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L'Algérie explore "avec succès" son gaz de schiste

Les premiers forages d'exploration de gaz de schiste dans le Sud algérien, lancés fin décembre, semblent satisfaire les autorités alors que la population locale s'inquiète des risques de pollution sur les ressources hydriques.

Energie  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com

Saïd Sahnoun, PDG du groupe pétrolier public algérien Sonatrach, a confirmé dimanche 11 janvier vouloir investir "70 milliards de dollars sur 20 ans pour produire 20 milliards de mètres cubes de gaz de schiste par an" en Algérie, a-t-il déclaré à la Radio Algérienne. Des réserves qui placent l'Algérie au troisième rang mondial derrière les Etats-Unis et l'Argentine, d'après l'Agence de l'information sur l'énergie (EIA) américaine.

M. Sahnoun estime que l'Algérie devrait forer "au moins 200 puits par an", ce qui permettrait "la création de 50.000 emplois directs et indirects". Le pays est encore "au stade de la faisabilité opérationnelle et économique" pour ce qui concerne cette technologie, a-t-il rappelé.

Le 27 décembre dernier, la Sonatrach a mis en service le premier puits-pilote algérien d'exploration de gaz de schiste dans le bassin d'Ahnet, dans la région d'In Salah (Sud de l'Algérie). Le ministre de l'Energie Youcef Yousfi a salué "le succès" du premier forage pilote qui "confirme l'existence de réserves importantes de gaz de schiste dans le bassin de l'Ahnet" et marquerait l'entrée du pays dans l'ère de l'exploitation de ces ressources gazières non conventionnelles. Selon une enquête du Monde, les travaux d'exploration du site avaient été lancés il y a quatre mois par Sonatrach en association avec le pétrolier français Total. Les estimations réalisées par les ingénieurs annoncent 200.000 milliards de m³ de réserves de gaz dont 10% seraient récupérables, soit 20.000 milliards de m3. Une phase de développement de trois ans est prévue avant l'entrée en production du site d'In Salah, précise le quotidien. La commercialisation ne sera décidée que si "la rentabilité du gaz de l'Ahnet est prouvée", a néanmoins averti M. Yousfi.

Rassurer les populations locales

Ce site pilote est le théâtre de contestations de la population locale à In Salah mais aussi dans plusieurs villes de la région (Tamanrasset, Ghar, Tit et El Mena) qui réclament un moratoire.

La méthode d'extraction, la fracturation hydraulique (la seule technologie disponible), interdite en France, est controversée pour ses risques de contamination des nappes phréatiques. Les manifestants dénoncent l'absence de débat national sur cette question, selon le quotidien algérien El Watan.

Le PDG de Sonatrach a répondu, à la Radio Algérienne, que toutes les précautions et mesures visant à prévenir ces situations avaient été prises en compte : "Il faut clarifier et lever les ambiguïtés autour du gaz de schiste (...) peut-être que nous n'avons pas suffisamment communiqué sur le sujet, les craintes sont justifiées", a-t-il déclaré. Mais il a assuré produire du gaz "propre" grâce notamment à la "gestion des eaux de rejet".

La ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement Dalila Boudjemaa et le ministre de l'Energie Youcef Yousfi se veulent rassurants quant aux impacts de cette exploration. Il a été "exigé et obtenu des différentes parties concernées, que cette eau qui remonte à la surface soit traitée et réinjectée dans le sol pour l'exploitation de nouveaux forages", a indiqué Mme Boudjemaa en juillet dernier, rapporte l'agence de presse algérienne APS. L'Algérie utiliserait, dans son option d'exploitation des schistes, des tubes en acier cimentés à travers lesquels un mélange d'eau, de sable et de produits chimiques serait injecté dans la poche du gaz de schiste. Cela "évitera la contamination du site", a estimé la ministre.

"La quantité d'eau utilisée par la fracturation hydraulique n'excède pas les 7.000 m3 et elle est réutilisable pour d'autres opérations de fracturation", a affirmé de son côté M. Yousfi, selon Le Monde.

L'Algérie envisagerait de passer à l'exploitation commerciale du gaz de schiste d'ici 2025. Selon un rapport du centre de recherches World Ressources Institute (WRI) publié en septembre dernier, l'Algérie fait partie des 20 pays disposant de réserves en hydrocarbures de schiste les plus importantes, subissant "un haut degré de stress hydrique". 38% des gisements de gaz de schiste dans le monde se situeraient dans des zones arides, d'après le WRI.

Réactions1 réaction à cet article

 

Après les islamistes, le gaz de shit, décidément les pays du Maghreb n'ont pas de chance.
je pensais que la vraie richesse c'était l'or bleu dans ces pays! ce n'est manifestement pas l'avis de tout le monde$$$

lio | 12 janvier 2015 à 18h54
 
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