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Fukushima : l'accumulation de déchets contaminés inquiète l'AIEA

Si l'AIEA délivre un satisfecit aux japonais pour les travaux de décontamination, elle souligne cependant le problème posé par les résidus et émet des recommandations pour limiter et gérer les déchets considérés comme radioactifs.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
   
Fukushima : l'accumulation de déchets contaminés inquiète l'AIEA
Contrôle de la radioactivité autour de Fukushima
© AIEA
   

Mardi 15 novembre 2011, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a publié un rapport sur la remise en état des grandes zones contaminées en dehors du site de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. Le document de 81 pages présente les conclusions d'une mission internationale réunissant 12 experts sous l'égide de l'AIEA du 7 au 15 octobre.

Globalement, le rapport souligne les efforts de décontamination mis en œuvre par les Japonais et approuve la stratégie appliquée. Néanmoins, il juge que des progrès peuvent être réalisés et formule une série de recommandation.

Efficacité du recours aux volontaires

Le programme de remise en état des zones contaminées couvre environ 500 km2 contaminés à des niveaux supérieurs à 20 millisievert par an (mSv/a) et 1.300 km2 contaminés à des niveaux compris entre 5 et 20 mSv/a. Les radioéléments les plus problématiques sont les césiums 134 et 137, les radioéléments dont la demi-vie est plus courte ayant décru naturellement.

Le rapport "souligne neuf domaines de progrès importants". Parmi les points satisfaisants, l'AIEA met en avant l'action "très rapide", la mise à disposition "des moyens légaux, économiques et techniques nécessaire", l'engagement des personnes chargées d'appliquer le plan, la coordination entre les différents acteurs, l'effort de cartographie des zones contaminées ou encore l'évaluation des différentes techniques disponibles sur des sites tests.

Plus surprenant, "l'équipe de l'AIEA a apprécié le fait que certaines écoles aient été décontaminées principalement par des volontaires avec l'appui technique et les conseils de l'Agence japonaise à l'énergie atomique (JAEA)". Au 30 septembre, 400 écoles auraient ainsi été décontaminées par des volontaires. Ces volontaires sont "principalement des parents et des élèves", précise le rapport, ajoutant que "l'effort des administrations municipales et le grand nombre de volontaires [est] une méthode de nettoyage et d'entraide importante et efficace".

 
Déchets : le classement de l'AIEA L'AIEA, recommande de classer les déchets en trois catégories.
Les ''déchets exemptés'' sont des résidus ''contenant une concentration de radionucléides si faible qu'ils peuvent être exclus du cadre réglementaire spécifique au nucléaire''.
Les ''déchets faibles et intermédiaires'' regroupent ceux ''contenant suffisamment de matériels radioactifs et rendant nécessaires des actions pour assurer la protection des travailleurs et du public''. Ces déchets nécessitent un entreposage dans des containeurs spéciaux et, parfois, des mesures pour assurer leur refroidissement.
Enfin, les ''déchets de haut niveau'' dont ''le contenu en radioélément est suffisamment élevé pour nécessiter un niveau d'isolation vis-à-vis de la biosphère sur une longue période, normalement via un entreposage géologique''.
 
Le problème des déchets

Quant aux recommandations, elles sont au nombre de 12. Elles concernent l'amélioration du plan de décontamination mis en œuvre par les autorités et les techniques utilisées.

En matière de déchets le rapport juge qu'"il est important d'éviter de classer comme déchets radioactifs des matériaux qui n'entrainent pas une exposition nécessitant des mesures particulières de protection contre les radiations". Les autorités sont donc encouragées à "revoir ce point afin d'établir des limites réalistes et crédibles" en accord avec les règles générales préconisées par l'AIEA. Quant aux résidus qui présentent des niveaux inférieurs à ces limites, ils pourraient "être recyclés et réutilisés de diverses façons, comme la constructions de structures, de berges et de routes". Ce classement devrait mettre l'accent sur le césium 137 (demi-vie de 30 ans) plutôt que sur le césium 134 (demi-vie de 2 ans), notamment en matière de seuil pour le stockage en décharge de la terre excavée des zones contaminées.

Le rapport alerte par ailleurs les autorités sur le fait que certaines opérations pourraient "créer beaucoup plus de déchets que nécessaire, conduisant à une anxiété croissante parmi le public lors des étapes de décontamination suivantes, telles que la recherche de sites de stockage pour les déchets". A cet égard, il n'est pas préconisé de "nettoyer les sols au delà de ce que les considérations liées à la protection contre les radiations recommandent".

L'équipe de l'AIEA encourage les autorités japonaises à trouver un accord avec les parties prenantes afin de réaliser des exutoires pour les déchets radioactifs. "Un manque de disponibilité d'une telle infrastructure pourrait limiter et entraver indument le succès des activités de remise en état, et ainsi potentiellement mettre en péril la sûreté et la santé publique", prévient l'Agence.

Réduire l'exposition aux radiations

L'AIEA recommande aussi de mieux évaluer les priorités pour s'assurer que les actions menées aboutissent effectivement à une réduction de l'exposition aux radiations. Concrètement, il s'agit de ne pas adopter "une approche trop prudente" pour se consacrer aux zones prioritaires afin de réduire efficacement l'exposition aux radiations. L'AIEA estime ainsi que la décontamination de l'ensemble des forêts ou des zones où l'exposition est "relativement basse" ne constitue pas une priorité. De même, la coordination entre les principaux acteurs impliqués pourrait être améliorée grâce à la création d'une liaison permanente entre les autorités gouvernementales et locales.

L'accès à la zone d'évacuation volontaire, c'est-à-dire la zone située dans un rayon de 20 à 30 km autour du site de la catastrophe, reste libre rappelle l'AIEA. Elle recommande donc de signaler l'entrée dans cette zone par des panneaux et des marquages appropriés sur les routes y conduisant. Il s'agit "d'une mesure importante pour informer le public et éviter les expositions aux radiations non nécessaires", appuie le rapport.

Réactions1 réaction à cet article

 

l'AIEA est pour partie responsable de la situation au japon, rappelons que cette organisation est le VRP du nucléaire civil dans le monde.La meilleur chose qui puisse arriver au japon et au monde c'est que l'AIEA garde ses recommandations dans ses cartons et aille jouer au pompier pyromane sur une planète inhabitée.

technocrate137 | 29 novembre 2011 à 22h50
 
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