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Actu-Environnement

Décarbonation de l'industrie : quand la biomasse prend la place du gaz fossile

Dans un contexte d'approvisionnement incertain en gaz naturel, les efforts de décarbonation de l'industrie sont essentiels. La biomasse fait partie des options qui permettent de sortir de la dépendance aux énergies fossiles. Reportage vidéo en Gironde.

Reportage vidéo  |  Energie  |    |  Baptiste Clarke  |  Actu-Environnement.com

Avec l'envolée des prix des énergies fossiles, la transition énergétique est dopée, en particulier dans l'industrie, très énergivore. Le gouvernement aide financièrement les projets de décarbonation de ce secteur pour permettre des investissements qui vont à la fois améliorer la compétitivité et réduire les émissions de CO2. Différentes options sont possibles comme l'efficacité énergétique, l'électrification des process, l'hydrogène, les projets de chaleur à biomasse ou de chaleur CSR (combustible solide de récupération).

Certains acteurs anticipent depuis un certain nombre d'années la transition énergétique, mais la tendance, notamment en France, s'accélère. À l'image de la scop Bouyer Leroux, numéro un français de briques de mur, de cloison et conduits de fumée en terre cuite. Créée en 1980, cette Scop emploie 530 collaborateurs sur 7 sites de production. Elle entend décarboner 90 % de son activité à horizon 2025 – 2027 pour un budget global de 62 millions d'euros.

À ce jour, ces sites sont déjà décarbonnés à hauteur de 45 %, mais la stratégie de décarbonation s'est vraiment accentuée en 2018 en misant sur les biocombustibles, la sobriété et l'efficacité énergétique. Sur le site de Gironde-sur-Dropt (Gironde), la sciure de bois, les broyats d'écorce et de petites palettes permettent déjà d'atteindre 70 % de décarbonation. Des investissements pour moderniser l'outil industriel vont permettre de réduire de 25 % la consommation d'énergie thermique et de 2 300 tonnes les émissions de CO2. Un investissement lauréat du programme France Relance. Voir le reportage vidéo.

Utiliser les déchets de bois sous toutes leurs formes

Sur son site de Saint-Martin-des-Fontaines (Vendée), la scop mise sur un pilote industriel de gazéification de la biomasse. Créer du gaz à partir de bois de classe A. Sur le site de La Séguinière (Maine-et-Loire), un nouveau projet de foyer à biomasse pour le séchage des produits entre en phase de réalisation et permettra de décarboner plus de 80 % de sa consommation d'énergie en 2024… Bref, les projets vont bon train.

Des investissements parfois lourds mais qui apportent plus de lisibilité dans le temps et plus d'indépendance. Les approvisionnements en bois sont locaux et divers, les prix moins volatils que ceux des combustibles fossiles. Toutefois, c'est une vraie complexité aujourd'hui de gérer diverses sources d'approvisionnement pour faire fonctionner une industrie qui demande des quantités de combustibles très importantes : les besoins de la scop Bouyer Leroux avoisinent les 600 gigawattheures par an. Pour donner un ordre d'idée, pour la seule usine de Gironde-sur-Dropt, il faut dix à quinze mille tonnes de sciure de bois chaque année. Un approvisionnement qui doit être local, sans créer de conflit d'usage. C'est pourquoi ces sites visent un large spectre de biocombustibles de bois, dans le but, à terme, de les traiter, les broyer et les transformer eux-mêmes en sciure de bois de qualité.

La prochaine étape sera de produire de la chaleur à partir de combustibles solides de récupération (CSR) issus de déchets d'ameublement. L'idée, sous réserve de cohérence écologique et de respect des normes environnementales, serait d'être capable de capter les déchets industriels environnants et de s'en servir comme combustibles.

Réactions3 réactions à cet article

 

Petite question : pourquoi parle t'on de décarbonation des procédés ? La combustion de la biomasse ne libère-t-elle pas des GES ?
Est-ce qu'on parle de décarbonation car la combustion de la biomasse libère moins que la combustion de gaz et autres combustibles fossiles ?
Merci pour cet article, et les éventuels éclairages :)

lucie | 27 juin 2022 à 10h39
 
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On ne saurait émettre la moindre critique envers la réutilisation de tout ce qui est considéré comme "déchet", et la production de gaz à partir du recyclage n'a que des vertus. Et alors? Alors le diable est dans les détails, et c'est à partir de l'industrialisation du procédé au nom du rendement financier qu'en général cela dérape. On peut prendre pour exemple ce qui se passe avec les déchets agricoles et ces dômes que l'on voit proliférer un peu partout. Il y a eu tout d'abord une volonté de se servir des reliquats de production agricole pour produire du méthane. Jusque-là tout va bien. Mais les méthaniseurs, c'est un peu comme les incinérateurs : pour optimiser le rendement, il faut leur "donner à manger". Et on a basculé peu à peu vers des cultures uniquement dédiées à la production de méthane dont le rendement financier est plus intéressant que la production destinée à l'alimentation. Et pour optimiser encore le rendement financier, le reliquat - toxique - de la méthanisation est rejeté directement dans la nature, comme on l'a vu récemment dans le Cantal. Dès qu'un financier s'accapare une bonne idée, on est sûr que cela va déraper...

petite bête | 27 juin 2022 à 12h39
 
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Je me pose la question de l'impact de la création d'une seule chaîne de production en 3/8 sur les salarié.e.s au lieu de 2 chaînes travaillant à temps non complet. Cette question n'est pas abordée par le reportage, dommage.

rectifions les faits | 29 juin 2022 à 09h59
 
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