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Agriculture durable : le ministère de l'Environnement favorable à la commercialisation locale

Les initiatives d'agriculture durable associée à une commercialisation locale présentent de réels avantages. Mais il faut les multiplier et les organiser au sein des territoires pour obtenir un impact environnemental conséquent.

Agroécologie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Un rapport du Commissariat général au développement durable (CGDD) dresse un retour d'expérience de systèmes alimentaires durables et territorialisés. Publié le 18 avril, le document revient sur cinq initiatives françaises en faveur de l'agro-écologie ou du maintien de systèmes de production extensifs. Chaque projet fait l'objet d'une fiche de synthèse rappelant notamment le contexte, les actions entreprises, la production agricole, l'impact l'environnemental et les circuits de valorisation de la production.

Des initiatives favorables aux agriculteurs et à l'environnement

Actuellement, les initiatives d'envergure en faveur d'une agriculture durable dont les produits sont commercialisés localement sont encore peu répandues. Pour preuve, les services du ministère de l'Environnement a rencontré des difficultés pour trouver cinq initiatives qui soient à la fois de véritables systèmes alimentaires durables et territorialisés et qui tiennent compte dans leur ensemble des pratiques agricoles. Trois d'entre elles "sont des micro-initiatives ou des micro-filières qui ne font pas système". Celles-ci s'insèrent dans des projets plus larges, comme la politique alimentaire du Gard et les démarches des parcs naturels régionaux, mais ces projets ne prennent pas en compte les pratiques agricoles dans l'ensemble des initiatives qu'ils regroupent.

Pourtant, ces initiatives présentent de réels intérêts, selon l'étude. "Elles ont toutes des impacts positifs sur l'environnement, en faisant évoluer les pratiques agricoles ou en participant au maintien d'un état actuel favorable", estime le ministère de l'Environnement qui préconise de les multiplier et les organiser pour répondre à l'ensemble des enjeux environnementaux d'un territoire. D'autant qu'elles "permettent aux agriculteurs de mieux valoriser leurs productions et/ou de se diversifier, augmentant et sécurisant ainsi leurs revenus et rendant les exploitations agricoles plus résilientes".

Leur diversité permet de les reproduire sur des territoires très différents, à l'exceptions des zones très spécialisées éloignées des bassins de consommation, comme la Beauce ou la Champagne. Leur petite taille facilite leur mise en place et leur pérennisation. Elles peuvent ainsi être perçues, dans une certaine mesure, comme des incubateurs à innovations susceptibles de déverrouiller le système agricole actuel reposant sur un usage intensif d'intrants.

Des difficultés qui peuvent être dépassées

Pour faciliter le développement de nouvelles initiatives, l'étude s'intéresse aux freins rencontrés. Ces derniers "sont globalement mineurs", explique le document qui propose des solutions pour les lever. La première difficulté réside dans la charge de travail lié à la commercialisation en circuit court. Celle-ci est générée par l'activité de transformation de la production et la pratique de la vente directe. Pour l'atténuer, le CGDD suggère de développer des projets collectifs de transformation et de vente directe ou de recourir à un prestataire pour le transport, la communication ou la vente. Outre ces besoins en travail, la vente directe peut aussi nécessiter un investissement financier, notamment pour le conditionnement et le transport des produits. Une aide financière peut être nécessaire lorsque le retour sur investissement n'est pas suffisant à court terme.

Une autre difficulté concerne la cohabitation entre agriculture bio et conventionnelle au sein d'un même projet. Cela "peut s'avérer parfois délicat mais reste tout à fait envisageable", explique l'étude. Il est par exemple possible d'élaborer une version bio et une version conventionnelle du produit (en l'occurrence du jus de pomme dans l'exemple cité). Autre frein identifié : la valorisation de l'ensemble des parties de l'animal lorsque le projet concerne l'élevage. Cette difficulté peut être contournée lorsque le territoire dispose d'une tradition d'élevage et d'industrie de transformation de la viande.

Enfin, reste un frein qui ne peut être levé : les facteurs géographiques qui limitent la croissance des initiatives. Les chartes incluent parfois des critères de localisation tels que les territoires d'un parc naturel ou des zones de captage en eau potable.

Soutenir la commercialisation

Les collectivités peuvent aussi soutenir ces initiatives grâce à des subventions, lors du lancement du projet, ou à la promotion des aides de la politique agricole commune (PAC). S'agissant du dernier point, le rapport évoque en particulier les aides du fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) et celles dédiées à la conversion et au maintien en bio. Lorsque les collectivités possèdent des terres, elles peuvent aussi recourir à "une démarche plus coercitive" en utilisant des baux ruraux à clauses environnementales (BRCE) ou des conventions d'occupation temporaire du domaine public.

Mais c'est surtout grâce au soutien à l'aval que les initiatives peuvent se développer. Deux solutions ont été identifiées. Tout d'abord, les collectivités peuvent créer des débouchés dans la restauration collective. "Cette méthode est très utilisée par les collectivités et on la retrouve dans la plupart des initiatives étudiées", explique le rapport, précisant que cette démarche est compatible avec le respect du code des marchés publics. Ce soutien a l'avantage de permettre de choisir des producteurs en fonction des pratiques qui correspondent aux enjeux environnementaux des territoires. Autre avantage, les collectivités peuvent fixer des conditions de progrès. Ensuite, l'initiative peut bénéficier de marques et de labels de valorisation s'appuyant sur un cahier des charges, une certification, un contrôle par un tiers et un logo. Certes, la démarche a un coût, mais il est intégré au prix de vente. Surtout, les études montrent que ces logos ont un effet positif sur l'intention d'achat et qu'ils peuvent accroître la propension à payer.

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