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Actu-Environnement

L'Afsset se prononce pour l'injection de certains biogaz dans le réseau de gaz naturel

Après plusieurs années de polémique, l'Afsset confirme l'absence de risque lié à l'injection de biogaz dans le réseau de gaz naturel. Si plusieurs points restent encore à préciser, une nouvelle voie de valorisation pourrait bientôt prendre forme.

Energie  |    |  Florence Roussel Actu-Environnement.com
Issu de la décomposition de matières organiques en absence d'oxygène, le biogaz peut-être produit à partir de diverses sources : déchets organiques, boues de station d'épuration, sous-produits de l'industrie du bois, de l'industrie agroalimentaire ou de l'agriculture… De même, les formes de valorisation de ce gaz composé majoritairement de méthane (CH4) sont très variables. Produit en décharge, il est le plus souvent utilisé pour produire de l'électricité injectée dans le réseau. Dans le cas des stations d'épuration, des petites unités agricoles ou des unités centralisées de méthanisation, il est plutôt valorisé par cogénération : l'électricité produite est alors injectée au réseau tandis que la chaleur est utilisée sur place voire envoyée dans un réseau de chaleur dans le cas des grandes installations.

Mais une autre voie de valorisation est possible. De composition proche du gaz naturel, le biogaz peut, après épuration, être injecté dans le réseau et utilisé comme combustible. La Directive européenne 2003/55/CE3 sur les règles communes pour le marché intérieur du gaz naturel l'autorise mais il n'existe pas de standards internationaux définissants les conditions d'injection du biogaz dans les réseaux. Certains pays se sont dotés de la réglementation nécessaire et autorisent cette injection dans leur réseau. C'est le cas notamment de l'Allemagne, de l'Autriche, des Pays-Bas, de la Suède et de la Suisse.

Si cette voie de valorisation n'est pas autorisée pour l'instant en France, la situation pourrait bientôt évoluer. En effet, selon le décret du 15 juin 2004, les gaz autres que le gaz naturel doivent respecter des prescriptions et faire l'objet d'une autorisation d'injection dans le réseau de distribution du gaz naturel par le Ministre en charge de l'énergie. Or l'Agence Française de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du Travail (Afsset) vient de rendre un avis favorable à cette technique pour certains types de biogaz. L'agence a notamment estimé que les risques pour les usagers étaient écartés pour le biogaz issu de déchets ménagers produit à partir de centre de stockage et pour celui qui est issu de digesteur de déchets non dangereux : déchets organiques ménagers, agricoles, de restauration collective et de l'industrie alimentaire. Dans tous les cas ce biogaz devra être épuré.

 
cet avis met fin à 10 ans de polémique sur les risques sanitaires potentiels, supposés, du biogaz  
FNE
 
La Fédération France Nature Environnement (FNE) a fait part de sa satisfaction : cet avis met fin à 10 ans de polémique sur les risques sanitaires potentiels, supposés, du biogaz, explique José Cambou, Pilote du Réseau Santé-Environnement. À noter au passage que pour d'autres sources d'énergies, par exemple le gaz de ville, le gaz en bouteille, ou les agrocarburants, les acteurs économiques se sont posés infiniment moins de questions, ajoute-il.

En revanche, ne disposant pas de données suffisantes, l'Afsset n'a pas souhaité se prononcer sur les biogaz issus de boues des stations d'épuration et des déchets industriels. Elle recommande par conséquent de renforcer la recherche de données sur la composition chimique et microbiologique des biogaz issus de ces gisements.

L'agence conseille par ailleurs de développer des programmes de recherche visant à renseigner les teneurs en éléments traces dans les biogaz épurés et d'acquérir des connaissances sur l'efficacité des systèmes d'épuration du biogaz brut. La mise en place d'indicateurs pertinents de suivi de la qualité du biogaz dès lors que celui sera injecté est également nécessaire.

Pour Christian Couturier, directeur du pôle énergie déchets de Solagro, association de promotion des bioénergies, deux autres questions restent à résoudre : celle des conditions de raccordement, et celle des conditions d'achat du gaz renouvelable. L'association milite pour un tarif d'achat sur le même principe que le tarif d'achat par EDF de l'électricité pour les énergies renouvelables produites de façon décentralisée.
Elle mise sur les collectivités, à travers leur cahier des charges, pour encourager la demande en biogaz.
La possibilité d'injecter du biogaz directement dans les réseaux actuels relance également l'option biogaz carburants. Jusqu'à présent, diverses considérations technico-économiques limitent cette application à des contextes particuliers, notamment aux grandes villes disposant d'une importante flotte captive de véhicules, explique Solagro. Avec l'injection réseau, on peut imaginer que toute collectivité ou entreprise utilisatrice de GNV pourrait passer contrat avec un fournisseur de bioGNV afin de garantir un approvisionnement jusqu'à 100% renouvelable, complète l'association.

Réactions2 réactions à cet article

 
il serait temps

on veut développer l'éolien à tout prix, même dans des sites Natura 2000 (je suis animatrice, j'en sais qqch!) mais on est à peine capable d'utiliser une énergie qu'on a sous la main, à savoir la biomasse issue de nos déchets si nombreux, qu'ils soient ménagers, industriels, agricoles, issus des STEP... et pourtant le gisement énergétique est énorme
la production d'énergie décentralisée pose vraiment un problème en France : à quand un vraie révolution verte ?

Neige | 04 novembre 2008 à 11h10
 
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et pour les nanoparticules

bonjour,

alors pourquoi la secretaire d'Etat à l'écologie soulève encore le problème - voir l'article sur la méthanisation du 04 09 2009....
Les multinationales qui ont la main mise sur l'énergie et le traitement des déchets ont su évoqué le principe de précaution et les risques sanitaires et environnementaux alors que pour les nanoparticules et nanomatériaux où de nombreux soupcons existent pour la santé et l'environnement rien n'a été prévu pour appliquer le principe de précaution et le traitement en déchets dangereux des produits fin de vie de ces nuveaux produits de l'industrie et de la chimie ....
Dans les centres de recherches les produits sont évacuer dans l'évier, certains tissus de nos vêtement en possèdent et donc lors des lessives tout se retrouven dans les stations d'épurations d'eaux qui ne sont pas adaptées pour traiter ces nanoparticules....
Les filtres de fumées des incinérateurs ne sont pas adaptés à la dimension des nano...
et donc la norme compost NFU 44051 n'est plus valable...
je pense que les citoyens et les associations de défense pour l'environnement devraient rapidement se mobiliser fortement pour stopper le risque d'une future catastrophe sanitaire et environnementale à l'échelle planétaire - les nano se fabriqu ent, se distribuent et se commercialisent sur notre marché mondial depuis environ 2001....
Et donc le tri mécano biologique - TMB - n'est pas adapté pour un réel compost de qualité.

Un cri d'alarme....

je suis seule en Corse , j'ai alerté les associations mais personne ne bouge, indifférence totale aux inforamtions importantes que j'ai transmises....Je souhaiterais rejoindre un groupe de citoyens qui veulent intervenir à ce sujet et qui concerne la gestion globale de nos déchets dans nos régions et de notre énergie en France...
Merci de vos réponses

joe | 27 septembre 2009 à 18h57
 
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