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Néonicotinoïdes : le Gouvernement veut rassurer sur les conditions strictes d'application de la dérogation

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com

Face à la grogne des associations, le Gouvernement tente de rassurer quant à la dérogation envisagée pour permettre à la filière betteravière sucrière d'utiliser des semences enrobées de substances néonicotinoïdes pour la campagne 2021, voire les deux suivantes, pour lutter contre la jaunisse. Un projet de loi sera présenté jeudi 3 septembre en Conseil des ministres. Il permet aux ministres de l'Agriculture et de la Transition écologique de prendre, de façon conjointe, un arrêté autorisant l'utilisation de produits contenant des néonicotinoïdes en cas de danger sanitaire. Le projet de loi se fonde sur la réglementation européenne, qui permet de recourir à des dérogations « en cas de danger qui ne peut être maîtrisé dans des conditions raisonnables », explique un représentant du Gouvernement. Douze autres États membres ont demandé une telle dérogation à la Commission européenne pour la filière betteravière, précise le Gouvernement. Parmi eux, l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne...

« La situation est sans précédent, avec une invasion de pucerons liée à un hiver doux et un mois d'avril chaud. Les solutions alternatives se sont montrées inefficaces. Il y a un risque de disparition de la filière. C'est une crise sanitaire que nous n'avons pas réussi à maîtriser collectivement », explique le représentant du Gouvernement. Dans les zones les plus touchées, dans le Sud de la France, le niveau d'infestation des parcelles atteint 80 %. Dans le Nord, il est proche de 25 %.

L'Anses chargée de définir les conditions de mise en œuvre

« La dérogation ne s'appliquera qu'aux cultures betteravières sucrières », martèle le Gouvernement. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sera chargée de définir les conditions d'application de cette dérogation. « L'Anses est mobilisée pour mesurer les impacts sur les pollinisateurs et fixer un cadre le plus strict possible », explique le représentant du Gouvernement. Elle devra notamment définir s'il faut interdire, et pendant combien de temps, les cultures mellifères sur les parcelles ayant accueilli des betteraves, pour protéger les pollinisateurs.

La dérogation s'accompagne d'un plan pour identifier les solutions alternatives. Un programme d'accélération de la recherche, mené par l'Inrae et l'Institut technique de la betterave, sera doté de 5 millions d'euros (M€). Il porte sur la recherche variétale, l'amélioration des connaissances de la jaunisse, la protection des cultures et les techniques culturales. Un plan de prévention sera mis en place en amont des périodes d'infestation, en février - mars. Enfin, un délégué interministériel sera nommé pour assurer l'avancée du plan au cours des trois prochaines années et « garantir l'obtention de résultats ».

Réactions3 réactions à cet article

 

Quelle pétaudière : "rassurer" pour mieux flouer, oui ! Mais ça ne fonctionne plus, ce type d'enfumage de service après-vente. Car c'est tout sauf une première, c'est même une consternante routine de veulerie ministérielle à laquelle nous assistons une fois de plus. Les associations environnementales et de consommateurs ont mille fois raison de montrer leur raz-le-bol de cette régression du droit de l'environnement et de la protection du citoyen.
Pas facile pour un gouvernement, face à la grogne de plus en plus forte et structurée de la société civile, de tenter de faire oublier que son ministère de l'agriculture agit en symbiose totale avec les diktats de l'agrochimie.
Mais le mal est fait, une fois de plus. Il aurait fallu aux hautes sphères un peu plus de jugeote avant de contourner unilatéralement une règlementation d'intérêt général. Et la confiance de la société civile, si facile à perdre, est bien délicate et laborieuse à retrouver. Il va donc falloir des actes très concrets et pas seulement de la com' éculée.

Pégase | 02 septembre 2020 à 17h38
 
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On a eu l'expérience de la collaboration entre les ministères de l'ecologie et de l'agriculture avec les journées de l'alimentation .
C'est la collaboration entre le requin et la sardine .

sirius | 03 septembre 2020 à 10h50
 
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Bonjour,
Y a-t-il des conditions imposées aux agriculteurs qui vont bénéficier de la dérogation ou iimposées à la filière dans son ensemble en termes de déploiement d'approches plus agroécologiques sur les années à venir? Avez-vous une idée de la surface de betteraves concernée et de la possibilité de progressivement répartir cette surface sur des exploitations plus diversifiées afin d'avoir des barrières naturelles face aux pucerons au lieu de concentrer toutes ces cibles aux mêmes endroits?
Merci

matthieu | 03 septembre 2020 à 18h43
 
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