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Biocarburants : la Commission met en consultation les critères d'impacts environnementaux

La Commission européenne a mis en consultation les critères permettant de définir ce qu'est un biocarburant à fort impact environnemental. Progressivement, d'ici 2030, les Etats membres devront cesser de les considérer comme une énergie renouvelable.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

La Commission européenne a mis en consultation, jusqu'au 8 mars, un projet d'acte délégué visant à préciser la mise en œuvre des mesures relatives aux biocarburants de la directive sur les énergies renouvelables, entrée en vigueur le 24 décembre dernier.

Pour rappel, la directive fixe, à partir de 2023, des limites nationales graduellement dégressives pour atteindre, d'ici 2030, zéro biocarburant à haut risque de changement d'affectation des sols (Iluc). Il s'agit des carburants produits à partir des cultures alimentaires (céréales, sucres, soja ou palmiers) et dont la culture entraîne une augmentation significative des surfaces de production sur des zones à haut potentiel de stockage carbone (zones humides, forêts…). Lorsqu'ils dépasseront cette limite, les Etats membres pourront continuer à importer de tels biocarburants, mais ils ne pourront pas les compter dans leurs objectifs sur les énergies renouvelables. Une exemption pourra être accordée aux productions certifiées à faible impact.

Les terres dégradées et les petites exploitations exemptées

Sont considérés comme des biocarburants à haut risque par la Commission : ceux issus des surfaces cultivées dont la moyenne annuelle d'augmentation est de 1 % depuis 2008 et représente plus de 100.000 hectares. La part de cette augmentation touchant des zones à fort potentiel de stockage doit être supérieure à 10 %.

Pour être certifiés à faible impact, les biocarburants doivent remplir les conditions de durabilité précédemment définies par la réglementation européenne. Si leurs surfaces cultivées augmentent, ce doit être sur des terres abandonnées ou inutilisées pendant au moins cinq ans ou dégradées ou cultivées par de petits exploitants indépendants, sans que l'exploitation ne dépasse les 5 hectares.

"En permettant l'importation d'huile de palme cultivée sur des terres dégradées ou dans des petites plantations, la Commission fait abstraction des effets indirects sur les forêts provoqués par l'augmentation des surfaces de palmiers à huile : une fois de plus l'Europe se donne bonne conscience avec des critères de certification inefficaces sans remettre en cause le fait qu'il est impossible de répondre à une hausse de la demande énergétique et alimentaire sans déforestation", regrette Sylvain Angerand, président de Canopée et porte-parole de la fédération des Amis de la Terre France. L'ONG dénonce par ailleurs "l'attitude du gouvernement français qui a pris position en faveur de cette échappatoire pour éviter de remettre en cause l'importation d'huile de palme dans les carburants et protéger les intérêts économiques de Total et de sa “bioraffinerie” de La Mède".

Réactions3 réactions à cet article

 

C'est surtout la vacuité de nos dirigeants ("l'élite", les "premiers de cordée") en matière de protection de l'environnement et, par là-même, du futur de notre propre espèce qui semble réellement être une énergie renouvelable et hélas inépuisable !
Mais que faut-il à toutes ces personnes disposant de grandes capacités intellectuelles, formées au sein de grandes écoles, aux parcours professionnels fulgurants, pour sortir la tête du sac et réaliser qu'il se passe autour d'elles des choses bien plus graves et préoccupantes que leur plan de carrière ? Rien ne semble jamais atteindre, émouvoir, toucher les rouages de ce système mortifère qui n'a de cesse de se réinventer et prospérer au détriment de la planète.
Comment s'étonner alors du succès grandissant dans le public des théories du survivalisme ou du grand effondrement ?

Pégase | 12 février 2019 à 09h12
 
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C'est un non sens absolu, Pégase a raison, de plus quid des petites exploitations maraîchères, a FNSEA n'a eu de cesse d'avaler les petits pour agrandir ces fermes usines, avec des stabulations courtes au mépris de l'herbe. Les élus marchent sur la tête, et puis cette saloperie d'huile de palme importée par Total, au mépris des forêts détruites, et des cultures vivrières des pays PILLES. Une honte !

BJ50320 | 12 février 2019 à 10h02
 
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Quelle est la "bonne déraison" invoquée pour attendre 2023 et a fortiori 2030 ?

Affectons plutôt un maximum de sols récupérés à la permaculture et imposons le 100 % bio dans les restaurant scolaires pour commencer afin d'asseoir le chiffre d'affaires des producteurs en bio, ce qui devrait réduire les prix de vente aux particuliers des environs.

Et tant pis si ça donne des démangeaisons à la mère Lambert

Sagecol | 12 février 2019 à 10h34
 
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