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Des innovations sont nécessaires pour que la biomasse reste rentable

Avec la fin annoncée des tarifs d'achat, les opérateurs devront rechercher une meilleure rentabilité pour leurs projets, analyse le cabinet d'études Xerfi. Diversification des approvisionnements, innovations et nouveaux financements sont préconisés.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

En matière de biomasse, si les objectifs fixés par la France sont ambitieux à l'horizon 2020, les perspectives de croissance selon les filières sont contrastées, estime Precepta, le département d'études stratégiques du groupe Xerfi. "Alors que le bois énergie et la valorisation du biogaz sont sans contexte les segments les plus porteurs, l'incinération des ordures ménagères sera le moins dynamique à moyen terme", observe l'auteur de l'étude, Thibaud Brejon de Lavergnée. La réglementation et les mécanismes de soutien (fonds chaleur…) sont plus favorables aux deux premières filières, tandis que la TGAP reste un frein à la valorisation énergétique des déchets.

Cependant, plusieurs leviers doivent être activés afin d'accélérer le développement de ces filières. D'autant qu'en 2016, les tarifs d'achat seront remplacés par un système de vente directe sur le marché accompagné d'un complément de rémunération. Ces installations seront donc directement confrontées au marché. Et ce, au moment où le signal-prix des énergies et du carbone est particulièrement faible. Ce contexte "ne favorise pas le lancement de nouveaux projets, analyse Precepta. La baisse des prix des énergies fossiles, et en particulier du gaz (premier concurrent de la biomasse), renchérit les tarifs de l'énergie issue de la biomasse". De fait, les investisseurs sont plus frileux. Precepta recommande d'ailleurs aux porteurs de projets de diversifier les sources de financement : marchés financiers, fonds dédiés au capital-risque (GDF Suez new ventures, CapAgro innovation…), banque publique d'investissement (Bpi France), Caisse des dépôts et consignations (CDC) ou encore financement participatif.

Poursuivre les innovations technologiques

Selon le cabinet d'études, "les opérateurs consentent tous des efforts en matière d'innovation technologique pour améliorer la rentabilité des équipements et des projets". Mais, estime Thibaud Brejon de Lavergnée, les marges d'amélioration restent nombreuses.

Concernant la biomasse énergie, de nouveaux modes de valorisation peuvent être développés, que ce soit la gazéification ou la torréfaction, afin de produire du charbon vert qui affiche un meilleur rendement énergétique.

Pour les incinérateurs, l'automatisation des centres de tri devrait permettre d'améliorer le tri, et donc les rendements énergétiques. La robotisation de ces centres tout comme l'amélioration des connaissances sur les gisements de déchets peuvent également accroître la rentabilité des installations.

Enfin, s'agissant de la production du biogaz, l'amélioration du captage et de l'épuration, le développement de nouvelles techniques de broyage et de la qualité des déchets constituent des leviers intéressants, analyse Thibaud Brejon de Lavergnée.

Globalement, selon lui, la numérisation et les nouvelles technologies restent sous-exploitées, alors qu'elles apparaissent "comme de formidables outils pour rationaliser les process et accroître durablement les marges".

Diversifier et sécuriser les approvisionnements

Pour assurer un bon modèle économique, les industriels devront également travailler à garantir l'approvisionnement régulier de leurs installations. Cela passe par la mise en place de stratégies de mobilisation de la ressource en bois ou en déchets, la modernisation et la structuration de la filière bois amont, la mobilisation de nouvelles ressources forestières (taillis de feuillus…) et la création de centrales de taille limitée.

Le cas de mégacentrales, telles que celle de Gardanne (Bouches-du-Rhône), qui asphyxient les petites installations riveraines, est en effet au centre des débats. Lors des discussions parlementaires sur le projet de loi sur la transition énergétique, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a annoncé sa volonté de clarifier les critères des appels d'offres biomasse afin d'identifier "les flux d'approvisionnement et les possibles cas de distorsion de concurrence".

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