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Déchets plastique : Amorce propose des plans territoriaux pour réduire la pollution par les réseaux d'eau

Les réseaux d'eau sont un vecteur de pollution des océans par les plastiques. Pour y remédier, Amorce défend la mise en place de plans territoriaux financés par les agences de l'eau et les metteurs sur le marché de produits plastique.

Déchets  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

L'association Amorce préconise la mise en place de plans territoriaux de gestion des plastiques pour réduire l'apport de plastique à l'océan par les réseaux d'eau. Ces plans seraient développés à l'échelle des collectivités territoriales et financés par les agences de l'eau et certains éco-organismes chargés de gérer les filières de responsabilité élargie du producteur (REP) génératrices de déchets plastique, explique l'association qui a présenté, mardi 19 mars, une note.

Agir à l'échelle territoriale

Depuis 1950, près de 8 milliards de tonnes de plastique ont été produites, rappelle Amorce. Environ 30 % de ces plastiques sont encore utilisés (parfois après avoir été recyclés), 10 % ont été incinérés et les 60 % restant ont été éliminés, à parts égales en décharge et sous forme de dépôts sauvages. "Au gré du vent et du ruissellement, les déchets de ces dépôts sauvages ou mal gérés (souvent des macroplastiques) rejoignent les rivières et les océans, notamment en transitant par les fossés et les réseaux pluviaux et unitaires."

Pour lutter contre ces pollutions, il faut appliquer différents niveaux de lutte, soutient Amorce, qui suggère d'agir à l'échelle locale. L'association estime qu'il faut confier aux collectivités locales l'élaboration de plans territoriaux de gestion des plastiques. Quant au volet financier, il devrait s'appuyer sur l'"eau paie l'eau", "principe de base [du système français]". En clair, Amorce souhaite que les agences de l'eau prennent en charge les coûts induits par la gestion des macro et microplastiques dans l'eau. L'association en appelle aussi aux filière REP concernant les plastiques. "Amorce demande que le produit financier de ces REP soit étendu au-delà des services de gestion des déchets mais intègre également le coût d'interception et de traitement au niveau des systèmes d'assainissement."

Trois axes de travail

Concrètement, les collectivités doivent d'abord lutter contre les déchets abandonnés en ville, sur les plages, les berges, ou aux abords des routes. Ces dépôts sauvages peuvent atteindre les rivières ou la mer par l'effet du vent ou du ruissellement. Pour y remédier, "il est indispensable de proposer un réseau de corbeilles de rue et de cendriers suffisamment dense pour favoriser le geste propre de nos concitoyens", plaide Amorce, qui envisage aussi le développement d'"une gratification du geste de tri". L'installation de cendriers est l'exemple d'une mesure qui pourraient être financée par la REP cigarettes, si celle-ci voit effectivement le jour. De même, les maires peuvent recourir à la police administrative spéciale qui leur permet de sanctionner les responsables des dépôts sauvages. "Le maire devra faire usage de son pouvoir de police pour engager, concomitamment ou non, des suites administratives et/ou pénales", explique Amorce. Les collectivités peuvent enfin agir sur les berges, en les nettoyant régulièrement et en installant des barrages flottant pour collecter les déchets.

Deuxième axe de travail des collectivités : la réduction des plastiques charriés par les eaux de pluie. Il s'agit ici essentiellement de microplastiques (provenant par exemple des pneus ou de certaines peintures) et de macrodéchets abandonnés sur la voirie. Ils rejoignent les rivières directement (lorsque l'eau des réseaux pluviaux est rejetée sans traitement) et indirectement (lorsque les pluies abondantes font déborder les réseaux de traitement ou via les exutoires des stations d'épuration). Sur ce volet, Amorce estime qu'il faut que les collectivités communiquent pour expliquer que les égouts ne sont pas des poubelles. La ville de Collioure (Pyrénées-Orientales) a par exemple apposé la mention "Ne rien jeter, ne rien vider. La mer commence ici" devant 24 grilles pluviales. De même, les collectivités peuvent installer des bouches d'égouts et des avaloirs sélectifs qui piègent les macrodéchets.

Enfin, les collectivités peuvent réduire la pollution plastique liée aux eaux usées. Il s'agit ici des microplastiques, tels que les fibres synthétiques des vêtements arrachées lors des lavages ou les microbilles de certains cosmétiques. Les stations d'épuration pourraient inclure un étage de décantation primaire ou un traitement tertiaire pour réduire les rejets de plastique dans l'environnement. "Des programmes de recherche démarrent actuellement pour quantifier la présence de microplastiques et investiguer leur comportement dans les boues de stations d'épuration selon les types de valorisation", rappelle Amorce. De même, il est possible d'installer des équipements de captation des déchets sur les dispositifs de débordement des stations d'épuration et sur les exutoires. De même, les stations d'épuration doivent réduire leurs rejets de médias filtrants.

Réactions2 réactions à cet article

 

Pourquoi les agences de l'eau (c'est à dire l'usager de l'eau potable) devraient prendre en charge le cout d'élimination des macro plastiques ? on est bien loin du principe pollueur payeur ...

DTE&P! | 20 mars 2019 à 19h21
 
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Les agences de l'eau se font prendre leur magot parce qu'elles ne sont pas foutues de le dépenser dans des délais raisonnables et qu'elles dorment littéralement dessus. Il est donc carrément normal que cela irrite au plan national, surtout vu l'état des finances publiques en France, et à Bercy met donc tout en oeuvre pour mettre la main dessus.
Après, les principes... on s'assoit aussi dessus, malheureusement.

Albatros | 25 mars 2019 à 18h46
 
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