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Predit : haro sur les nuisances sonores

Alors que le Predit 4, programme national de recherche sur les transports terrestres, a démarré fin 2008, l'ensemble des acteurs a souhaité présenter les résultats obtenus dans le domaine du bruit par la troisième édition du programme (2002 – 2007).

Transport  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Initié en 1990 par les ministères en charge du développement durable, de l'industrie, de la recherche, l'agence nationale de la recherche (ANR), l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) et l'agence d'innovation Oseo, le Predit (programme national de recherche et d'innovation dans les transports terrestres) tend, via la coopération entre secteurs publics et privés, à favoriser l'émergence de systèmes de transport économiquement et socialement plus efficaces, plus sûrs et plus économes en énergie.
Alors que la quatrième édition du programme a démarré en 2008 et se déroulera jusqu'en 2012, l'ensemble des parties prenantes a présenté quelques résultats obtenus par le Predit 3, lancé en 2002, marqué par un effort sur les questions énergétiques et environnementales.
Le travail sur le bruit, l'une des nuisances des transports terrestres les plus ressenties par la population, a représenté 3 % du budget total du programme (360 M€ de fonds publics), soit 21 recherches financées. Les recherches technologiques ont visé la réduction des bruits émis par les véhicules terrestres (trafic routier et ferroviaire).
Aujourd'hui, près de 20 % des Européens seraient particulièrement gênés par les bruits d'environnement, et plus précisément par les bruits des transports terrestres. Si la réduction des émissions de gaz à effet de serre constitue une priorité dans le domaine des transports, les politiques nationales et européennes prennent de plus en plus en compte la pollution locale qu'est le bruit. En décembre 1992, les pouvoirs publics français ont édicté la première loi Bruit. L'Europe, active en la matière depuis 1974, a adopté en juin 2002 une directive relative à l'environnement sonore, prévoyant une cartographie du bruit mais aussi des programmes d'action pour réduire cette nuisance.

Réduire le bruit du trafic routier

Réduire les nuisances sonores liées au trafic routier implique un travail sur les équipements (moteur, échappement, aérodynamique, roulement…) mais aussi sur les revêtements et les protections anti-bruit. Parmi les programmes de recherche initiés par le Predit 3, le projet LUT (low noise urban truck) et P2RN (prévision et propagation du bruit de roulement) concernaient ces différents aspects.

Le premier projet, mené par Renault Trucks en partenariat avec Marmonier, Michelin et l'institut national des sciences appliquées (INSA) de Lyon, visait à développer un démonstrateur de véhicule de livraison urbaine aux performances acoustiques optimisées. L'objectif était de réduire le bruit des opérations du camion de livraison de 3 dBA (décibels audibles) quelle que soit la vitesse (soit diviser ses émissions sonores par 2), de 6 dBA dans certaines zones et de 10 dBA à l'arrêt, lors de la livraison.
Les recherches ont porté sur l'isolation du compartiment moteur/boîte, le traitement de l'échappement, de l'admission, les pneumatiques et les accessoires (porte, ralenti moteur, caisse). Parallèlement, l'INSA a mené une étude sur la perception sonore d'une séquence de livraison.
Dans un premier temps, les sources de bruit ont été traitées pour atteindre un premier niveau de réduction des émissions sonores avec un résultat de 2dBA de moins. Ensuite, un mode de fonctionnement silencieux a été développé pour réduire la pollution sonore dans certaines zones, faisant du véhicule un camion caméléon, qui prend la couleur de son environnement, selon Bernard Fabre, de Renault Trucks. Ce mode limite la charge du moteur et ainsi le bruit émis.

Le deuxième projet, initié par le laboratoire central des Ponts et Chaussées avec l'institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (INRETS), Colas et Eiffage, portait quant à lui sur le revêtement des chaussées. L'objectif était de prévoir à l'avance une texture de chaussée permettant de réduire les bruits et de caractériser le bruit des véhicules sur les différents revêtements. Aujourd'hui, il existerait une différence de près de 10 dBA entre les revêtements les plus bruyants et les moins bruyants. Cette recherche a abouti au développement d'un revêtement plus silencieux. Les recherches doivent se poursuivre pour faciliter son éventuelle mise en œuvre industrielle.

Réduire les bruits liés au trafic ferroviaire

D'autres projets menés dans le cadre de Predit 3 concernaient la réduction des nuisances sonores liées au trafic ferroviaire, l'un concernant les bruits occasionnés lors du freinage des TGV, l'autre concernant les bruits et vibrations émis par les tramways.

Le projet CrisFis, mené par la SNCF avec Carbone Lorraine, Freinrail, l'INRETS, l'école polytechnique et le laboratoire de mécanique de Lille, visait à caractériser le phénomène de crissement des freins des TGV, développer des outils de modélisation et de compréhension des phénomènes de crissement et de fissuration et concevoir et tester des solutions techniques. Si les recherches ont abouti à une meilleure connaissance de ces phénomènes et à une sélection de plusieurs solutions, des verrous scientifiques subsistent néanmoins et nécessitent des recherches supplémentaires.

Concernant les nuisances sonores et vibratoires liées aux tramways, le projet porté par la société d'études et de réalisations pour la diminution du bruit (SerdB), l'INRETS, l'école centrale de Nantes, le Composite damping material et la société d'économie mixte des transports de l'agglomération nantaise (Semitan), visait à mettre en évidence les situations susceptibles de créer une gêne chez les riverains de lignes de tramway et de modéliser les sources d'émission. Les recherches ont révélé que le bruit du tramway pouvait effectivement constituer une gêne importante chez les riverains et que des progrès techniques et réglementaires pouvaient être mis en œuvre pour limiter les nuisances. D'autant que les solutions techniques existent déjà aujourd'hui !

Réactions2 réactions à cet article

 
lutte contre les bruits

Bravo. C'est très bien de lutter contre les bruits de la circulation, mais que comptez-vous faire contre les bruits industriels. Des industries très bruyantes (broyage de bois pour plaquettes) s'implantent à proximité de lotissements et même d'usine de plastique. Ne faudrait-il pas prévoir des distances et une réglementation ?

Anonyme | 29 mai 2009 à 02h18
 
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Klaxon Klaxon

Il serait bon aussi de rappeler qu'il est interdit de klaxonner en ville.
Faire un appel de phare pour signaler un abus ou simplement que le feu est passé au vert reposerait toutes les oreilles des riverains de feu tricolore.

Vivant au dessus d'un feu tricolore, c'est au quotidien et à de nombreuses reprises que nos chers automobilistes jouent de leur gentil klaxon.
Sans oublier le volume sonore impressionnant de la musique dans certains véhicules.

Dans sa voiture, c'est bien connu on oublie tout du monde extérieur, bien protégé dans son carcan de métal..

Pamela | 04 juin 2009 à 12h08
 
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