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Incorporation d'agrocarburants : la guerre des chiffres reprend

Le dossier des agrocarburants revient sur le devant de la scène. Le Parlement européen réitère sa volonté de limiter à 6% d'ici 2020 leur taux d'incorporation dans les transports relançant ainsi le bras de fer avec les Etats membres.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com

La commission environnement du Parlement européen s'est prononcée mardi 24 février sur l'incorporation d'agrocarburants de première génération dans les transports. Suite à une proposition de la Commission européenne datant d'octobre 2012 de réduire ce taux à 5% d'ici 2020 (contre 10% prévu dans la directive actuelle), la guerre fait rage depuis entre les Etats membres et le Parlement.

A l'origine, la Commission souhaitait réduire l'utilisation d'agrocarburants de première génération pour limiter les impacts collatéraux sur l'environnement liés au changement indirect d'affectation des sols (CASI). Le Parlement européen prône depuis le début des négociations un objectif de 6%. C'est ce taux que demande encore aujourd'hui sa commission environnement avec l'appui de nombreuses ONG : "Les agrocarburants ont des impacts négatifs considérables sur la sécurité alimentaire mondiale et le climat : globalement plus polluants que les carburants fossiles, ils favorisent la déforestation et l'accaparement des terres, et accentuent la volatilité des prix alimentaires", déclare Armelle Le Comte, porte-parole d'Oxfam France. Mais les Etats membres sont loin d'être d'accord. En juin 2014, ils se sont prononcés pour un taux d'incorporation de 7%. Les parlementaires ont toutefois fixé un objectif spécifique pour le secteur de l'essence : 6,5%. Une spécificité saluée par les producteurs de bioéthanol français : "Cette proposition permettrait de déployer le SP95-E10 dans l'ensemble des pays européens, tout en développant le Superéthanol E85 pour les véhicules flex-fuel".

Place du CASI dans les débats

Dans le cadre de ce vote en deuxième lecture, les parlementaires ont également donné un mandat au finlandais Nils Torvalds (ADLE, FI) pour négocier au nom du Parlement avec la présidence lettone. Ces négociations débuteront dès le 9 mars. "Ce dossier a représenté un défi énorme tout en étant très intéressant. Il est compliqué d'un point de vue technique et technologique. J'apprécie beaucoup ce type de défis politiques et j'espère que nous parviendrons à un résultat satisfaisant lors des trilogues", a affirmé le député.

Outre la question des agrocarburants de 1ère génération, le député devra également trouver un accord sur le soutien apporté aux agrocarburants de seconde génération. En limitant le recours aux agrocarburants produits à partir de culture alimentaire, les députés européens veulent promouvoir les biocarburants avancés produits à partir d'algues ou de certains types de déchets. Ils estiment qu'ils devraient représenter au moins 1,25% de la consommation énergétique dans les transports d'ici 2020. Or, les Etats membres veulent tout au plus un objectif non-contraignant de 0,5%. Ces derniers veulent se garder la possibilité de fixer un objectif inférieur, sous réserve de le justifier.

Le député devra également négocier sur la manière de calculer les taux d'incorporation tout en prenant en compte le CASI. Les Etats membres ne veulent pas en entendre parler estimant que les données scientifiques sur ces impacts sont trop incertaines. Un argumentaire soufflé par les fabricants d'agrocarburants : "Le plafonnement des biocarburants conventionnels ne repose, à ce jour, sur aucune justification scientifique solide. En effet, les éventuels effets indirects de la production de biocarburants sur l'utilisation des terres ne sont pas mesurables directement. Ils ont été largement surévalués par le modèle [de calcul] retenu par la Commission".

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