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Déchets : un plan d'action pour soutenir l'incorporation de plastique recyclé

L'incorporation de matières plastiques recyclées fait face à de réelles difficultés : doute sur la qualité, manque d'information et faible avantage marketing. La Fédération de la plasturgie lance donc un plan d'action pour redresser la barre.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

Ce mardi 13 décembre, la Fédération de la plasturgie et des composites a présenté une enquête sur les matières plastiques recyclées réalisée auprès de ses adhérents. Certes les plasturgistes jugent que la période actuelle est favorable aux produits incorporant du plastique recyclé, mais peu y voient un réel avantage, en dehors du prix. En conséquence, la fédération professionnelle lance un plan d'action dont le principal objectif est le partage d'information entre plasturgistes et recycleurs.

Les plasturgistes se disent prêts

L'enquête de la fédération offre une vision de la perception des plastiques recyclés par les professionnels du secteur. Globalement, 54% des répondants incorporent plus de 5% de matière recyclée. Toutefois, 34% des entreprises consultées n'en intègrent toujours pas… La moitié des entreprises utilisant des matières recyclées a recours à des fournisseurs français et 42% à des Européens. "C'est une chaîne locale", estime Sébastien Petithuguenin. Le directeur général adjoint de Paprec, en charge du développement durable à la Fédération de la plasturgie, précise néanmoins qu'il ne s'agit pas d'une chaîne à l'échelle départementale, mais plutôt d'une approche nationale et européenne dans un secteur habitué à gérer des approvisionnements au niveau mondial.

Par ailleurs, les utilisateurs estiment que les matières recyclées représentent un potentiel pour leur activité. Près de la moitié considère que l'environnement économique, malgré la chute du prix du pétrole, est propice aux produits incorporant du plastique recyclé. De plus, les entreprises se disent prêtes et 58% estiment disposer des compétences en interne pour développer des produits incorporant des matières plastiques recyclées. Surtout, le prix, de l'ordre de -40% à +2% par rapport aux résines vierges, est jugé attractif par 45% des plasturgistes.

Peu d'avantages à incorporer des matières recyclées

Mais, pour banaliser le recours aux matières premières recyclées, il faudra lever de nombreux écueils. Tout d'abord, les recycleurs devront être en mesure de fournir des matières de qualité qui répondent au cahier des charges des clients finaux : 72% des entreprises interrogées pensent que ce n'est pas le cas actuellement. Ensuite, 68% des clients souhaitent que les recycleurs les accompagnent et leur apportent des réponses techniques. Ils souhaitent en particulier que ces derniers répondent à leurs questions concernant le règlement Reach, la directive RoHS, la présence de certaines substances, ou encore les fiches de données de sécurité.

Peut-être que l'incorporation de matières recyclées offre un avantage commercial ? Pas vraiment. Moins de 30% des entreprises interrogées indiquent que le fait de communiquer auprès de leurs clients sur l'incorporation de matières recyclées leur permet de gagner des parts de marchés. Quant au bilan carbone favorable par rapport aux résines vierges, il n'est pris en compte que par 31% des sondés lors de l'achat de matière première. De même, un tiers seulement de l'échantillon met en avant ce bilan carbone favorable dans la promotion des produits. Dernière difficulté : seulement 17% des entreprises jugent qu'il est facile d'obtenir des financements en lien avec l'utilisation des matières recyclées.

Renforcer les échanges entre plasturgistes et recycleurs

Le secteur de la plasturgie doit donc réagir s'il veut favoriser l'incorporation de matières recyclées. Surtout que l'heure est à l'extension des consignes de tri à l'ensemble des plastiques. A l'horizon 2020, 50% de déchets plastiques supplémentaires seront recyclés, explique la fédération qui évalue le volume supplémentaire induit entre 400.000 et 600.000 tonnes par an.

Pour y parvenir, la fédération compte renforcer les échanges afin de répondre aux enjeux de qualité et de réglementation. Elle va mettre en place des "workshops matières plastiques recyclées" résine par résine pour que plasturgistes et recycleurs se rencontrent. Le premier est prévu pour le 1er trimestre 2017. Lors de ces ateliers, les discussions porteront sur la caractérisation des matières et les entreprises du secteur pourront se rencontrer lors de "speed dating". De la même manière, le plan prévoit la création d'indices de prix sur les matières recyclées qui s'ajouteront aux "mercuriales" dédiées aux résines vierges. Une journée de formation sur l'achat des matières aura lieu en janvier prochain. A cette occasion, la fédération entend sensibiliser les donneurs d'ordres à l'achat de matières plastiques recyclées. "Le marché est en train de bouger", estime Sébastien Petithuguenin qui espère accentuer la dynamique.

Par ailleurs, les plasturgistes vont mener, en association avec le centre technique dédié à l'innovation dans les plastiques et les composites (IPC), des réflexions autour de deux thèmes. Le premier concerne le recyclage des déchets post production et, en particulier, l'identification des gisements et l'évaluation de la valorisation des multimatériaux dominants non séparables. Le second thème concerne le recyclage des composites polyester/verre et époxy/carbone. A moyen et long terme, le plan envisage d'approfondir des études techniques, notamment celle relative à un automate de démantèlement de pièces complexes.

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