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Compostage des boues d'épuration urbaines : l'Astee dresse un point de la situation

À travers sept fiches thématiques, l'association française des professionnels de l'eau et des déchets revient sur le compostage des boues d'épuration en Europe et en France. Elle fait notamment un point sur les contaminants et le respect des seuils.

Eau  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com
Compostage des boues d'épuration urbaines : l'Astee dresse un point de la situation

« La gestion des boues ne peut pas se résumer à une seule solution mais à un panel de solutions alternatives adaptées aux spécificités territoriales dont la valorisation agricole est pour l'instant l'exutoire majoritaire », souligne, dans un dossier, le groupe de travail boues de l'association française des professionnels de l'eau et des déchets (Astee).

En février dernier, le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire avait provoqué l'inquiétude des acteurs liés aux filières de compostage des boues d'épuration. Cette loi prévoit la révision des référentiels réglementaires sanitaires comme environnementaux

applicables aux boues d'épuration, seules ou en mélanges, brutes ou transformées en vue de leur usage au sol, d'ici le 1er juillet 2021. Après cette échéance, celles qui ne respectent pas les référentiels ne pourront plus retourner au sol. Autre disposition : les conditions dans lesquelles les boues pourront être compostées seront déterminées ensuite par voie réglementaire.

50 % de la production de boues d'épuration en valorisation agronomique

Le groupe de travail boues de l'Astee a dressé, à travers des fiches, un panorama de la situation. Il compare tout d'abord les solutions retenues en Europe. « La valorisation agronomique (…) constitue le débouché pour plus de 50 % de la production de boues d'épuration, note l'Astee. Près de 25 % des boues sont compostées avant d'être épandues sur les sols agricoles. » Autre constat : la totalité des États membres de l'Union Européenne qui compostent des boues utilisent des déchets verts comme co-produit.

Il s'est ensuite penché sur les caractéristiques des boues entrant sur les plateformes de compostage dans le département du Haut-Rhin. « Il est difficile d'accéder aux caractéristiques moyennes des boues destinées au compostage en France car celles-ci ne sont pas centralisées », indique le groupe de travail.

Son constat : dans les boues compostées dans ce département, les teneurs pour la plupart des contaminants sont inférieures aux seuils fixés par la norme NFU44-095. Le cuivre et le zinc sont les éléments qui se rapprochent le plus des seuils.

Le groupe de travail a également pointé les avantages et inconvénients du compostage des boues en comparaison d'une valorisation agronomique directe des boues brutes.

Concernant les co-substrats des boues compostées, il estime qu'il s'avère délicat d'encadrer de façon rigoureuse les ratios d'utilisation des déchets verts par tonne de boue traitée.

Vers plus de composés traces organiques réglementés ?

 
La valorisation agronomique constitue le débouché pour plus de 50 % de la production de boues d'épuration en Europe.  
Astee
 
Le groupe de travail a également mis en lumière les résultats de travaux de recherches sur les contaminants contenus dans les boues et composts. Parmi les sujets encore en cours de travaux figurent les composés traces organiques. Très peu sont actuellement réglementés. « Il faut réfléchir à élargir la réglementation en vigueur à d'autres molécules en se basant sur des typologies de comportement de contaminants ». Concernant les agents pathogènes, un suivi pendant quatre ans, sur le site QualiAgro, des germes retenus dans la norme NFU44-095, a montré qu'il n'y avait aucune différence entre les traitements recevant les différents types d'amendements ou ne recevant pas d'apport. « Des travaux sont en cours pour répondre aux questions restant sur les pathogènes et la dissémination de gènes de résistance liés à la valorisation agronomique », indique néanmoins le groupe de travail.

Pour ce dernier, les principales solutions alternatives à la valorisation agronomique à court terme sont : l'incinération spécifique, la co-incinération en unité d'incinération d'ordures ménagères (UIOM) ou en cimenterie, et dans une moindre mesure, l'oxydation en voie humide (OVH).

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