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Le Conseil d'État enterre le projet de contournement routier de Beynac

Aménagement  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com

Le 29 juin, le Conseil d'État a rejeté le pourvoi en cassation, déposé par le Conseil départemental de la Dordogne, contre l'arrêt de la cour d'appel de Bordeaux qui avait annulé la déclaration d'intérêt général du projet de contournement routier du bourg de Beynac-et-Cazenac. Dans sa décision rendue hier, le Conseil d'État n'a pas jugé recevable le pourvoi en cassation formé par le Conseil départemental et enterre, par conséquent, le projet. En décembre 2019, la cour d'appel de Bordeaux avait demandé la démolition de tous les ouvrages hors-berges du projet sous un mois, puis la démolition totale et la remise en état du site sous un an. Les travaux déjà réalisés vont donc devoir être détruits.

Pour rappel, ce projet de déviation de Beynac visait à créer une nouvelle route de 3,2 kilomètres et deux nouveaux ouvrages pour le franchissement de la Dordogne, alors que le bassin de cette rivière est classé réserve de la biosphère par l'Unesco. Plus d'une centaine d'espèces protégées auraient été touchées.

Dans un communiqué, le Conseil départemental de la Dordogne a dénoncé la décision du Conseil d'État qui « tourne le dos au bon sens et à l'intérêt général ». Germinal Peiro, le président du département, a fustigé « une injustice » et « un scandale d'État » avec un coût de chantier estimé à 40 millions d'euros.

Kléber Rossillon, président d'honneur de la fédération Patrimoine-Environnement, a, en revanche, salué cette décision. « Cet aboutissement est une victoire de la population qui, depuis 30 ans, refusait de voir la vallée de la Dordogne défigurée par la circulation routière. Le paysage des châteaux de Beynac, de Marqueyssac, de Castelnaud, de Fayrac, et des Milandes est préservé. C'est aussi une excellente nouvelle pour l'économie touristique du Périgord », a déclaré M. Rossillon.

Réactions6 réactions à cet article

 

Les gesticulations et autres dénonciations du CD de Dordogne et de son président n'y changeront rien : la justice confirme jusqu'au plus haut niveau qu'ils ont commis une lourde faute en cherchant à passer en force et en méprisant diverses réglementations ! Cette négligence est la leur et à personne d'autre. C'est donc bien à eux qu'il incombe de rendre des comptes à leurs mandants de l'argent public gaspillé et de l'impact causé au milieu naturel.
Puisse cet exemple pathétique servir à calmer les ardeurs d'autres aménageurs, publics et privés, qui restent persuadés qu'ils ont encore et toujours tous les droits parce qu'ils placent leur égo au-dessus des lois.
Et souhaitons que ce site magnifique de Dordogne retrouve la sérénité qu'il n'aurait jamais du perdre du fait d'une poignée de décideurs si mal avisés.

Pégase | 01 juillet 2020 à 09h58
 
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C'est vrai que ces déviations avec des machines modernes sont des catastrophes écologiques, on ne creuse pas une route, on défonce la colline, 20 m d'emprise se tranforme en 1km, un désastre.
Ils doivent revoir leur copie, inventer comme reprendre des chemins des voies de chemin de fer etc, mettre des tunnels dans les zônes protégées. etc/

pemmore | 01 juillet 2020 à 09h59
 
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J'en reviens à ma question posée lors de la parution du précédent article de Mme BOUGHRIET sur le sujet le 11 novembre dernier : le CD de Dordogne se retournera-t-il désormais contre le préfet, qui avait si aimablement et si inconsciemment autorisé les travaux ?
Il serait donc bon que le ministère de l'Intérieur sache sélectionner et nommer des préfets aptes à subir sans faillir les pressions des hobereaux locaux en décalage flagrant avec le respect du droit. Bien évidemment, il faut une personnalité bien trempée et intègre pour être capable de dire non à des projets très éloignés de l'intérêt général, manifestement illégaux ou mégalomaniaques. Mais le respect des finances publiques l'exige, les procès étant immanquablement in fine à la charge du contribuable. La restauration de l'image de l'action publique y gagnerait également grandement.

Pégase | 01 juillet 2020 à 12h02
 
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Ce jugement devrait faire jurisprudence . Jadis les chemins puis les routes épousaient le relief et respectaient la forme des paysages , l'arrivée des machines a permis les passages en force avec leurs cortèges de destructions( alors que les CDNPS ne sont pas consultées sur ces projets ). Que des politiciens locaux favorisent ce vandalisme n'est plus supportable .
Notons que ts .

sirius | 02 juillet 2020 à 09h59
 
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La dernière édition du Canard enchaîné nous apprend que le président du CG de Dordogne, auquel se sont acoquinés ceux de la CCI et de la chambre d'agriculture ainsi qu'un sénateur, refuse catégoriquement de se plier à ces décisions de justice exigeant toutes la destruction de l'ouvrage illégal. Un véritable fait du prince local ! Mais surtout, une insulte d'une violence inouïe et totalement inadmissible aux lois de la République de la part d'élus censés la représenter !
Ces injonctions de la justice remettent bien évidemment en cause toute une tradition d'aménagements et d'équipements effectués sans aucune considération pour les milieux naturels. Elles marquent la fin d'une époque. C'est précisément cela que cette caste de personnalités politiques qui s'est autoproclamée au-dessus des lois ne peut entendre car son existence s'en trouve menacée.
Alors que le délai d'exécution de la décision du Conseil d'Etat est épuisé, la question est de savoir ce que va désormais faire l'Etat ? Envoyer au frais du département un régiment du Génie de l'Armée de terre, protégé par un bataillon de CRS contre les hors-le-loi de ces collectivité et chambres consulaires, raser les piles de béton coulées dans la Dordogne ? Ou attendre patiemment que le règne de cette petite dynastie locale prenne fin, tout en espérant qu'une grosse crue de la rivière chahute très opportunément ces fondations d'infrastructure ?

Pégase | 18 septembre 2020 à 14h28
 
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Visiblement c'était un mauvais choix, mieux valait améliorer les routes dans les causses et organiser une limitation de vitesse dans les villages à suivre à 30 km/h afin de décourager une circulation inopportune, se contenter le locaux et de touristes.

pemmore | 23 septembre 2020 à 10h41
 
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