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Environnement : les filières qui recrutent

Les filières de l'efficacité énergétique et du traitement des pollutions attirent de plus en plus d'étudiants. Ces derniers connaissent une meilleure insertion professionnelle.

Gouvernance  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com

Rénovation thermique des logements, énergies renouvelables, tri et recyclage des déchets, biomasse, transports propres, chimie verte… La loi sur la transition énergétique et la croissance verte vise la création de 100.000 emplois d'ici à 2020 dans ces secteurs. L'offre de formations environnementales des jeunes ne cesse d'augmenter pour répondre à ces besoins en compétences : + 18,5% entre 2008 et 2012, tous niveaux confondus (allant du CAP au diplôme d'ingénieur), selon les chiffres du Commissariat général au développement durable (CGDD) parus ce 14 septembre. Soit 1.152 formations répertoriées à la rentrée scolaire 2013-2014.

Entre 2008 et 2013, les effectifs inscrits en formations environnementales se sont ainsi accrus de 7% en moyenne par an. Le nombre de formations liées à la maîtrise de l'énergie et aux énergies renouvelables a doublé durant cette période. Ce domaine attire le plus grand nombre d'élèves et étudiants depuis 2012 : ils étaient 27% des effectifs en 2013 contre 14% en 2008, souligne le CGDD.

La prévention des pollutions représente également 23% de l'offre de formations environnementales en 2013 : ce domaine connaît "la plus forte croissance" du nombre d'inscrits sur la période 2008-2013 (+ 207%). "L'intégration des quatre nouveaux Bac technologiques en 2012 dans la liste des formations environnementales, relevant des domaines de la prévention des pollutions et de l'énergie, explique en grande partie les hausses conséquentes d'effectifs de ces deux domaines", précise le CGDD.

Energie et prévention des pollutions : des secteurs pourvoyeurs d'emplois

Ces jeunes formés dans les domaines de la prévention des pollutions (traitement des déchets, des eaux usées, assainissement, éco-conception, chimie verte…) et de l'énergie (efficacité énergétique, maîtrise de l'énergie, énergies renouvelables, génie énergétique et climatique, éco-construction…) connaissent "une insertion professionnelle facilitée, tout comme les jeunes arrivés sur le marché du travail avec un niveau Bac +2", confirme le CGDD. Il s'appuie sur les résultats de l'enquête "Génération 2010" du Centre d'études et de recherches sur la qualification (Cereq), portant sur les débouchés en 2013 des élèves et étudiants formés en environnement en 2010.

En 2010, ils étaient 22.500 jeunes à avoir achevé leur cursus : 27,8% étaient diplômés d'un Bac (technologique, professionnel); 25,4% d'un Bac+4 et plus (master 1 et 2, diplôme d'ingénieur, doctorat); 17,2% d'un Bac +2 (DUT, BTS); 14,7% d'un Bac +3 (licence professionnelle, licence généraliste) et enfin, 15% d'un niveau inférieur au Bac (CAP, BEP, BPA).

En 2013, "plus des 4/5" des jeunes formés dans les domaines de la prévention des pollutions et de l'énergie travaillaient. Ils étaient respectivement 65% et 72% à occuper un emploi à durée indéterminée (EDI). "Peu étaient au chômage en 2013 (10% et 14%), comparés aux autres spécialités". Ces jeunes ont mis un peu plus de trois mois en moyenne pour trouver leur premier emploi. En 2010, ils étaient déjà plus de 89% à trouver un emploi dans le domaine de l'énergie et 80% dans le domaine de la prévention des pollutions, dans les trois années qui ont suivi leur sortie d'études en 2007, selon le Cereq et le CGDD. La plupart avait suivi soit un BTS soit une licence notamment professionnelle.

Les formés en environnement résistent le mieux à la crise

L'insertion des jeunes formés à l'environnement s'est inversée par rapport à 2007 où ces derniers, diplômés en 2004, peinaient à accéder rapidement à un emploi durable. "Tandis que le « taux d'emploi à trois ans » des « sortants » de formations non environnementales chutait de 7,7 points entre les générations 2004 et 2010, celui des jeunes formés en environnement n'accusait qu'un recul de 3,1 points", relèvent le CGDD et le Cereq. Les jeunes sortant de formations environnementales ont donc "mieux résisté à la crise".

Après trois années passées sur le marché du travail, 72% des jeunes formés en environnement travaillaient en 2013 contre 69% pour les autres formations. Environ 24% occupaient un emploi à durée déterminée (EDD) en 2013, contre 16% en 2010. "Soit + 7,7 points contre + 4 points pour les « sortants » des autres formations".

Mieux vaut un Bac +2 qu'un Bac +4…

L'insertion professionnelle ne s'améliore pas forcément avec le niveau du diplôme. Les jeunes de niveau Bac +2 (BTS, DUT) ont été les plus nombreux à travailler en 2013 (81%) et les moins nombreux au chômage (10%). Si les étudiants ayant un niveau supérieur à Bac +4 ont été près de 80% à être en poste en 2013, 31% d'entre eux ont occupé un EDD (taux le plus élevé des cinq niveaux). 13% étaient en recherche d'emploi. "Le chômage les touche davantage que les autres « sortants » de l'enseignement supérieur". En 2013, 73% des jeunes diplômés d'une licence (Bac +3) étaient également en poste : 65% d'entre eux occupaient un EDI (taux le plus élevé des cinq niveaux).

Hygiène, santé, sécurité, environnement : plus faible taux d'emploi

En revanche, les sortants de niveau CAP/BEP ainsi que les formés en hygiène, santé,  sécurité, environnement (HSSE) ont eu le plus de difficultés à trouver un emploi, précisent le CGDD et le Cereq.

En 2013, 52% des jeunes de niveau CAP/BEP occupaient un emploi, dont la moitié en EDD et près de 12% en intérim. Tandis que 30% des formés en HSSE (tous niveaux confondus) étaient au chômage. "Les formés en HSSE présentent le plus faible « taux d'emploi » en 2013 (56 %) parmi l'ensemble des sortants de formations environnementales". Moins d'un sur deux a occupé un EDI et 17% étaient concernés par des contrats aidés. Dans ce domaine, "le délai d'obtention d'un premier emploi (5,8 mois) et les périodes de chômage (12,8 mois) sont les plus importants". En 2010, 83,9% des licenciés professionnels en HSSE avaient pourtant trouvé un emploi.

Protection de la nature et aménagement du territoire : moins d'inscrits

Alors que sur la période 2008-2011, les formations en protection de la nature et en aménagement du territoire rassemblaient le plus grand nombre d'élèves et étudiants, elles sont aujourd'hui moins attractives. En 2013, le domaine de la protection de la nature concentrait 25% des inscrits contre 32% en 2008. Moins d'un jeune sur cinq était inscrit en formation dans le domaine de l'aménagement du territoire : ils étaient 30% en 2008.

En 2013, 68% des jeunes formés en 2010 dans le domaine "de la protection de la nature, gestion et étude des milieux écologiques" occupaient un emploi (49% en EDI), contre 70% pour ceux du domaine de "l'aménagement du territoire et cadre de vie" (53% en EDI).

Les femmes ont moins de débouchés professionnels : seules 54% ont eu accès durablement à l'emploi (EDI) sur la période 2010­-2013 contre 60% pour les hommes. Selon l'enquête, 48% des jeunes ont jugé en 2013 leur formation adéquate pour accéder à l'emploi. Ils étaient 64% des formés dans le domaine de l'énergie et 54% dans celui de la prévention des pollutions.

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