage, re-transport bois, transport cendres, et la sur-pollution dûe à ces combustions bois de toutes sortes.. de plus en plus de déchets bois. par les chaudières "en ville"
L'action en justice https://www.actu-environnement.com/ae/news/Bois-energie-directive-europeenne-renouvelables-33061.php4
devrait remettre l'argent ADEME à vaincre les passoires énergétiques, remplacer les anciens moyens de chauffages individuels. Et l'ADEME n'aura plus à verser de l'argent en plus pour aider à replanter ...car ça a beaucoup ratiboisé .. résobio.. attention aux importations bois venant de l'Est disait l'ADEME ! Vu dans un forum : .. Une fois que c'est dans le camion .. jclm25@free.fr

jeannot37 | 13 mars 2019 à 11h15
 
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