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Bisphénol A : des chercheurs ouvrent la voie au développement de substituts

A l'heure où une interdiction plus large du BPA est annoncée par le Premier ministre, la question des substituts se pose. Une étude de l'lnserm et du CNRS ouvre des perspectives en la matière.

Risques  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com
Bisphénol A : des chercheurs ouvrent la voie au développement de substituts

Dans une étude publiée fin août dans la revue scientifique américaine PNAS, des chercheurs de l'Inserm et du CNRS de Montpellier décrivent pour la première fois le mode d'action du bisphénol A (BPA) à l'échelle moléculaire, ouvrant la voie à la synthèse de nouveaux composés dénués de propriétés hormonales.

Actif sur les fonctions de reproduction et le métabolisme

"Le BPA est un composé chimique qui entre dans la composition de plastiques et de résine", rappelle l'Inserm. On le retrouve dans notre environnement quotidien puisqu'il est utilisé dans la fabrication des bouteilles en plastique, le revêtement intérieur des canettes et boîtes de conserve ou encore sur les tickets de caisse où il est utilisé comme révélateur.

"Sa toxicité a été prouvée sur des modèles animaux en laboratoire, notamment sur les fonctions de reproduction, sur le métabolisme. On suspecte très fortement ces composés d'avoir des effets très similaires sur la santé humaine", précise William Bourguet, Directeur de recherche à l'Inserm et coauteur de l'étude. Les études se poursuivent et certaines ont d'ailleurs déjà mis en évidence des taux significatifs de BPA dans le sang, les urines et le placenta humain, indique l'Institut.

"Le bisphénol A agit comme un leurre hormonal. Il mime l'action de certaines hormones naturelles comme les oestrogènes. Le BPA va usurper l'identité des ces oestrogènes et activer de manière anarchique les récepteurs de ces hormones naturelles et donc complètement déréguler le système hormonal", explique le chercheur.

Bientôt une interdiction dans tous les contenants alimentaires

Compte tenu de ces risques, la fabrication de biberons contenant du BPA est interdite depuis le 1er mars 2011 dans l'UE. Leur commercialisation et leur importation depuis le 1er juin 2011.

Le 15 septembre, lors de son discours de clôture de la Conférence environnementale, Jean-Marc Ayrault a annoncé le soutien du Gouvernement à la proposition de loi de Gérard Bapt qui, votée par les seuls députés en octobre 2011, prévoit l'interdiction du BPA dans tous les contenants alimentaires en 2014.

Prédire les interactions entre le BPA et les récepteurs cibles

"Bien qu'il soit considéré comme un perturbateur endocrinien capable de dérégler certains récepteurs cellulaires en mimant l'action d'hormones naturelles, son mécanisme d'action moléculaire à l'origine de ces effets délétères, restait obscur", explique l'Inserm.

En associant des approches complémentaires de biologie cellulaire et structurale, les deux équipes de chercheurs ont montré comment le BPA et ses dérivés interagissent avec le récepteur des oestrogènes et modulent son activité. A partir de ces résultats, ils ont développé un outil bio-informatique capable de prédire les interactions entre les bisphénols et leurs différents récepteurs cibles.

"Les résultats de notre étude ainsi que les outils cellulaires, biophysiques et bioinformatiques que nous avons mis au point vont permettre d'orienter la synthèse de nouveaux composés conservant leurs caractéristiques industrielles mais dénués de propriétés hormonales", expliquent Patrick Balaguer et William Bourguet, les principaux auteurs de l'étude. Des conclusions intéressantes puisque l'Union des industries chimiques indiquait encore en septembre 2011 que le remplacement du BPA par une seule substance n'était pas techniquement envisageable.

Et même d'autant plus intéressantes que les chercheurs indiquent poursuivre leur travail avec d'autres perturbateurs endocriniens "tels que les alkylphénols, les pesticides, les parabènes ou encore les benzophénones" et ainsi étendre leur programme informatique à ces polluants environnementaux. Pour les chercheurs, la mise à disposition de ces résultats "devrait également faciliter l'évaluation du caractère « perturbateur endocrinien » de l'ensemble des molécules visées par la réglementation Reach". Soit 140.000 composés….

Réactions1 réaction à cet article

 

Le titre de ce billet induit en erreur.

Les chercheurs affirment avoir produit «quantité d'outils et d'informations» (c'est bien prétentieux!) qui «pourraient» (là, ils sont plus prudents!) être utilisés, en fait, pour tester les molécules et vérifier si elles ont des (certaines?) propriétés perturbatrices.

Les substituts au BPA... il reste à les développer (et, en partie au moins, inventer).

Wackes Seppi | 18 septembre 2012 à 19h15
 
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