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L'Ademe propose de rendre payant les sacs d'emballage pour fruits et légumes

L'Ademe estime que rendre payant les sacs pour fruits et légumes inciterait à limiter leur utilisation. Elle affiche aussi des doutes sur les sacs en plastique compostable dont elle a étudié la dégradation en conditions réelles.

Déchets  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
L'Ademe propose de rendre payant les sacs d'emballage pour fruits et légumes

Ce jeudi 14 novembre, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) publie un avis sur les sacs d'emballage pour fruits et légumes disponibles en magasin. Elle estime que pour réduire l'impact environnemental de ces sacs, il faudrait les rendre payant. Elle suggère aussi d'y inscrire « Ne pas jeter dans l'environnement » et de ne plus utiliser le terme « biodégradable » dans les communications vers le grand public. De même, elle considère que la mention « compostable en compostage domestique » devrait être abandonnée. Elle recommande plutôt une mention compatible avec les règles de tri des déchets.

Privilégier le réemploi

L'avis de l'Ademe concerne tous les sacs d'emballage fruits et légumes : sacs plastiques biosourcés (à 40 %) et compostables dans la sphère domestique, sacs papier et hybride (c'est-à-dire ceux avec une fenêtre plastique) et sacs réutilisables en plastique (épaisseur 50 μm) ou en tissu. De manière général, l'Ademe recommande de « privilégier les sacs réutilisables et de maximiser leur réemploi, a minima une dizaine de fois ». À ce sujet, elle note qu'un sac en polyéthylène réutilisable d'une épaisseur de 50 μm doit être effectivement réemployé « au moins huit fois » pour présenter moins d'impact sur l'environnement que les différents sacs à usage unique étudiés. « Ce nombre d'utilisation est rarement atteint pour ces sacs, car les conditions pour un réemploi effectif ne sont pas réunies », regrette l'Ademe. Pour les sacs ré-employables en coton, le nombre d'utilisation doit être portée à 40 utilisations.

L'Ademe estime qu'il faut que le consommateur « [porte] une plus grande attention à l'utilité de prendre un sac et à l'usage qu'il en fait ». Pour les inciter à limiter l'utilisation de sacs pour fruits et légumes « au stricte nécessaire », elle recommande de les rendre payant, qu'ils soient « à usage unique ou réutilisable, quelle que soit leur composition et dans tous les lieux de vente ».

Autre recommandation importante : il faut renoncer à l'emploi du terme « biodégradable », comme c'est déjà le cas en Belgique. « Ce terme [est] mal appréhendé par [le consommateur] qui considère trop souvent que le produit peut être jeté dans la nature sans conséquence », explique l'Ademe. Et de rappeler que « la biodégradabilité [dépend] d'un environnement, de conditions précises et d'une échelle de temps donnés. Le terme biodégradable utilisé seul n'a pas de sens ».

Renforcer la norme pour le compostage à domicile

L'Ademe consacre aussi une longue partie de son avis aux sacs composables, les seuls sacs en plastique autorisés depuis le 1er janvier 2017 (conformément à la loi de Transition énergétique). Elle a mené une expérimentation en conditions réelles afin de s'assurer qu'ils peuvent effectivement être compostés à domicile par des particuliers.

 
Des morceaux de plastiques inférieurs à 5 mm, qui restent biodégradables par des microorganismes, sont encore présents à 12 mois en compostage domestique.  
Ademe
 
Oui, ces sacs son compostables, conformément aux exigences de la norme. Mais « des morceaux de plastiques inférieurs à 5 mm, qui restent biodégradables par des microorganismes, sont encore présents à douze mois en compostage domestique et à six mois en compostage industriel ». Surtout, pour atteindre de bons résultats, il faut impérativement respecter trois critères : utiliser un composteur fermé, bénéficier de conditions de températures extérieures de 25°C (± 5°C) et déposer les sacs ouverts, en simple épaisseur, et remplis de biodéchets de cuisine et de table. Dans ces conditions optimales, « la taille des morceaux de plastique à douze mois est de moins de 1 mm
 ».

