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Stratégies de façade maritime : les ambitions énergétiques zone par zone

Les cartes des vocations des quatre stratégies de façade maritime définissent les zones où pourront être développées des énergies marines renouvelables d'ici 2030. Elles serviront de base au lancement de futurs appels d'offres.

Aménagement  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

Les stratégies des quatre façades maritimes sont soumises à consultation du public du 4 mars au 4 juin 2019. Elaborés par l'Etat en concertation avec les acteurs locaux, ces documents planifient l'espace maritime en fonction des enjeux (écologiques, économiques…) et donnent une vision à horizon 2030. Ils contiennent une carte des vocations qui définit des macrozones sur lesquelles pourront être développées la pêche, l'extraction des granulats marins ou encore les énergies marines. Sur ce point, ces cartes étaient très attendues par les professionnels des différentes filières. Bien que les zones devront encore être affinées au cas par cas pour développer des projets éoliens, hydroliens, etc., elles donnent une indication sur l'ambition des différents territoires dans ce domaine.

Manche Est - mer du Nord : 5 à 8 appels d'offres d'ici 2030

La stratégie de la façade Manche Est - mer du Nord est la plus claire dans son ambition sur les énergies renouvelables marines (EMR). "La diversification du mix énergétique est un enjeu majeur de la façade et correspond à un enjeu national de transition écologique", peut-on y lire. Selon le document, cinq à huit appels d'offres pourraient être lancés d'ici 2030 pour l'éolien offshore. Le potentiel éolien est estimé entre 1.500 à 2.400 km² minimum.

"L'identification des zones propices pour le développement des projets éoliens et hydroliens fait l'objet de larges consultations. La cohabitation entre les activités est encouragée dans le processus de planification et de décision". Le document évoque la possibilité de développer des raccordements mutualisés pour les différents parcs commerciaux afin de réduire leurs impacts sur l'environnement mais aussi sur les autres activités maritimes.

 
Les régions dénoncent le manque d'ambition de la PPE Les régions littorales interpellent une nouvelle fois l'Etat sur le manque d'ambition de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) sur les EMR, dans un communiqué publié le 27 mars. Elles dénoncent "la faiblesse des volumes programmés, l'irrégularité des calendriers d'appels d'offres proposés et l'absence de l'hydrolien parmi les filières énergies marines identifiées". Ces six régions demandent le développement de l'éolien offshore posé et flottant à un rythme annuel d'au moins 1 GW, des appels d'offres réguliers et une poursuite du développement de la filière hydrolienne en lui permettant de faire la démonstration de la baisse des coûts.
 

La côte d'Albatre, la baie de Seine et le large, le nord Cotentin (hydrolien) et le large des îles anglo-normandes sont identifiés pour le développement des énergies renouvelables. En revanche, les estuaires picards et la mer d'Opale ainsi que la baie du Mont-Saint-Michel en seraient préservés pour ne pas impacter le patrimoine naturel et les activités traditionnelles et touristiques.

Nord Atlantique : du potentiel mais attention aux conflits

La stratégie de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest ne quantifie pas le potentiel des énergies marines, mais elle identifie de nombreuses zones pour développer l'éolien posé ou flottant et l'hydrolien. "Cependant, les différentes concertations menées au sein de la façade font apparaître aujourd'hui des difficultés d'acceptabilité par les autres activités, notamment la pêche professionnelle, et des appréhensions des riverains et des usagers de la mer face à l'arrivée de nouveaux parcs EMR", prévient le document.

Le plateau continental pourrait accueillir de nouvelles activités, à condition de les conjuguer aux autres activités maritimes (la pêche et le transport) et aux forts enjeux écologiques (grande vasière, plateau de Rochebonne …). Le plateau continental central, s'étendant du large du Finistère au large de la Vendée, est identifié pour l'éolien flottant.

En revanche, dans la Manche occidentale, le développement d'énergies marines pourrait être contraint par le fort trafic maritime et les activités de pêche. "Sur cette zone, l'identification de zones propices aux énergies marines renouvelables doit encore faire l'objet d'approfondissements, et en déborder si nécessaire, sur la base des travaux menés au niveau régional", précise le document.

La zone Bretagne nord pourrait faire cohabiter les différentes activités de la mer, de même que l'estuaire de la Loire et le littoral vendéen. Le parc naturel marin d'Iroise, abritant les îles d'Ouessant, Molène et Sein, accueillera la première ferme hydrolienne.

Enfin, la Bretagne sud "présente un fort potentiel EMR à développer. (...) Elle abrite les îles de Groix, Houat, Hoedic et Belle-Ile-en-Mer, qui font partie des îles du Ponant, lesquelles aspirent à devenir des territoires d'expérimentation pour la transition énergétique et écologique".

En revanche, le parc naturel marin de l'Estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis aurait davantage une vocation de préservation du milieu marin.

Sud Atlantique et Méditerranée : des zones plus restreintes

La stratégie de la façade Sud Atlantique fait clairement le choix de préserver ses activités traditionnelles (conchyliculture, pêche, tourisme…) plutôt que de parier à tout va sur les EMR, bien que "les potentialités des énergies marines renouvelables y sont avérées". Outre le projet éolien au large d'Oléron, sont évoqués les potentiels houlomoteur et hydrolien estuarien.

Enfin, la stratégie de la façade Méditerranée mise essentiellement sur l'éolien flottant avec les trois fermes pilotes à venir et "des secteurs à potentiel commercial". Le plateau du golfe du Lyon est ciblé.

Réactions1 réaction à cet article

 

A fortiori sur les côtes la marée et le vent ne sont pas des énergies renouvelables, mais des énergies (naturelles) permanentes et encore gratuites. Les entrants des critiquables UIOM et méthaniseurs sont des sources d'énergies (malheureusement) renouvelables.

L’éolien flottant très loin des côtes producteur d’hydrogène ramenée à terre par des méthaniseurs pourquoi pas en espérant qu’il n’y aura pas trop de dégâts sur l’avifaune « locale »

Moins loin avec également du matériel et du personnel et des actionnaires franco-français à la limite pourquoi pas ?

Non sans favoriser parallèlement l’énergie hydrolienne maritime, et en particulier sur la base de géomembranes ondulantes (EEL Energy)

Sagecol | 28 mars 2019 à 11h30
 
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