En conséquence, « l'ADEME recommande que les exigences des normes sur la compostabilité soient renforcées afin, notamment, d'assurer la biodégradation complète des sacs dans un temps donné », afin de limiter la présence éventuelle de morceaux de plastiques inférieurs à 2 mm dans le compost.

En cas de doute, le tri est préférable au compostage

Bien sûr, les conditions idéales de compostage ne sont pas toujours réunies. L'Ademe formule donc des recommandations en cas de doute sur ces conditions, ou en l'absence de possibilité de compostage domestique. Si la collectivité a déployé une collecte sélective des biodéchets, elle recommande de réemployer les sacs plastique compostables dans les bioseaux. Cette solution devra être mise en œuvre après concertation avec les installations de gestion en aval.

Lorsque la collecte des biodéchets n'est pas mise en œuvre, l'Ademe recommande de placer les sacs compostables dans le bacs de tri avec les autres emballages plastique (si la collectivité est en extension de tri) ou dans le bac des ordures ménagères résiduelles (si la collectivité ne collecte séparément que les bouteilles et les flacons plastique).

Ces remarques conduisent l'Ademe à recommander l'abandon de la mention « compostable en compostage domestique » et son remplacement par « peut être utilisé pour le tri des biodéchets, sauf indication contraire de la collectivité ».

Réactions5 réactions à cet article

 

Faire payer les sacs en plastique aux consommateurs revient de nouveau à nous faire porter l'entière responsabilité de leur élimination, et les distributeurs (hypermarchés, supermarché,..., fournisseurs agroalimentaire,...), à quand une prise de conscience? à quand des actions concrètes (réduction des emballages, ....)?

OBE | 15 novembre 2019 à 09h28
 
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Ridicule et contre-productif… je lis qu'on va nous faire payer aussi les sacs papier qui commencent seulement à apparaître dans les supermarchés pour remplacer des sachets plastique, alors qu'on ne propose rien pour supprimer les emballages en plastique rigide (type blister) utilisés par les distributeurs pour envelopper leurs fruits et légumes, et entre autres les produits bio.

Basil Beck | 15 novembre 2019 à 10h13
 
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Ridicule et contre-productif… je lis qu'on va nous faire payer aussi les sacs papier qui commencent seulement à apparaître dans les supermarchés pour remplacer des sachets plastique, alors qu'on ne propose rien pour supprimer les emballages en plastique rigide (type blister) utilisés par les distributeurs pour envelopper leurs fruits et légumes, et entre autres les produits bio.

Basil Beck | 15 novembre 2019 à 10h13
 
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@OBE
Tout le monde a sa part de responsabilité, ce n'est pas parce qu'il y a la possibilité de prendre un sac pour ses fruits et légumes qu'il faut l'utiliser. Je pense que ça va dans le bon sens, de la diminution de l'emploi des sacs plastiques a usage unique.
Si on baisse l'utilisation, on baissera la production.

Maintenant, vous avez raison, il faut que les industriels et les états prennent les devants.

pulsar | 15 novembre 2019 à 14h49
 
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Comment faire compliqué quand on pourrait faire simple! Au mopins l'Adème reconnaît implicitement que le plastique n'est pas biodégradable à 100%. certains le sont par des bactéries spécialisées, mais en conditions spéciales elles aussi, autant dire impossibles à réaliser pour les particuliers. La solution , c'est d'interdire purement et simplement la fabrication de tous ces emballages plastiques, sacs, ou blister ( ces derniers étant faits pour inciter à consommer plus). Quant à faire payer les sacs en papiers, il ne faudrait pas exagérer.Leur prix doit déjà à mon avis êtrte compris dans celui des fruits et légumes. On peut toutefois inciter à leur réutilisation, pour éviter le gaspillage de matière. Cela passe apr l'éducation, pas par la punition financière.Quant aux grands sacs de super marché, ils sont déjà payants, mais certainement pas assez, vu le gaspillage qui en est fait; Là encore c'est l'éducation qui doit primer. tout un chacun peu avoir un panier, un sac en tissu, un carton ou un cageot pour transporte ses denrées en vrac.

la souris verte | 17 novembre 2019 à 12h10
 
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